L'astrophoto facile

1 septembre 2026

Le ciel du mois : Septembre 2026

 

Evénements

 

Le 8 septembre se tiendra le space forum à la cité de l’Espace de Toulouse, avec des conférences et débats sur des thèmes cruciaux pour l’avenir de l’espace : défense, innovation, réduction des débris, nouveaux lanceurs… https://spaceforum.fr/

 

La mission CREW13 composée de deux astronautes américains, un canadien et un cosmonaute russe décollera vers l’ISS à bord d’un vaisseau SpaceX/Crew Dragon le 13 septembre. L’équipage CREW12, dont la française Sophie Adenot, reviendra sur Terre quelques jours après. Cette dernière aura passé près de sept mois dans l'Espace et réalisé trois sorties extra-véhiculaires.

 

Le 15 septembre, un lanceur Vega-C doit décoller de Kourou pour placer le satellite Sentinel-3C en orbite polaire. Ce satellite de 1250 kg a pour mission d’observer la Terre au titre du programme Copernicus géré par l’ESA. Un deuxième satellite de 400 kg voyagera en tandem : FLEX (FLuorescent EXplorer) comporte un spectromètre d'imagerie appelé Floris pour cartographier la fluorescence de la végétation dans le monde entier et quantifier l'activité photosynthétique des plantes.

 

 

Suite au succès du vol 13 réalisé le 24 juillet dernier, SpaceX prévoit au cours de ce mois le quatorzième vol d’essai du vaisseau Starship propulsé par un premier étage « Super-heavy ». L’ensemble est en configuration block3 et le vaisseau doit pour la première fois atteindre l’orbite complète. Il relachera également une vingtaine de satellites Starlink. La FAA n’ayant pas encore autorisé un retour sur terre du vaisseau prévu pour être attrapé par une tour comme le premier étage, celui-ci effectuera un amerrisage contrôlé.

 

 

Ephémérides

 

 

 

 

Le 1er septembre l’équation du temps s’annule pour la troisième fois de l’année : le midi solaire vrai coïncide avec le midi solaire moyen sur la Terre (voir l’article dédié sur ce blog).

De septembre à novembre, le plan de l’écliptique est presque vertical à l’est le matin ce qui permet d’observer la lumière zodiacale diffusée par les poussières en orbite autour du Soleil, deux heures avant le lever de ce dernier. Il est préférable de l’observer cette année après le 10 septembre pour éviter que la Lune ne soit présente le matin.

La Nuit Internationale d’Observation de la Lune prévue cette année le 19 septembre est un programme d’engagement public mondial qui encourage la compréhension de notre satellite naturel et son lien avec l’exploration et la science planétaire de la NASA. Tout le monde sur Terre est invité à se joindre à la célébration en accueillant ou en participant à un événement.

Davantage de renseignements sur le site https://science.nasa.gov/moon/observe-the-moon-night/ .

 

Le 14 septembre, la Lune occultera Vénus pendant une heure en journée ; si le ciel est parfaitement transparent, il sera possible d’observer au télescope l’émersion de Vénus à 12h35 au-dessus du fin croissant lunaire qui se trouvera 8° au-dessus de l’horizon sud-est à Paris (16° depuis Ajaccio). La planète atteindra son éclat maximum le 21 septembre (magnitude -4,6) avec une phase de 23% et un diamètre aparent de 41’’. Sa forme en croissant est facile à voir avec un petit télescope. Elle est toujours bien visible en début de soirée mais étant actuellement placée 5,5° sous l’écliptique, lui-même très incliné le soir en automne sous nos latitudes, elle sera assez basse sur l’horizon jusqu’à son coucher vers 20h20.

 

Le 23 septembre à 0h05 UTC correspond à l’équinoxe d’automne pour l’hémisphère nord : en tout point de la Terre, le Soleil se lève exactement à l’Est et se couche à l’Ouest, à 12h d’intervalle… sauf aux pôles où il se déplace ce jour-là sur la ligne d’horizon. En effet depuis ces deux points les astres lointains font un tour complet en gardant une hauteur constante dans le ciel toute la journée.

Comme le Soleil et approximativement la Lune se déplacent dans le plan de l’équateur aux environs de l’équinoxe, leur effet sur les marées s’en trouve renforcé. Le coefficient de marée le 12 septembre juste après la nouvelle Lune atteindra 102 sur les côtes françaises.

 

Saturne et Neptune 10° à l’ouest seront observables toute la nuit dans de bonnes condidtions. Neptune passera à l’opposition le 26 septembre dans la constellation des Poissons. En raison de son éloignement (30,1 UA), son diamètre apparent de 2,3’’ varie peu au cours de l’année. Par définition, un astre à l’opposition passe le méridien nord-sud à minuit heure solaire du lieu.

Uranus suivi par Mars seront visibles en seconde partie de nuit, tandis que Jupiter fera son apparition à l’est un peu avant l’aube. Les cinq planètes extérieures seront donc visibles simultanément tout le mois en fin de nuit ; une bonne paire de jumelles au minimum sera cependant nécessaire pour identifier Uranus et Neptune.

 

Il faut toujours surveiller l’étoile T Corona Borealis, laquelle paraît bien quelconque avec une magnitude 10. Il s’agit une nova récurrente qui devrait connaître un pic de luminosité (magnitude 2, soit comme l’étoile Alphecca toute proche, ou l’étoile Polaire) dans les prochaines semaines. L’étoile redeviendra invisible à l’œil nu quelques jours après ; le phénomène observé en 1866 puis en 1946 se produit en effet tous les 80 ans. Voir l’article dédié.

 

 

Observation / les objets du mois

 

La voie lactée encore bien verticale au sud le soir est propice à des photos spectaculaires au grand angle.

Photo Raphaël Dupertuis

 

La constellation de Cassiopée en forme de W est bien visible au nord-est ; elle contient de nombreux objets baignant dans le fond d’étoiles de la Voie Lactée.

 

L’amas ouvert NGC7789 « Amas de la rose de Caroline » a été découvert en 1783 par Caroline Herschel. Il comprend un millier d’étoiles à 6000 AL et présente un diamètre apparent de 16’.

 

IC10 « Galaxie de l’éclat d’étoile » ou « Starburst galaxy » est une galaxie naine irrégulière du Groupe Local, à 2,15 millions d’AL de notre système. Celle-ci est liée à M31 décrite un peu plus loin et présente un taux important de jeunes étoiles ; de dimensions modestes (8 x 7’), elle est entourée par un vaste nuage d’hydrogène visible en infrarouge.

Photo Dietmar Hager et Torsten Grossmann

 

La nébuleuse Pacman NGC281 se trouve à un peu moins de 2° au sud de l’étoile Shedar (Alpha Cassiopea). Découverte par l'astronome américain Edward Barnard en 1881, cette nébuleuse en émission (région HII) est située à 10 000 AL pour un diamètre d'environ 100 AL, soit un angle apparent voisin de la pleine Lune (34’). Elle est traversée par un vaste nuage de poussières sombres.

 

Plus difficile à photographier, les nébuleuses IC59 et 63 entourent l’étoile Navi (Gamma Cassiopea ou Tsih pour les chinois) qui forme le sommet central du W. Situées à 600 AL, ces nébuleuses sont ionisées par le puissant rayonnement UV de la jeune étoile. Cette dernière est une variable irrégulière, dont la magnitude varie entre 2,2 et 3,4.

 

La star du mois est incontestablement M31, la grande galaxie d’Andromède. Celle-ci est visible à l’œil nu et s’étend sur 3° mais les bras en spirale ne peuvent être distingués que sur des photographies en pose longue. C’est l’astronome Edwin Hubble qui a démontré en 1924 que cet objet était beaucoup plus éloigné que les étoiles de notre galaxie. A 2,5 millions d’AL, M31 a un diamètre d’environ 220 000 AL soit le double de notre voie lactée. Elle se rapproche de nous à une vitesse de 120 km/s, la "collision" est prévue dans 4,5 milliards d’années. Les deux autres galaxies visibles sur la photo sont M32 sur le disque et M110 en bas. Ce sont des galaxies elliptiques satellites de M31 ; elles font partie du Groupe Local, qui comprend une soixantaine de galaxies dans un rayon de 5 millions d’AL autour de la nôtre.

M110 est le dernier objet du catalogue Messier, lequel n’avait pas inclus celui-ci bien qu’il figurait sur ses dessins de M31. Il a été rajouté en 1966 sur proposition de l’astronome amateur Kenneth Glyn Jones, auteur d’un important travail sur l’œuvre de Charles Messier.

