L'astrophoto facile

8 mars 2026

La durée du jour

 

Nous savons tous que la durée du jour sur Terre dépend du lieu d’observation, et de la saison. Essayons de quantifier l’influence des différents paramètres afin de comprendre comment le jour varie dans des lieux qui nous sont moins familiers, dans la zone équatoriale ou près des pôles par exemple.

La Terre est animée d’un mouvement de rotation sur elle-même autour d’un axe passant par les pôles géographiques. La durée d’une journée solaire (qui comprend le jour et la nuit) est l’intervalle qui sépare deux passages du Soleil au méridien d’un observateur : sa valeur est très proche de 24 heures puisque l’heure a été définie historiquement ainsi.

Notons que pendant cette durée, la Terre effectue un peu plus qu’un tour sur elle-même car elle tourne autour du Soleil dans le même sens : en supposant que cette orbite est circulaire et que l’année dure 365,2564 jours, le supplément de rotation pour retrouver chaque jour le Soleil au méridien nord-sud d’un lieu donné vaut 360/365,2564 = 0,9856°. La vitesse de rotation sidérale (par rapport aux étoiles lointaines) de la Terre est donc (360+0,9856)/24=15,041 °/h soit un peu plus que les 15°/h de la journée solaire. Ainsi, dans une année la Terre effectue un tour de plus sur elle-même que le nombre de jours qui sont observés !

 

 

La forme elliptique de l’orbite et des considérations géométriques font que le passage du Soleil au méridien d’un observateur avance ou retarde au cours de l’année, d’une valeur qui peut atteindre 16 minutes par rapport au midi local indiqué par une horloge (temps moyen). Ce phénomène est expliqué dans l’article sur « l’équation du temps » ; il décale un peu les heures de lever et de coucher du Soleil notamment quand la pente de la fameuse courbe est la plus forte, mais cela n’affecte la durée du jour que d’une quinzaine de secondes au maximum. Dans la suite du présent article, nous négligerons cet effet et considérerons que la Terre est animée d’un mouvement circulaire uniforme autour du Soleil.

D’autre part, les variations à long terme du mouvement terrestre décrites dans l’article « la Terre autour du Soleil » ne sont pas prises en compte. En particulier, à cause de la dissipation d’énergie liée aux effets de marée, la rotation de la Terre sur elle-même ralentit en moyenne de 1,3 ms par siècle ce qui allonge au même rythme la durée d’une journée sidérale.

 

En raison de l’inclinaison de l’axe terrestre de 23° 26’ sur le plan de l’écliptique, la durée du jour varie avec les saisons sauf sur l’équateur où elle est constante valant 12 h toute l’année. Elle est maximum au solstice d’été, alors que le Soleil est au zénith pour un observateur situé sur le tropique de l’hémisphère concerné.

 

 

La déclinaison DEC est l’angle de position d’un astre au-dessus du plan de l’équateur terrestre, positive vers le nord et négative vers le sud. A court terme (quelques années), elle est constante pour les étoiles lointaines « fixes ». Au passage du méridien nord-sud d’un lieu d’observation, la hauteur d’un astre au-dessus de l’horizon vaut h = 90 – Latitude + DEC dans l’hémisphère nord, et 90 + latitude – DEC dans l’hémisphère sud.

 

Pour l’étoile polaire (DEC très proche de +90° actuellement), la hauteur sur l’horizon est constante et correspond à la latitude du lieu : le navigateur n’a pas de calcul à faire ni besoin d’horloge pour connaître sa latitude dans l’hémisphère nord ! Pour une mesure précise, il faut quand même tenir compte de l’écart angulaire entre l’étoile polaire et l’axe du pôle terrestre qui vaut 37,2’ en 2026. Cet écart varie avec la précession des équinoxes, il sera minimum (27’) en 2100.

En revanche, comme la Terre tourne autour du Soleil, la déclinaison de ce dernier varie au cours de l’année entre -23,44° et 23,44°. La hauteur de culmination de l’astre vers midi en un point donné se calcule facilement avec la formule approchée suivante :

hc = 90° - I latitude du lieu I + 23,44 x sin(360 x (date courante – équinoxe printemps)/365).

NB : cet angle sur le méridien nord-sud au-dessus de l’horizon sud ou nord en fonction de l’hémisphère peut dépasser 90° pour les lieux situés entre les deux tropiques.