 

La boule de neige bleue NGC7662 est une nébuleuse planétaire, également dans la constellation d’Andromède. Son diamètre est réduit (30 x 20 secondes d’arc) mais elle est assez lumineuse avec une magnitude de 8,4 ; la naine blanche au centre est bien visible. Située à 3000 AL environ, son taux d’expansion indique que cette nébuleuse est âgée de 3700 ans ; elle a été découverte par William Herschel en 1784.

Photo NASA / télescope Hubble

 

La constellation de Pégase dessine un grand rectangle, à l’opposé de la Grande Ourse par rapport à l’Etoile Polaire. L’étoile Alpheraz qui marque le coin nord-est du rectangle est commune avec la constallation voisine d’Andromède. Comme l’étoile Caph à l’extrémité de Cassiopée, elle est quasiment située sur le méridien origine pour la mesure de l’ascension droite des astres (ce paramètre est l’équivalent d’une longitude sur la sphère céleste).

 

Cette constellation contient plusieurs galaxies intéressantes. Outre le groupe Deer Lick et le quintet de Stephan décrits dans le billet du mois d’août, NGC7479 est une superbe galaxie spirale barrée. Malheureusement, sa distance de 105 millions d’AL en fait un objet assez petit  (4 x 2 minutes d’angle) ; il faut une focale importante et un ciel très pur pour en identifier les détails. Elle est située à 3° au sud-ouest de l’étoile Markab.

Photo NASA / télescope Hubble

 

Un peu au dessus de l’étoile Algenib nous trouvons la galaxie NGC7814, parfois appelée « le petit Sombrero » pour sa ressemblance avec M104. Ce sont deux galaxies spirales de tailles voisines vues par la tranche, avec de vastes halos et un renflement central coupé par un mince disque parsemé de bandes de poussière. NGC 7814 se trouve à environ 40 millions d’AL, un peu plus loin que M104 (31 millions d’AL).

 

Toujours dans la constellation de Pégase, l’amas globulaire M15 est le plus dense de notre galaxie. Son noyau s’est effondré sur lui-même et contient probablement un trou noir. D’un diamètre apparent de 14 minutes d’arc et de magnitude 6, il est facile à trouver avec des jumelles 4° au-dessus de l’étoile Enif. Situé à 33 000 AL, il contient plus de 100 000 étoiles. Cependant, un télescope est nécessaire pour distinguer la structure de l’amas ; Charles Messier avait initalement catalogué celui-ci comme une nébuleuse.

 

NGC7293 nébuleuse de l’hélice est une belle nébuleuse très colorée située dans la constellation du Verseau, à proximité du Poisson austral. Découverte par Karl Ludwig Harding en 1824, elle est l'une des nébuleuses planétaires les plus proches de nous à 650 AL ; son diamètre apparent est de 25 minutes d’arc soit presqu’autant que la pleine Lune. L’étoile centrale a expulsé la majeure partie de ses composants il y a 12000 ans et s’est transformée en naine blanche. C’est le destin de notre Soleil dans 4 milliards d’années.

 

Toujours dans la constellation du Verseau, la nébuleuse de Saturne NGC 7009 est assez brillante (mag 7,8) mais d’un diamètre de seulement 0,5 minute d’arc. Comme la planète du même nom, elle présente une forme allongée avec une partie lumineuse au centre. Elle a été découverte par William Herschel en 1782 qui lui a donné le nom de nébuleuse planétaire. Il s’agit d’un nuage de gaz éjecté par une étoile en fin de vie, dont il reste une naine blanche visible au centre.

Photo NASA / télescope Hubble

 

A l’extrémité ouest du Capricorne se trouve l’étoile double Algedi. Les deux composantes a1 et a2 séparées de 6 minutes d’arc sont deux géantes jaunes de magnitudes 4,3 et 3,6 que l’on peut distinguer à l’œil nu, comme Mizar et Alcor dans la Grande Ourse. Cependant, leurs distances sont très différentes (respectivement 690 et 110 AL) donc ces étoiles ne sont pas liées par la gravitation : elles forment une double optique. Chaque composante est par ailleurs un système multiple.

 

Bon ciel à tous !

 

Sauf mention contraire, les photos de cet article ont été réalisées par l'auteur. Retrouvez-les dans la galerie, avec les paramètres de prise de vue et un commentaire.

25 août 2026

L’éclipse du 12 août 2026 depuis l’Espagne

 

Depuis 1999, l’Europe continentale n’avait pas connu d’éclipse totale ; aussi la conjonction du 12 août 2026 dont la bande de totalité traversait toute l’Espagne représentait une occasion rare d’observer ce phénomène étonnant de la Nature.

En effet, bien que l’occultation prévue fût importante depuis la France (jusqu’à 99% au Pays Basque), seule une occultation complète permettait d’observer la couronne solaire sans protection, ainsi qu’une spectaculaire baisse de luminosité pendant quelques minutes. Ces éclipses de Soleil sont relativement fréquentes, environ deux par an, mais la zone d’observation sur la Terre est assez limitée contrairement aux éclipses de Lune. Il faut souvent voyager loin pour se trouver sur le passage de l’ombre au bon moment. D’autre part, la moitié des éclipses sont annulaires : la Lune dans la partie éloignée de sa trajectoire elliptique autour de la Terre ne parvient pas à masquer complètement le Soleil car son diamètre apparent est plus petit. Il est dangereux de retirer les filtres de protection dans ce cas, tout comme dans les phases partielles.

En août 2026, la proximité de la zone privilégiée nous a permis de rejoindre celle-ci en voiture en emportant davantage de matériel que s’il avait fallu prendre l’avion. D’autre part, le nord de l’Espagne est une région très intéressante à visiter.

Nous avions initialement choisi un site près d’Avilès, sur la côte et à proximité de la ligne de passage du centre de l’ombre de la Lune où l’occultation complète dure le plus longtemps. Cette dernière était prévue de 20h 26mn 55 s à 20h 28mn 48s, avec le Soleil 10° au-dessus de l’horizon dans la direction 280°. Une vue dégagée sur l’horizon ouest était donc impérative.

Malheureusement, une couche de nuages persistante bloquée par la chaîne cantabrique qui borde la côte (la plus haute montagne atteint 2650 m) nous a obligés à choisir un lieu d’observation 100 km plus au sud. Le jour de l’éclipse, nous nous sommes rendus sur un plateau à 1000 m d’altitude un peu au nord de León, que j’avais repéré sur Google Maps. Il est très important de disposer de plusieurs options afin de s’adapter aux aléas météo car les astres n’attendent pas que les nuages se dissipent !

 

Les heures indiquées plus haut étaient seulement décalées d’une minute. J’avais privilégié des photographies de la couronne solaire, sans rechercher un premier plan esthétique car la faible durée de la phase de totalité ne permettait pas de réaliser différents cadrages.

Le matériel se constituait d’un appareil Canon EOS 450D défiltré monté sur une lunette Skywatcher 72/420 ED avec un correcteur/réducteur Altaïr 0,8x. Pendant les phases partielles, un filtre astrosolar OD 5.0 protégeait l’objectif de la lunette. Cette densité prévue normalement pour du visuel était nécessaire car avec un rapport F/D de 4.7, la vitesse d’obturation devait être réglée à 1/3200 s (ISO 100) soit proche du maximum permis par l’appareil.

Afin d’avoir un suivi correct sans rotation de champ, l’ensemble était fixé sur une monture AZ-GTI en mode équatorial mise en station à la boussole ; la déclinaison magnétique de 4’ Est était négligeable. Cette monture très compacte est décrite dans l’article « les montures de voyage ».

 

Avec le filtre en place, j’ai programmé une prise de vue toutes les dix minutes pour enregistrer le recouvrement progressif du disque solaire par la Lune, lequel durait un peu moins d’une heure. Je n’ai pas pu suivre la fin de l’éclipse jusqu’au dernier contact car le Soleil, trop bas sur l’horizon, se trouvait masqué par de la végétation.

Voici l’assemblage de ces vues, selon une disposition classique. On notera la présence de quelques taches solaires.

 

Quand le taux de recouvrement dépasse 95%, la baisse de luminosité devient perceptible mais avec une teinte jaune, sans le rougeoiement habituel des couchers de Soleil. Puis brusquement l’obscurité se fait, les étoiles s’allument et l’on peut alors regarder le Soleil sans les lunettes de protection. Mais c’est un soleil noir, remplacé par le disque très sombre de la Lune entouré d’une couronne flamboyante : l’effet est spectaculaire !

Pendant la phase de totalité, après avoir enlevé le filtre Astrosolar, j’ai pris 11 photos successives avec des temps de pose allant de 1/1000e à 1s en doublant ce temps à chaque fois.

L’image à 1/500e révèle la chromosphère, une fine couche de gaz au-dessus de la surface du Soleil. On observe aussi plusieurs protubérances solaires visibles grâce au masque de la Lune.

 

Pour tenir compte des écarts de luminosité très importants dans la couronne solaire, il faut utiliser la technique du HDR soit l’empilement d’images prises avec des expositions différentes. J’ai utilisé le logiciel EasyHDR qui est très performant, et dont la licence est d’un prix modique.

La difficulté de l’exercice consiste à bien aligner les photos entre elles. Le disque de la Lune ne peut être pris comme référence car l’astre se déplace ! L’alignement automatique du logiciel ne peut être utilisé, il faut l’effectuer en manuel avec un outil assez bien conçu fourni par le logiciel. Heureusement, l’absence de rotation de champ restreint les degrés de liberté à un simple décalage de position entre les images.

La couronne solaire apparaît alors avec de fins détails, organisés selon les lignes de champ magnétique de notre étoile.

 

Cette couronne, qui s’étend jusqu’à quatorze fois le rayon du Soleil, est composée de plasma peu dense mais extrêmement chaud : jusqu’à deux millions de degrés contre 6000 à 7000 degrés pour la chromosphère. Le mécanisme qui conduit à des températures aussi élevées est encore mal compris aujourd’hui.

En fin d’éclipse, j’ai pris une photo d’ambiance avec un autre appareil pour essayer de restituer l’éclairage très particulier.

 

Puis la lumière du jour est revenue et nous avons pu assister à un coucher de Soleil presque normal.

Il est facile de comprendre pourquoi ces éclipses fascinent autant depuis l’antiquité ; le mécanisme en a été correctement décrit seulement au IIe siècle après JC par Ptolémée dans son Almageste. Les explications sur la récurrence du phénomène figurent dans l’article de ce blog sur les mouvements de la Lune.

 

Nous avons profité de notre séjour pour visiter la Galice, qui recouvre la pointe nord-ouest de la péninsule ibérique. C’est une belle région, couverte de forêts de chênes, de pins et d’eucalyptus, avec un patrimoine naturel et architectural remarquable.

Les vallées creusées par le Miño et le Sil sont propices à de belles randonnées, au milieu des vignes en terrasse de la Ribeira Sacra.

La vallée du Miño

 

Les côtes sont profondément entaillées par des bras de mer appelés Rías (Altas au nord et Baixas au sud), comportant de nombreuses plages et ports de pêche très pittoresques. Les racines celtes sont très fortes dans la culture, il n’est pas rare d’entendre jouer de la cornemuse dans les rues des villages. L’influence romaine est encore présente, avec des fortifications qui ont souvent été conservées.

Le village de Combarro, dans la ria de Pontevedra

 

Saint-Jacques de Compostelle est la destination du plus grand pèlerinage d’Europe, encore très vivant aujourd’hui. Ce chemin est jalonné par de superbes cathédrales comme à Burgos, León et bien sûr Saint-Jacques.

La cathédrale de St-Jacques de Compostelle

 

Nous avons pu ainsi compléter les observations astronomiques par quelques méditations célestes !

Rendez-vous le 2 août 2027 pour la prochaine éclipse totale, qui sera également visible en Europe (de Gibraltar à l’Egypte).

6 août 2026

Pause estivale de la Revue de Presse Hebdomadaire

La Revue de Presse Hebdomadaire fait une pause pendant la période estivale.

La prochaine parution est prévue pour le vendredi 11 septembre.

Pendant ces quelques semaines vous pouvez consulter le "Ciel du mois" pour connaître les objets à observer et / ou photographier.

 

1 août 2026

Le ciel du mois : Août 2026

 

Evénements

 

Animées par l’AFA et les clubs d’astronomie, les nuits des étoiles sont programmées cette année les 7, 8 et 9 août sur un thème consacré à notre étoile : le Soleil. Ce sera aussi l'occasion de lancer le compte à rebours de l'éclipse du 12 août. Chacun peut venir en famille observer le ciel et écouter les explications fournies par les membres des clubs d'astronomie locaux.

 

La sonde chinoise Tianwen 2 qui a décollé en mai 2025 et parcouru un milliard de kilomètres finalise son approche de l’astéroïde Kamo’oalewa. Ce rocher d’une trentaine de mètres suit la même orbite que la Terre, on pense qu’il a été éjecté depuis la surface de la Lune lors de l’impact d’un gros astéroïde sur celle-ci. La sonde va tourner autour pour l’étudier et choisir un point de prélèvement afin de ramener sur Terre des échantillons fin 2027.

 

Une des premières photos prises par la sonde début juillet, à 20 km de l’astéroïde

 

Le 6 août, après de nombreux reports, la startup allemande ISAR Aerospace a prévu le deuxième vol d'essai de sa fusée Spectrum, depuis le pas de tir d’Andoya en Norvège. Le lanceur de 58 t au décollage, propulsé par 9 moteurs Aquila fonctionnant au propane/oxygène liquide, doit être capable de placer une charge utile de 1000 kg en orbite basse (800 kg en orbite polaire). Pour cet essai, la fusée emmènera cinq Cubesats en passager afin d’effectuer des expériences à but éducatif.

 

Le 24 août, un lanceur Longue Marche 5 au décollage du centre spatial de Wenchang en Chine emportera la sonde Chang'e 7 vers la Lune. Celle-ci comprend un orbiteur, un atterrisseur, un robot sauteur et un rover. La mission atterrira fin octobre près du pôle Sud de la Lune pour étudier l'environnement de la surface lunaire, en particulier la présence de glace d'eau dans le sol, en vue de l’installation d’une base future. Grâce à l’ensoleillement quasi permanent dans cette région, les panneaux solaires peuvent alimenter les équipements de façon continue pendant plusieurs mois.

 

Le 27 août, une fusée Ariane 62 (i.e. avec deux boosters à poudre) doit placer en orbite polaire la paire de satellites MTG-I et MTG-S au titre de la mission Meteosat 14. Les satellites MTG opérés par Eumetsat ont une masse supérieure à 3,6 tonnes dont 600 à 800 kg d'instrumentation. L'instrument principal des MTG-I est une caméra en lumière visible et infrarouge, fournissant une image de l’atmosphère terrestre toutes les 10 minutes avec une résolution spatiale comprise entre 1 et 2 kilomètres au-dessus de l’Europe. Les MTG-S emportent un sondeur infrarouge fournissant les caractéristiques du profil vertical de l'atmosphère (température, humidité, vent, ozone).

 

Le 30 août, le télescope spatial Nancy Grace Roman (appelé aussi Wide Field infrared Telescope) doit quitter la Terre à bord d’un lanceur Falcon Heavy composé de trois étages principaux de Falcon 9. Il sera placé en orbite autour du point de Lagrange L2 du système Terre-Soleil à 1,5 millions de km, comme les télescopes Herschel, Euclid et James Webb avant lui. D’une masse de 10,5 t, le télescope Roman dispose d'un miroir primaire de 2,4 mètres focalisant sur un imageur/spectrographe et un coronographe. Les observations conduites par la NASA seront effectuées en lumière visible et dans le proche infrarouge (0,48 à 2 micromètres) afin d’étudier la répartition de la matière noire dans le cosmos et de détecter des exoplanètes autour des étoiles de notre galaxie.

Plus d’informations sur Wikipedia

Le télescope N.G. Roman, successeur de Hubble

 

Ephémérides

 

 

 

 

Ce mois d’août est exceptionnel puisque nous pourrons voir en Europe une éclipse totale de Soleil et une éclipse partielle de Lune. La mécanique de ces phénomènes est décrite dans l’article sur les mouvements de la Lune de ce blog.

Depuis la France, l’éclipse de Soleil du 12 août se produira entre 19h20 et 21h20 avec un maximum autour de 20h20. Le recouvrement du disque solaire par la Lune sera alors compris entre 90% (frontière nord-est) et 99% (pays Basque). Pour voir l’éclipse totale, il faudra se déplacer à l’ouest de l’Islande ou en Espagne.

Le Soleil sera très bas sur l’horizon nord-ouest (azimut 290°) ; il se couchera avant la fin de l’éclipse au sud d’une ligne Paris-La Rochelle. Il faut espérer que l’horizon sera bien dégagé ce soir-là.