Voici le résultat au cours de l’année, en fonction de la latitude (hémisphère nord) :

 

 

La hauteur du Soleil passant le méridien nord-sud le jour du solstice d’été vaut 90 – latitude + 23,44°. En tout point du globe en dehors des zones polaires où le Soleil disparaît en hiver, l’écart entre les valeurs aux deux solstices sur le méridien nord-sud vaut deux fois l’obliquité terrestre, soit 46,9°.

On note que pour la zone comprise entre les deux tropiques, le maximum de hauteur (zénith à 90°) n’est pas atteint le jour du solstice d’été mais est obtenu deux fois, sensiblement à un même nombre de jours avant et après cette date. Sur l’équateur, cela se produit aux équinoxes.

 

Nous allons calculer la durée du jour, i.e. l’intervalle de temps entre le lever et le coucher du Soleil au sens astronomique (passage du centre du Soleil à l’horizon).

La géométrie sphérique indique que la hauteur angulaire h d’un astre à un instant donné sur l’horizon est fonction de la latitude du lieu phi, de la déclinaison de l’astre DEC et de son angle horaire AH par rapport au méridien de l'observateur selon la formule suivante (voir la page « coordonnées astronomiques ») :

sin(h) = sin(phi).sin(DEC)+cos(phi).cos(DEC).cos(AH)

Pour calculer la durée du jour, il faut trouver les deux valeurs de AH qui donnent h=0 (Soleil sur l’horizon), puis effectuer la différence et convertir celle-ci en unités de temps.

De la formule précédente il vient facilement que ces valeurs de AH doivent satisfaire l’équation

cos(AH) = -tan(phi).tan(DEC).

Il faut pour cela que tan(phi).tan(DEC) soit inférieur à 1 en valeur absolue, ce qui n’est pas toujours le cas notamment au-delà des cercles polaires ou tan(phi) est élevé.

Les deux solutions, quand elles existent, sont AHlever = ArcCos[-tan(phi).tan(DEC)] et AHcoucher = 360 - ArcCos[-tan(phi).tan(DEC)] ; la différence DeltaAH vaut 2.ArcCos[-tan(phi).tan(DEC)] où ArcCos est la fonction inverse cosinus, qui donne un angle en degrés décimaux.

Il reste à convertir DeltaAH en temps, en divisant sa valeur par la vitesse de rotation terrestre par rapport au Soleil soit 15°/h.

Pour calculer la déclinaison du Soleil, i.e. sa hauteur par rapport à l’équateur céleste, nous reprenons la formule citée plus haut DEC = 23,44° x sin(360 x (date courante – équinoxe printemps)/365) ; ou pour les puristes de la trigonométrie sphérique DEC = ArcSin[(sin 23,44°) x sin(360 x (date courante – équinoxe printemps)/365)] mais la différence est minime.

Voici les variations au cours de l’année pour différentes latitudes dans l’hémisphère nord :

 

 

On voit que l’amplitude des variations est nulle à l’équateur puis augmente avec la latitude du lieu ; sur le cercle polaire, la durée du jour varie de façon linéaire entre 0 et 24h en six mois, au taux constant de 24 x 60 x 2 / 365,25 = 7,9 minutes/journée. Au-delà du cercle polaire, le Soleil ne se couche pas pendant une période centrée sur la date du solstice d’été de l’hémisphère correspondant. Aux pôles, le Soleil est constamment visible pendant six mois de l’équinoxe de printemps à l’équinoxe d’automne, puis sous l’horizon en permanence pendant la période hivernale qui suit.

Au moment de l’équinoxe, l’écart entre le lever et le coucher du Soleil est de 12h en tout point du globe à l’exception du cas particulier des deux pôles. Pour tous les observateurs terrestres le Soleil se lève exactement à l’est, se déplace dans le ciel sur l’équateur céleste et se couche plein ouest.

 

Pour être précis, le lever du Soleil s’entend habituellement à l’apparition du bord supérieur du limbe de notre astre au-dessus de l’horizon (et inversement au coucher). Il faut ajouter 1 mn en moyenne le matin et le soir aux résultats indiqués ci-avant, un peu plus aux latitudes supérieures à 50°. D’autre part, la réfraction atmosphérique au niveau de l’horizon fait paraître les astres un demi degré plus haut qu’ils ne sont en réalité, soit un diamètre du Soleil justement. La durée du jour théorique doit donc être augmentée d’environ 6 mn au total par rapport au calcul précédent pour correspondre aux observations.