Zone de visibilité en Europe - source Observatoire de Paris/LTE

 

Il est indispensable d’utiliser des lunettes spéciales éclipses portant le label de certification ISO 12312-2 pour observer directement le Soleil. En dehors de la zone de totalité de l’éclipse, il sera exclu de les retirer même si la luminosité du Soleil couchant paraîtra atténuée : les parties brillantes qui subsistent peuvent endommager gravement la rétine en quelques secondes, sans sensation de douleur. Ces lunettes sont en vente pour quelques euros dans les pharmacies et dans les magasins d’astronomie. Manipulées avec soin, elles pourront être réutilisées pour les éclipses du 2 août 2027 et du 26 janvier 2028.

Les montages « bricolés » (pellicule photo, masque de soudeur…) sont à proscrire car ils laissent passer du rayonnement UV et IR tout aussi dangereux que la partie visible. Si un instrument grossissant est utilisé (viseur optique d’appareil photo, jumelles, télescope…), il faut le munir d’un filtre solaire placé devant la lentille frontale, dont le facteur d’atténuation est compatible avec le nombre d’ouverture F/D de l’instrument : voir l’article photographier le Soleil.

 

Les éclipses ne peuvent se produire que lorsque les nœuds de l’orbite lunaire sont proches de la droite Terre-Soleil. Il est donc très courant d’observer une éclipse de Soleil et de Lune au cours de la même lunaison ; une éclipse partielle de Lune se produira en effet lors de la pleine Lune du 28 août. Les continents européen, africain et américains seront alors du côté « nuit » de notre planète quand la Lune passera dans l’ombre de la Terre et pourront voir le phénomène : tous les observateurs de ces régions verront la même chose au même instant. L’heure locale et la position de la Lune dans le ciel sera bien sûr différente en fonction du lieu ; un effet de parallaxe peut aussi affecter légèrement la trajectoire apparente de la Lune.

Si le passage dans la pénombre est presque imperceptible, en revanche l’ombre de la Terre sera bien marquée et l’éclipse à son maximum sera presque totale (93% d'occultation) ; la diffusion des rayons du Soleil au travers de l’atmosphère terrestre donnera une couleur rougeâtre au disque lunaire. Contrairement aux éclipses de Soleil, aucune mesure de protection pour les yeux n’est nécessaire. Avec un instrument, il sera plus confortable d’employer un filtre neutre sur l’oculaire pour atténuer la luminosité de la partie éclairée.

Début, maximum et fin de l’éclipse (heure légale) – source Observatoire de Paris/LTE

Depuis l’Europe, la Lune sera cependant très basse sur l’horizon ouest et nous ne pourrons voir la fin du phénomène puisque notre astre nocturne se couchera à 06h 52 à Ajaccio, 07h 09 à Paris.

 

Le 7 août au matin, la Lune en dernier quartier sera proche de l’amas des Pléiades.

Vénus très présente dans le ciel du soir atteindra son élongation maximale le 16 août à 45,9° du Soleil ; sa forme en croissant est de plus en plus marquée tandis que son diamètre apparent augmente (25 secondes d’arc). En revanche Jupiter a disparu derrière le Soleil et réapparaîtra à l’est le matin en fin de mois.

Saturne se lèvera vers 23h15 et Mars sera également bien visible en deuxième partie de nuit ; le diamètre apparent de la planète rouge n’est encore que de 5 secondes d’arc. Uranus et Neptune pourront aussi être observés au télescope dans les constellations du Taureau et des Poissons.

Le 3 août, la comète 10P/Tempel se trouvera au plus près de la Terre à 62 millions de km, juste après son passage au périhélie. Le bolide d’une dizaine de km de diamètre tourne autour du Soleil entre les orbites de Mars et Jupiter en 5,36 années ; il a été découvert en 1873 par l’astronome allemand Wilhelm Tempel, lequel a identifié vingt autres comètes et une dizaine d’astéroïdes.

 

Orbite de la comète 10P/Tempel – source : https://astro.vanbuitenen.nl

L’objet présente une belle couleur verte et une queue très courte, il culminera vers 02h30 à une vingtaine de degrés dans la constellation du Capricorne puis du Poisson Austral. La magnitude minimum sera autour de 8 : un télescope sera nécessaire pour l’observer. Avec un temps de pose suffisant, il est même possible de mettre en évidence la traînée de poussières qui marque le sillage de la comète, ce qui est assez rare.

10P/Tempel - Photo Julien De Winter et Landon Boehm / Starfront observatory (Texas)

 

Les Perséides désignent un essaim de météores remarquable, constitué de poussières issues de la comète 109P Swift-Tuttle découverte en 1862 par deux astronomes américains. La comète revient couper l'orbite de la Terre tous les 133,3 ans, laissant un sillage de débris ; le dernier passage de l'astre au périhélie a été observé en 1992. Cette pluie d’étoiles filantes est la plus intense de l’année, elle atteindra son maximum dans la nuit du 11 au 12 août entre 1h et 5h. La Lune préparant son rendez-vous avec le Soleil ne gênera pas l’observation.

 

Observation / les objets du mois

Le mois d’août offre de belles nuits d’observation avec une Voie Lactée presque verticale au sud, ce qui permet des photos spectaculaires au grand angle avec un premier plan bien choisi (ici le golfe d’Ajaccio).

 

La plupart des nébuleuses mentionnées au mois de juillet sont toujours observables, notamment celles de Céphée et du Cygne très haut dans le ciel.

La nébuleuse obscure du requin LDN1235 s'étend sur environ 15 AL dans la constellation de Céphée,  à 650 AL. Les nuages de poussières sont issus des étoiles les plus froides en fin de vie, de couleur orange-rouge.

 

La rose de Valentine SH2-174 découverte par Stewart Sharpless entre Céphée et l’étoile Polaire est une nébuleuse planétaire assez particulière. Les nuages d’hydrogène (rouges) et d’oxygène (bleus-verts) ionisés se sont déplacés à des vitesses différentes depuis l’étoile qui aurait donné naissance à la nébuleuse, dont il reste une naine blanche visible au centre de la zone bleue. L’ensemble est à 1000 AL de notre système, son diamètre apparent est de 16 minutes d’arc (soit un diamètre réel de 4,6 AL).

 

L’étoile double Delta Cephei est intéressante à plusieurs titres.

C’est un couple d’étoiles jaune et bleue à 890 AL, séparées de 0,2 AL (41 secondes d’arc) : elles sont donc liées par la gravitation. En fait, chaque composante est une double spectroscopique ce qui en fait un système quadruple.

Delta Cephei A est une étoile variable pulsante de type céphéide classique. La magnitude apparente varie de 3,6 à 4,3 de manière très régulière avec une période de 5,4 jours. Pour ces étoiles de masse comprise entre 4 et 20 fois celle du Soleil, il existe une relation entre la luminosité (la magnitude absolue) et la période de pulsation : en comparant avec la magnitude apparente, on en déduit la distance c'est pourquoi ce type d’étoile porte la qualification de chandelle standard. Cette découverte due à Henrietta Swan Leavitt vers 1910 a permis de mesurer les distances des objets dans notre galaxie et dans les galaxies proches, ce qui a transformé notre compréhension de l’univers.

 

A mi-distance entre Cassiopée et Céphée nous pouvons observer la nébuleuse de la bulle NGC7635 découverte en 1787 par William Herschel. Il s’agit d’un nuage de gaz en expansion presque sphérique issu d’une jeune étoile très chaude de magnitude 8,7 dont la masse est estimée à 40 fois celle du Soleil. Ce nuage est entouré par une région d’hydrogène ionisé, à 10 000 AL de notre système.

 

Petite nébuleuse en émission entre Céphée et le Cygne, la nébuleuse du cocon IC5146 a un diamètre apparent de 12 minutes d’arc, soit 15 AL à une distance de 3500 AL. Ce n’est pas une nébuleuse planétaire, mais un nuage d’hydrogène ionisé qui donne naissance à de nouvelles étoiles à l’extrémité d’un long nuage de poussières. L’étoile centrale de l’amas est de magnitude 10.

 

Situé à 4° de la nébuleuse M27 « Dumbbell » dans la même constellation du Petit Renard, NGC6820 est une nébuleuse en émission associée à l’amas ouvert NGC6823, découverte par l'astronome allemand Albert Marth en 1864. Située à 6000 AL, ses nuages de gaz et de poussières sont sculptés par le rayonnement des jeunes étoiles nées dans la nébuleuse. Le pilier principal a une longueur apparente de 5 minutes d’arc, soit 9 AL : davantage que la distance du Soleil à l’étoile Sirius !

 

NGC7331 est une galaxie spirale située à environ 42 millions d’AL au-dessus du carré de Pégase, découverte par William Herschel en 1784. Elle fait partie du « groupe Deer Lick » qui comprend 4 autres galaxies beaucoup plus distantes (entre 300 et 350 millions d’AL). Ce nom inhabituel ("la mare aux cerfs") a été donné en 1980 par l'astrophotographe amateur Tom Laurenzin qui observait cet ensemble à travers le "Deer Lick gap" dans les montagnes de Caroline du Nord.

 

Un demi-degré à l’ouest nous pouvons observer le quintet de Stephan, découvert par l'astronome français Edouard Stéphan en 1878. C'est un groupe resserré de 5 galaxies (NGC7317 à 7320) dont 4 sont en interaction proche autour de 300 millions d’AL et fusionneront à terme. La cinquième (NGC7320 en bas à gauche sur la photo) est beaucoup plus proche à 40 millions d'AL et semble plutôt liée à NGC7331. La magnitude des objets est faible (14) et demande un instrument d’un bon diamètre, ainsi qu’un ciel très pur. Le diamètre apparent du groupe est de 5 minutes d’arc.

Photo Nasa / Hubble space telescope

 

Trois petites nébuleuses planétaires (entre 1 et 2 minutes d’arc) découvertes par l’astronome britannique William Herschel entre 1784 et 1788 sont observables en août avec un instrument à grande focale, et par ciel bien clair sans turbulence. Un filtre Ha + OIII est conseillé pour la photographie.

NGC7008 nébuleuse du fœtus  (Cygne)

Photo Bob & Janice Fera

 

NGC6905 nébuleuse de l’éclair bleu dans la constellation du Dauphin

Photo Lukasz Sujka

 

NGC6781 nébuleuse de la Lune fantôme dans la constellation de l’Aigle

Crédit : observatoire ESO/La Silla (Chili)

 

 

La galaxie de Barnard NGC6822 est une galaxie irrégulière barrée du Groupe local située à environ 1,6 million d'AL de la Voie lactée dans la constellation du Sagittaire. Découverte en 1881 par l’astronome américain Edward Emerson Barnard, c'est l'une des galaxies les plus proches de la nôtre en dehors des galaxies naines « satellites ». Sa composition et sa morphologie sont semblables à celles du Petit Nuage de Magellan, son diamètre de 7000 AL est également voisin. Elle contient 10 millions d'étoiles environ, dont la majorité sont des étoiles jeunes.

Crédit : ESO/Observatoire de la Silla (Chili)

 

Plusieurs amas remarquables sont à signaler dans la constellation du Scorpion, donc visibles seulement en été sous nos latitudes.

L’amas du crabe M4 est facile à trouver, 1,4° à l’ouest de la géante rouge Antares. Distant de 7200 AL, c’est l’amas globulaire le plus proche de la Terre ; son diamètre vaut 25 minutes d’arc. Il est cependant masqué en partie par la vaste nébuleuse qui entoure Antares.

Source : Wikipedia

 

L’amas du papillon M6 est un amas ouvert de même diamètre apparent, contenant une centaine d’étoiles à 1600 AL. La plupart sont des étoiles bleues mais la plus brillante BM Scorpii est une géante orange de magnitude variable entre 6,8 et 8,7.

 

Enfin l’amas de Ptolémée M7 visible à l’œil nu était connu des grecs anciens. C’est une concentration d’étoiles sur un peu plus d’1° carré, bas sur l’horizon dans le nuage de la Voie Lactée.

 

 

Bon ciel à tous !

 

Sauf mention contraire, les photos de cet article ont été réalisées par l'auteur. Retrouvez-les dans la galerie, avec les paramètres de prise de vue et un commentaire.

31 juillet 2026

Revue de presse du 31 juillet 2026

Les mots manquent aux chercheurs pour désigner cet astre

Depuis quelques temps les astronomes recherchent des lunes autour des exoplanètes. Un cas récemment découvert laisse les chercheurs perplexes quant à sa dénomination ; au point de peut-être revoir les classifications astronomiques.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-astronomes-viennent-decouvrir-monde-mots-planete-lune-decrivent-tres-mal-136597/

Cette illustration montre le système gravitant autour de l’étoile CD-35 2722, avec, au centre, l’objet de type lunaire récemment découvert. © ESO, M. Kornmesser

Comment sont-ils parvenus à détecter Bételgeuse B ?

Connue depuis l’Antiquité l’étoile Bételgeuse a révélé bon nombre de ses secrets au cours du XXème siècle. Cependant les variations périodiques à longue période de sa luminosité laissaient suspecter la présence d’une étoile compagnon. Grâce à SPHERE, l’instrument d’imagerie à très haut contraste installé sur le VLT, et des mois de traitement d’images les scientifiques sont parvenus à imager Bételgeuse B.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/betelgeuse-vieux-siecle-secret-etoile-geante-betelgeuse-finalement-perce-136544/

Où et quand observer Apophis ?

Le 13 avril 2029 l’astéroïde Apophis passera au plus près de la Terre, à environ 30 600 km de distance. Plus proche que certains satellites géosynchrones, Apophis sera visible à l’œil nu, si les conditions météo le permettent. D’après les cartes du survol de l’astéroïde récemment élaborées près de 90 % de la population mondiale pourra observer le phénomène !

https://trustmyscience.com/lasteroide-apophis-frolera-la-terre-en-2029-76-milliards-de-personnes-pourront-lobserver-a-loeil-nu/

Carte montrant les régions depuis lesquelles Apophis pourra être observé à l’oeil nu pendant son pic de luminosité. © eclipseatlas.com

Montage de la structure de l’ELT : « une erreur infime peut tout dérégler »

L’assemblage de la structure qui accueillera les miroirs du futur ELT exige une précision de l’ordre de quelques dizaines de micromètres. La performance finale de ce télescope hors norme dépend autant de la qualité de sa conception optique que de la précision effective de son intégration mécanique. Une erreur d’assemblage non détectée, aussi infime soit elle, peut se propager et s’amplifier lorsqu’elle est répétée sur des centaines de segments composant le miroir primaire. L’intervention de spécialistes de métrologie industrielle constitue un élément essentiel de la chaîne de fiabilité qui permettra à l’ELT d’atteindre les performances pour lesquelles il a été conçu. Gaël Archambeau, responsable du pôle métrologie chez SETIS revient sur les défis à relever et les choix technologiques pour mener à bien cette mission.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/telescope-geant-erreur-infime-peut-tout-deregler-coulisse-plus-grand-telescope-monde-geant-4-600-tonnes-136399/

État d'avancement de la construction de la structure du télescope, le cœur de l'ELT. © Setis

La Lune : un bien commun à partager : quel cadre réglementaire ?

Le 5 août prochain, la Lune devrait compter un nouveau cratère. En effet, un étage de fusée abandonnée de SpaceX devrait s’écraser sur notre satellite à une vitesse d’environ 8 700 km/h. Si l’impact en lui-même ne présente aucun danger, il met en lumière un problème réglementaire qui deviendra de plus en plus prégnant avec la multiplication des missions habitées sur la Lune.

https://theconversation.com/un-etage-de-fusee-spacex-va-percuter-la-lune-un-accident-qui-pose-deja-des-questions-de-droit-spatial-288620

À ce jour, les êtres humains ont laissé plus de 187 tonnes de matériel sur la Lune. Footy2000/Wikimedia, CC BY-SA

24 juillet 2026

Revue de presse du 24 juillet 2026

Les micrométéorites racontent une partie de l’histoire du Système solaire

Chaque jour la Terre est impactée par des dizaines de tonnes de poussières cosmiques, principalement issues des collisions entre astéroïdes ou de l’activité des comètes. La plupart de ces particules mesurent moins d’un millimètre. Elles pénètrent dans l’atmosphère à plusieurs kilomètres par seconde et fondent brièvement avant de se solidifier en minuscules billes vitrifiées, appelées sphérules cosmiques. Ces micrométéorites se retrouvent ensuite dans les glaces antarctiques, les sédiments marins ou encore les toits de nos maisons. Pour les planétologues elles constituent une mine d’informations. Une équipe internationale a récemment identifié un nouveau type de sphérule cosmique.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/meteorite-poussieres-tombees-nos-toits-revelent-asteroide-personne-na-jamais-identifie-136160/

© Nasa, JPLLes micrométéorites

Un système binaire de supernovas probablement détecté

16 ans d’observation au moyen du télescope Fermi ont permis à une équipe d’astronomes de détecter ce qui pourrait être le premier rémanent de l’explosion en supernova de l’étoile compagne de celle à l’origine de la nébuleuse de la Méduse. Leurs travaux sont publiés dans la revue Nature Communications.

https://trustmyscience.com/decouverte-de-ce-qui-pourrait-etre-le-premier-systeme-binaire-de-supernovas-jamais-detecte/

Vue composite multi-longueurs d’onde de la région IC 443 superposée à l’émission de rayons gamma supérieure à 1 GeV détectée par le télescope Fermi Large Area Telescope. À ces énergies, l’émission de rayons gamma apparaît comme une structure étendue englobant l’ensemble du système IC 443–G189.6+3.3. | Centre de vol spatial Goddard de la NASA et M. Michailidis et al. 2026 ; orange, marron : ondes radio, ESA/Planck et MWISP ; jaune : optique, DSS ; rouge : infrarouge, NASA/WISE ; violet : ultraviolet, NASA/Swift ; turquoise : rayons X, SRG/eROSITA ; magenta : rayons gamma, collaboration NASA/DOE/Fermi LAT

Une avancée majeure pour la recherche sur la fusion nucléaire

Les travaux d’une équipe de chercheurs révèlent comment un plasma peut générer spontanément son champ magnétique. Cette avancée majeure pour la recherche sur la fusion nucléaire fait l’objet d’une publication dans Physical Review Letters.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/plasma-fusion-nucleaire-vient-elle-franchir-tournant-chercheurs-observent-phenomene-inattendu-k2m6-136250/

 

Quelle réponse du droit face aux projets de délocalisation des centres de données dans l’espace ?