Enfin, la période de jour nous semble encore un peu plus longue puisque l’obscurité disparaît environ une demi-heure avant le lever du Soleil, et revient seulement une demi-heure après son coucher. On définit les aubes et crépuscules civil, nautique et astronomique quand le Soleil passe respectivement 6, 12 et 18 degrés sous l’horizon.

 

 

La durée de ces phases varie selon l’inclinaison du plan de l’écliptique sur l’horizon. Pour les lieux situés entre les deux tropiques, l’écliptique paraît toujours assez vertical c’est pourquoi ces moments sont relativement courts dans ces régions car la « vitesse verticale » de l’astre est proche de la rotation terrestre de 15°/h. Au latitudes plus élevées, dans les deux hémisphères, l’écliptique est plus incliné sur l’horizon en particulier le matin autour de l’équinoxe de printemps et le soir à l’équinoxe d’automne. La vitesse verticale apparente de l’astre est alors plus faible, ce qui prolonge l’aube ou le crépuscule.

Les astronomes doivent en tenir compte pour bénéficier d’un ciel nocturne suffisamment noir ; par ailleurs, un plan de l’écliptique proche de la verticale favorise l’intensité de la lumière zodiacale, visible jusqu’à deux heures avant ou après le lever/coucher du Soleil. Il s’agit de la diffusion de la lumière du Soleil par le disque de poussières qui l’entoure dans le plan de révolution moyen des planètes, lequel est très proche de l’écliptique. Cette lumière zodiacale, qui ne doit pas être confondue avec la Voie Lactée, peut être gênante pour l’observation des objets célestes qui se trouveraient dans cette direction.

 

La lumière zodiacale - Photo Luc Perrot

6 mars 2026

Revue de presse du 06 mars 2026

Ce que le JWST nous apprend sur l’atmosphère d’Uranus

De récentes observations d’Uranus avec le télescope spatial James Webb ont permis aux scientifiques de mieux appréhender les mécanismes au sein de l’atmosphère de la géante glacée. L’entretien avec Paola Tiranti, auteure de l’étude et chercheuse doctorante au sein du groupe espace et planètes de l’université Northumbria, revient sur ces découvertes ainsi que sur les défis techniques auxquels les scientifiques doivent faire face.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-interview-ce-telescope-james-webb-vraiment-revele-uranus-ce-quil-laisse-reponse-131672/

Cette image agrandie d'Uranus, capturée par la caméra proche infrarouge du JWST en février 2023 révèle une vue imprenable sur les anneaux de la planète. Ce n'est pas le sujet de l'article, qui concerne son atmosphère, mais il nous est apparu intéressant de rappeler que cette planète possède des anneaux. © Nasa, ESA, ASC, STScI. Traitement d'image : J. DePasquale (STScI)

La transformation de cette étoile massive observée en direct

30 fois plus massive que notre soleil WOH G64 a été observée pour la première fois dans les années 1970. Jusqu’à récemment elle apparaissait comme une supergéante rouge. Mais en 2014 son apparence a progressivement changé suggérant qu’elle arrivait en fin de vie. Une récente étude publiée dans Nature Astronomy confirme que ce changement constitue le passage à l’état d’hypergéante jaune, un phénomène bref et extrêmement rare qui précède probablement une explosion en supernova ou un effondrement direct en trou noir. Ces observations offrent une rare opportunité d’observer une étape clé de la fin de vie d’une étoile massive.

https://trustmyscience.com/plus-grandes-etoiles-univers-devient-hypergeante-transformation-rarissime-observee-direct/

Image de WOH G64, prise par l’instrument GRAVITY du Very Large Telescope Interferometer de l’Observatoire européen austral (VLTI de l’ESO). © ESO/K. Ohnaka et al.