Différents acteurs du spatial ont pour projet d’envoyer des centres de données en orbite, sous la forme de constellations de satellites. L’objectif est de disposer d’une puissance de calcul inédite pour faire tourner les modèles avancés d’IA tout en s’affranchissant des critiques et marques de rejet que suscitent ces projets sur Terre. La délocalisation dans l’espace ne règle cependant pas tous les problèmes et en engendre de nouveaux. Que dit le Droit en la matière ?

https://theconversation.com/les-centres-de-donnees-spatiaux-posent-aussi-des-risques-ecologiques-quen-dit-le-droit-286490

Déploiement de Starcloud-1 en novembre 2025 : avec ses GPU de Nvidia, c’est le premier satellite à faire tourner le modèle de langage de Google dans l’espace (Gemini). Philipjohnst, Wikipédia

Ce phénomène est indispensable à la formation des étoiles

Le processus de formation des étoiles par effondrement gravitationnel d’un nuage de gaz et de poussières est un processus complexe. Les travaux de l’astronome britannique James Jeans ont ouvert la voie pour appréhender le phénomène. Aujourd’hui des équipes des universités de Kyushu et de l’Institut Max Planck ont mis en évidence un phénomène indispensable à la formation des étoiles dans un cœur préstellaire.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-raison-champs-magnetiques-voie-lactee-etoiles-ne-devraient-pas-y-former-mais-alors-136165/

Illustration de la dérive ions-neutres dans le cœur pré-stellaire L1544. Les lignes bleues représentent les lignes de champ magnétique, courbées sous l'effet de la contraction gravitationnelle du cœur. Les points rouges et verts figurent respectivement les espèces ioniques et moléculaires neutres, tandis que les flèches indiquent leur mouvement d'afflux vers le centre du cœur (plus leur vitesse est élevée, plus les flèches sont longues). © Y. Nakamura & D. Arzoumanian, Université de Kyushu

17 juillet 2026

Revue de presse du 17 juillet 2026

La NASA prépare les futurs hélicoptères martiens

La mission Ingenuity a ouvert une voie différente pour l’exploration planétaire. La NASA prévoit d’envoyer sur Mars trois nouveaux hélicoptères dans la cadre de la mission SkyFall. Ces nouveaux appareils seraient plus grands et plus lourds qu’Ingenuity. Propulser des hélicoptères plus lourds dans une atmosphère beaucoup moins dense que celle sur Terre reste un défi. Le JPL et l’entreprise AeroVironment viennent de réaliser une percée décisive.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-nasa-voici-stupefiante-prouesse-technique-realisee-future-flotte-helicopteres-martiens-k2m6-136148/

Attraper une fusée avec un filet : la Chine l’a fait !

La Chine vient de franchir une nouvelle étape dans la réutilisation de ses lanceurs. Le 10 juillet, elle a réussi à récupérer le premier étage de sa fusée Long Marche 10B. Elle rejoint ainsi le club très fermé des entreprises maitrisant cette technologie. Lors de cet essai elle introduit une innovation avec le déploiement d’un filet pour attraper la fusée.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/agence-spatiale-chinoise-chine-attrape-fusee-filet-geant-exploit-rapproche-dangereusement-spacex-136177/

Cette planète a survécu à la mort de son étoile

WD 1856 b est une exoplanète un peu plus massive que Jupiter située dans la constellation du Dragon. Elle orbite aujourd’hui très près de son étoile, une naine blanche, à une distance 50 fois plus faible que celle de la Terre et du Soleil. Compte-tenu de la distance à son étoile l’exoplanète aurait dû être engloutie par cette dernière lors de sa phase en géante rouge. Les chercheurs proposent deux théories.

https://trustmyscience.com/cette-planete-a-survecu-a-la-mort-de-son-etoile-un-apercu-du-destin-du-systeme-solaire/

Illustration d'artiste de l'exoplanète WD 1856 b et de sa naine blanche. | NASA, ESA, CSA, R. Crawford (STScI)

Des indices d’un fond diffus émis par les supernovae de l’univers

Selon les données recueillies par le détecteur géant de neutrinos Super-Kamiokande, de sérieux indices laissent penser qu’il est possible d’observer un autre fond diffus cosmique que le rayonnement fossile : celui produit par les explosions de supernovae depuis des milliards d’années. Selon un communiqué de l’université de Tohoku, la détection de ce rayonnement « fournirait un moyen d’observation décisif pour reconstituer quantitativement l’histoire de la nucléosynthèse et de la formation des étoiles dans l’univers, ainsi que pour tester les modèles théoriques. »

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/cosmologie-on-commence-voir-mysterieux-fond-diffus-emit-supernovae-univers-136084/

Depuis la naissance de l'Univers, les neutrinos émis par ces supernovas se sont diffusés dans l'espace et se sont accumulés au fil du temps cosmique. © Observatoire de Kamioka, Institut de recherche sur les rayons cosmiques, Université de Tokyo

Le nom d’un astronome Maya caché sous une formule mathématique

Les multiples récits nous ont fait connaître essentiellement les astronomes de la Grèce ancienne, mais aucun de la civilisation maya. Pourtant ces derniers possédaient un savoir en mathématiques et en astronomie conséquent. Des textes de la période Classique (250 à 900 avant notre ère) contiennent des formules mathématiques complexes permettant de prédire des événements astronomiques ou encore des mises en correspondance et des harmonisations entre calendriers humains et cycles astronomiques. Récemment une équipe d’archéologues a réussi à identifier le nom d’un savant maya, découvert sur un mur sous une formule mathématique.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/archeologie-on-connait-enfin-nom-astronome-maya-signature-cachait-sous-formule-mathematique-136226/

Des archéologues ont réussi à décrypter cette inscription, qui s'avère être le nom du savant maya ayant écrit les formules mathématiques au-dessus. © Rossi et al. 2026, Antiquity

10 juillet 2026

Revue de presse du 10 juillet 2026

Quand Gaïa nous renseigne indirectement sur l’histoire du Système solaire

La trajectoire des comètes venues du Nuage d’Oort peut être déstabilisée par la gravité due à un passage trop rapproché d’une étoile, et ensuite « se précipiter » dans le Système solaire interne. En se basant sur les données astrométriques de Gaïa les astrophysiciens Sean Raymond (Laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux) et Nathan Kaib (Planetary Science Institute – Arizona) ont étudié le cas de HD 7977, une étoile dans la constellation de Cassiopée.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/systeme-solaire-evenement-cosmique-il-y-25-millions-annees-aurait-bouscule-nuage-oort-lance-cometes-vers-nous-135833/

Comète C/2006 P1 (McNaught - © Sebastian Deiries/ESO

Le télescope spatial Euclid débusque 31 quasars !

Les quasars sont des galaxies avec un trou noir supermassif en leur centre parvenues à une phase brève mais spectaculaire de leur vie.  Ces astres attirent d’énormes quantités de gaz et de poussière. Cette matière en spiralant vers l’horizon des événements s’échauffe à des températures extrêmes et libère une énergie colossale sous forme de rayonnement. Le télescope spatial Euclid en a détecté trente et un. Ils remontent à une période où le cosmos n’avait que 670 millions d’années. Cette découverte inédite ouvre la voie à un changement d’échelle dans la recherche astronomique. Daming Yang, doctorant à l’Observatoire de Leyde et auteur principal de l’article scientifique annonçant la découverte de ces astres, nous explique les coulisses de cette découverte et ses implications.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-ces-monstres-cosmiques-on-croyait-invisibles-euclid-debusque-31-quasars-caches-premiers-ages-univers-135927/

15 des 31 quasars découverts par Euclid, dont EUCL J172902.75+641018.1 et EUCL J125308.55+705432.3, qui existaient déjà à une époque où l'Univers n'avait que 670 millions d'années, soit à peine 5 % de son âge actuel. © ESA

Deux missions vers des astéroïdes

Les agences spatiales japonaise et chinoise mènent chacune des missions vers des astéroïdes. Les premières images commencent à arriver.

 

La sonde chinoise Tianwen-2 s’approche de l’astéroïde Kamo’Oalewa

Après un voyage de 400 jours la sonde Tianwen-2 est arrivée le 5 juillet près de l’astéroïde 2016HO3. Avec les données de navigation optique recueillies lors de l’approche finale, les équipes de la mission ont pu affiner les éphémérides de l’astéroïde, réduisant ainsi les incertitudes de sa position. Dans les semaines à venir la sonde mènera une exploration scientifique plus détaillée pour acquérir des données sur sa morphologie, sa composition, sa structure interne. A terme l’objectif est de ramener des échantillons sur Terre.

https://reves-d-espace.com/la-sonde-chinoise-tianwen-2-approche-de-asteroide-2016ho3-kamooalewa/

 

Hayabusa-2 survole l’astéroïde Torifune

Après le succès de la première mission Hayabusa vers l’astéroïde Ruygu, l’agence spatiale japonaise, la JAXA, a décidé l’extension de la mission, grâce aux économies de carburant réalisées. Pour cette seconde mission, la sonde a deux cibles : l’astéroïde 98943 2001 CC21, baptisé Torifune ; et l’astéroïde 1998 KY 26. Ce 5 juillet Hayabusa a survolé Torifune et capturé les premières images.

https://reves-d-espace.com/la-sonde-japonaise-hayabusa-2-survole-asteroide-torifune/

L’astéroïde Torifune par Hayabusa-2 le 5 juillet 2026 (crédit JAXA, Université de Tokyo, Institut de technologie Chiba, Université des sciences de Tokyo, Institut national des sciences et technologies industrielles avancées, Observatoire de Paris, Institut d’astrophysique des îles Canaries).

Quand le méridien de Paris devient calendrier du monde

Dans le cadre de la formation internationale Global History of Astronomy, organisée par l’équipe d’histoire des sciences astronomiques du LTE avec la BNF et la bibliothèque de l’Observatoire de Paris, des étudiants se sont livrés à une expérience originale. Le long du méridien de Paris tracé sur le sol de la salle Cassini, les étudiants ont posté des post-its de couleur indiquant l’emplacement du premier jour de l’année selon plusieurs calendriers. A chaque couleur correspond un calendrier. Ainsi de façon très graphique se révélait la façon dont les sociétés humaines ont découpé et nommé le temps.

https://www.imcce.fr/newsletter/html/newsletter.html#culture-article1

La position du premier jour de l'année selon le calendrier VesakCrédits Sabrina Thiery / Observatoire de Paris

Le télescope XRISM mesure le vent chaud dans M82

Selon le modèle classique des galaxies à sursaut de formation stellaire comme M82, les ondes de choc générées par la formation d’étoiles et les supernovae près du centre chauffent le gaz et déclenchent un vent puissant. Pour la première fois des astronomes ont mesuré la vitesse du gaz surchauffé s’échappant de M82. Les calculs ont été réalisés sur la base des données collectées à bord du satellite XRISM. Les premiers modèles de ce type de galaxies ont été élaborés dans les années 80. Le satellite XRISM permettra de les tester de manière inédite.

https://www.astropublishing.com/4MAC2026/24/#zoom=z

 

3 juillet 2026

Revue de presse du 03 juillet 2026

Un pont entre physique classique et physique quantique

A première vue physique classique et physique quantique semblent suivre des logiques différentes. Des scientifiques du MIT ont publié une étude dans laquelle ils démontrent que certains concepts mathématiques de la physique classique peuvent décrire des phénomènes quantiques.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mecanique-quantique-nouvelle-e-tude-fait-lien-physique-classique-physique-quantique-135381/

 

Une prédiction de la relativité générale vérifiée grâce à l’astronomie gravitationnelle

L’astronomie gravitationnelle permet de découvrir les propriétés des astres, notamment celles des trous noirs, et de tester de nouvelles théories physiques. En étudiant la forme des ondes gravitationnelles de la source GW 250114 une équipe de scientifiques est parvenue à décoder l’onde dite « directe » émise lors de la fusion de deux trous noirs. Celle-ci révèle comment les trous noirs en rotation entraînent l’espace-temps lui-même dans leur mouvement. Leurs travaux, publiés dans la revue Nature, ouvrent la voie à de futurs tests de la relativité générale d’Einstein. Les trous noirs se situent à la frontière de nos connaissances actuelles. Les étudier grâce aux ondes gravitationnelles constitue une piste prometteuse pour découvrir des failles dans les théories actuelles et trouver des indices vers une théorie plus approfondie.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/trou-noir-preuve-vient-etre-detectee-autour-trou-noir-cest-espace-temps-lui-meme-peut-tourbillonner-135673/

Tester les lois de la gravitation depuis le Système Solaire

Depuis près d’un siècle la physique s’accommode d’un mystère persistant : les galaxies ne tournent pas comme elles le devraient. Les étoiles situées dans leurs régions les plus éloignées se déplacent trop vite par rapport aux lois connues de la gravitation. Pour expliquer cet écart et d’autres observations galactiques les scientifiques ont introduit le concept de matière noire. Une forme de masse invisible et jusqu’ici jamais observée. Le débat sur le sujet fait place à une autre hypothèse : revoir les lois de la gravitation. Dans les années 80 le physicien Mordehai Milgrom propose une réflexion alternative :  et si les lois de Newton n’étaient plus valides à certaines échelles d’accélération ? C’est ainsi qu’est né le système MOND. Aurélien Hees chercheur au Laboratoire Temps Espace a récemment publié une étude qui confronte la théorie MOND aux données les plus précises du Système Solaire.

https://www.imcce.fr/newsletter/html/newsletter.html#science-article1

 

3I Atlas s’est formée dans un environnement beaucoup plus froid que le nôtre

De nouvelles observations réalisées avec le réseau ALMA ont permis d’affiner la composition chimique de la comète 3I/Atlas. Les analyses révèlent que la comète interstellaire contient au moins 30 fois plus d’eau semi-lourde (HDO) que d’autres objets interstellaires. Au-delà d’être une signature chimique d’un système planétaire lointain le rapport HDO/H2O revêt une importance cosmologique particulière : les abondances d’hydrogène et de deutérium se sont établies lors du Big Bang lui-même ; faisant ainsi de cette mesure un outil fondamental et unique pour mesurer les conditions de formation d’autres mondes.

https://www.astropublishing.com/4MAC2026/4/#zoom=z

 

Pourquoi Jupiter possède-t-elle plus de grandes lunes que Saturne ?

Les deux géantes gazeuses du Système solaire possèdent le plus grand nombre de lunes. On compte à ce jour plus de 100 lunes pour Jupiter et plus de 280 pour Saturne. Mais demeure une question : pourquoi Jupiter a-t-elle plus de grandes lunes que Saturne ? Une équipe de chercheurs menée par l’université de Kyoto a réalisé de nouvelles simulations avec le supercalculateur du Centre d‘Astrophysique Computationnelle de l’Observatoire astronomique national du Japon.

https://www.astropublishing.com/4MAC2026/7/#zoom=z

 

1 juillet 2026

Le ciel du mois : Juillet 2026

 

Evénements

Le 14 juillet, un vaisseau Soyouz s’élancera depuis le site de Baïkonour vers l’ISS au titre de la mission MS29, avec deux cosmonautes russes et un astronaute américain. L’équipage de la mission MS28 reviendra sur Terre dans les jours suivants, après huit mois passés à bord de la station.

 

SpaceX prévoit au cours de ce mois le treizième vol d’essai du vaisseau Starship propulsé par un premier étage « Super-heavy ». L’ensemble est en configuration block3, comme le dernier vol effectué le 22 mai dernier. L’objectif est de tester les modifications apportées suite aux défaillances de plusieurs moteurs Raptor qui avaient été observées.

 

Ephémérides

 

 

 

 

La Terre sera à son aphélie (point le plus éloigné de son orbite) le 6 juillet à 1,017 UA du Soleil soit 152,1 millions de km. Ainsi, l’hémisphère nord en été reçoit un peu moins d’énergie solaire que l’hémisphère sud ; cela n’a pas de conséquence car le rôle prépondérant des océans dans la régulation du climat gomme cette différence. En revanche, comme la vitesse de révolution de la Terre autour du Soleil est moins élevée qu'au périhélie, l'été dans l'hémisphère nord est actuellement plus long de quatre jours que dans l'hémisphère Sud. En raison des effets conjugués de la rotation du grand axe de l'orbite terrestre et de la précession des équinoxes, la situation s'inverse tous les 10500 ans : cela est expliqué dans l’article sur les mouvements de la Terre.

Saturne et Mars se lèveront respectivement vers 1h et 4h, et seront bien visibles à l’est le matin dès le début du mois. Les anneaux de Saturne sont à présent bien ouverts.

Située 10° à l’ouest de Saturne, Neptune passera le méridien sud à une hauteur de 45° en fin de nuit ; Uranus sera également visible avant l’aube, 6° en-dessous de l’amas des Pléiades.

Le 4 juillet, une conjonction très serrée (8 minutes d’arc) des planètes Mars et Uranus sera observable au télescope vers 4h30, soit une heure et demie avant le lever du Soleil. Si les diamètres apparents seront peu différents (5 et 3 secondes d’arc), Mars apparaîtra nettement plus lumineux (magnitude 1,7 contre 6). Le contraste de couleurs rouge/vert de cette pseudo « planète double » sera intéressant.

Vénus est de plus en plus brillante dans le ciel du soir, jusqu’à son coucher vers 23h. Son diamètre apparent est de 18 secondes d’arc, en augmentation. Le 9 juillet, la planète se trouvera à 1° au-dessus de l’étoile Régulus dans le Lion. C’est l’occasion d’observer son déplacement vers l’est sur l’écliptique de 1,1° par jour.

Le 17 juillet, un fin croissant de Lune passera 3° en-dessous de Vénus avec une belle lumière cendrée. Puis le 24, la Lune gibbeuse sera placée 1,4° sous la géante rouge Antarès dans le Scorpion pendant toute la soirée.

 

Observation / les objets du mois

Bien que les nuits soient courtes, juillet est un mois très favorable à l’observation de nombreuses nébuleuses, favorisé par une météo souvent clémente. Nous allons détailler les objets intéressants en procédant d’est en ouest.

Avec la nébuleuse de l’Iris NGC7023 citée le mois dernier, deux autres belles nébuleuses diffuses encadrent la constellation de Céphée :

IC1396 nébuleuse de la trompe d’éléphant est une grande nébuleuse (3°x2°) d’hydrogène en émission située à 3000 AL ; les nuages de poussières sombres dessinent des formes intéressantes. En périphérie mais au deuxième plan à 5200 AL se trouve Mu Cephei, appelée aussi l’étoile grenat : c’est une supergéante rouge dont le diamètre vaut celui de l’orbite de Jupiter, soit 1000 fois celui de notre Soleil. Elle va probablement exploser en supernova d’ici quelques centaines de milliers d’années.

 

La nébuleuse du sorcier NGC7380 est plus lointaine (8000 AL), les nuages d’hydrogène sont éclairés par les étoiles nées au sein de la nébuleuse.

 

NGC6946 galaxie du feu d’artifice est une belle galaxie spirale vue de face. Située à 22 millions d’AL, son diamètre apparent est de 10 minutes d’arc. Bien que deux fois plus petite que notre galaxie, son taux d’apparition de supernovae est dix fois supérieur d’où son nom.

 

La constellation du Cygne traversée par la voie lactée présente plusieurs nébuleuses très étendues :

La nébuleuse America NGC7000 est une grande nébuleuse (3°x2°) d’hydrogène en émission située à 1900 AL. Elle fait face à la nébuleuse du pélican IC5070. Il s'agit en fait d'un vaste nuage d'hydrogène ionisé, occulté par une bande de poussières très sombre qui dessine les contours des nébuleuses. L’étoile brillante à droite est Deneb, la « queue du cygne ».

 

IC1318 nébuleuse du papillon se déploie autour de la brillante étoile Sadr (Gamma Cygni) au centre de la croix. La photo qui suit couvre un champ de 7,3° x 5°.

 

La nébuleuse du Croissant NGC6888 est issue des rapides vents stellaires créés par l'étoile Wolf-Rayet V1770 Cyg au centre, qui poussent la matière issue de vents plus lents éjectés par cette même étoile lorsqu'elle était plus jeune et plus petite (de type géante rouge) il y a 400 000 ans. Le front de choc engendre ce que l'on nomme une bulle de Wolf-Rayet. Les étoiles de ce type sont les descendantes d’étoiles très massives (type O ou B) qui finiront par exploser en supernova.

 

La nébuleuse de la Tulipe, référence SH2-101 du catalogue Sharpless, est une nébuleuse brillante de la constellation du Cygne située à environ 6000 AL. Sa taille apparente est de 23 x 13 minutes d’arc.

 

On mentionnera l’étoile variable pulsante X (Chi) Cygni à 600 AL, dont la magnitude présente les plus grands écarts pour une étoile variable de type Mira : entre 3,3 et 14,2 avec une période d’environ 400 jours. Le phénomène est connu depuis 1686 ; le prochain maximum est prévu mi-septembre 2026.

 

En dessous de la croix, les nébuleuses du voile NGC6960 et NGC6992 sont les restes de l’explosion d’une supernova il y a 10 000 ans, à 1400 AL. L’ensemble s’étend sur 4°x3°.

 

La nébuleuse M27 « dumbbell » (haltère) découverte par Charles Messier en 1764 dans la constellation du Petit Renard (Vulpecula) est la première nébuleuse planétaire identifiée. De dimension 8’x6’ et de magnitude 7, celle-ci montre une belle symétrie. Elle a été engendrée il y a 4000 ans par une étoile de masse comparable à notre Soleil qui a éjecté une grande quantité de matière avant de se transformer en naine blanche. Cette dernière est difficile à observer avec une magnitude de 13,5 mais se voit bien sur les photographies ; c'est un objet très prisé des astronomes amateurs.

 

Au sud, La voie lactée tangente la constellation du Sagittaire et contient plusieurs nébuleuses remarquables à cet endroit, toutes situées à environ 5500 AL de notre système et suffisamment brillantes pour être identifiées aux jumelles.

 

La nébuleuse de l’aigle M16 (qui est dans la constellation du Serpent) est connue pour les piliers de gaz spectaculaires dans sa région centrale ; ceux-ci mesurent 3 AL et sont illuminés par les étoiles de l’amas.

 

2° en dessous nous trouvons M17, la nébuleuse oméga. Cette nébuleuse en émission d’hydrogène ionisé HII a un diamètre de 30 AL soit 25 minutes d’arc.

 

La nébuleuse trifide M20 est une nébuleuse en émission traversée par une nébuleuse obscure qui lui donne son aspect caractéristique ; par ailleurs, la nébuleuse est éclairée par plusieurs étoiles brillantes. Elle est entourée par une nébuleuse à réflexion (bleue) dont le diamètre apparent est de 24 minutes d’arc. L’amas ouvert à gauche est M21, composé d’une centaine d’étoiles très jeunes (12 millions d’années).

 

M8, la nébuleuse du lagon est un magnifique objet éclairé par la géante bleue 9-Sgr ; elle contient l'amas ouvert NGC6530. Des nuages sombres se dessinent qui comportent des proto-étoiles en train de s’effondrer sur elles-mêmes. La région centrale contient également de nombreuses jeunes étoiles très chaudes.

 

Quelques amas sont aussi intéressants à observer, notamment quand la luminosité de la Lune est trop forte pour les nébuleuses.

L’amas ouvert du Sagittaire M24 est visible à l’œil nu ; c’est un vaste nuage composé d'étoiles et de gaz interstellaire situé dans le bras spiral intérieur de notre galaxie.

M22, M28 et M54 sont les principaux amas globulaires de la constellation du Sagittaire, qui en compte une douzaine. M22 est l’un des amas les plus proches de la Terre à seulement 10 000 AL. Il couvre une surface angulaire proche de celle de la Lune et contient environ 100 000 étoiles ; sa magnitude est de 5,1 : il est théoriquement visible à l'oeil nu.

 

Nous pouvons enfin citer Omicron1 Cygni, 61 Cygni et Gamma du Dauphin, à retrouver dans la page consacrée aux étoiles doubles.

 

Bon ciel à tous !

Sauf mention contraire, les photos de cet article ont été réalisées par l'auteur. Retrouvez-les dans la galerie, avec les paramètres de prise de vue et un commentaire.

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