Artemis : accélération du calendrier de la NASA

Le nouveau patron de la NASA a récemment annoncé une refonte du calendrier du retour sur la Lune. La révisio du programme Artemis s’inscrit clairement dans l’objectif d’un retour sur la Lune avant la Chine et d’y établir une présence durable.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/programme-artemis-artemis-sous-pression-nasa-reecrit-calendrier-aller-plus-vite-face-chine-131865/

Les trois prochaines missions Artemis (la II, la III et la IV) résumées en une image. © Nasa

La nouvelle carte de l’exploration lunaire

Artemis, Chang’e, Chandrayaan les programmes d’exploration lunaire n’ont jamais été si nombreux. L’observation de ces programmes sous l’angle des relations internationales et du droit permet d’illustrer deux évolutions majeures : l’émergence d’un axe de compétition Nord-Sud dans l’exploration lunaire et la disruption du cadre juridique applicable à l’espace.

https://theconversation.com/artemis-change-chandrayaan-en-quoi-la-course-a-la-lune-des-annees-2020-differe-de-celle-des-annees-1960-276469

Quelques-uns des lanceurs qui doivent propulser des sondes et des humains vers la Lune cette année ou la prochaine : SLS pour la Nasa, Longue Marche-5 de l’Agence spatiale chinoise (CNSA), LVM3 pour l’Agence spatiale indienne (ISRO). Nasa/ CNSA/ISRO

Vers un spatial européen souverain de bout en bout ?

Aujourd’hui dans le domaine spatial le segment sol et la gestion des données spatiales sont tout aussi importants que l’accès à l’espace. La récente décision du gouvernement français de bloquer la vente des actifs du segment sol passif d’Eutelsat illustre la perception croissante des infrastructures sol comme un atout stratégique par les Etats. Entretien avec Pierre Bertrand, cofondateur de Skynopy : il revient sur les enjeux et les perspectives pour l’Europe dans ce domaine.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/espace-spatial-europeen-talon-achille-personne-ne-regarde-cet-expert-francais-pointe-doigt-131671/

Aujourd’hui, le réseau mondial de Skynopy compte 18 stations équipées d'antennes paraboliques – et celles de partenaires dont les infrastructures sont sous-exploitées. En 2026, Skynopy prévoit d'ajouter quatre nouvelles stations à son réseau à La Réunion, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Hawaï et en Alaska, renforçant ainsi sa couverture mondiale. © Skynopy

La comète 3i/Atlas vue par la sonde Juice

Découverte en juillet 2025 la comète 3iAtlas a fait l’objet de nombreuses observations depuis la Terre mais aussi depuis l’espace. La sonde Juice de l’ESA, en route pour Jupiter, a été mise à contribution. Cinq de ces instruments ont été utilisés pour recueillir des informations sur le comportement de la comète et sa composition. Les premières données sont parvenues sur Terre en février dernier.

https://reves-d-espace.com/la-comete-interstellaire-3i-atlas-observee-par-la-sonde-juice/

3i/Atlas par la sonde JUICE le 2/11/2005. La comète très clairement visible, entourée de signes d’activité : le halo de gaz brillant entourant la comète connu sous le nom de coma et probablement deux queues. La ‘queue de plasma’, constituée de gaz chargé électriquement, s’étend vers le haut de l’image. Une plus faible ‘queue de poussière’, constituée de minuscules particules solides, s’étend vers le bas à gauche. (crédit ESA/Juice/NavCam).

La nébuleuse de l’œil de Chat dans les yeux de Hubble et Euclid

Depuis les années 1990 le télescope spatial Hubble nous éblouit avec les magnifiques images qu’il capture. Toujours opérationnel il laisse un héritage incontournable dans le domaine des nébuleuses. Si Hubble permet de faire des zooms profonds de la voûte céleste, le télescope Euclid est davantage conçu pour en observer de larges pans. Ces deux bijoux de technologie sont complémentaires ; Hubble peut ainsi livrer une image agrandie d’une portion d’image prise par Euclid.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-hubble-euclid-font-equipe-reveler-secrets-spectaculaire-nebuleuse-%C5%93il-chat-132589/

1 mars 2026

Le ciel du mois : Mars 2026

 

Evénements

La NASA rencontre des problèmes récurrents de fuite d’hydrogène sur les conduites de remplissage des réservoirs de la fusée SLS qui doit décoller pour effectuer une orbite autour de la Lune au titre de la mission Artemis II. Les créneaux de février ont été annulés, puis ceux de mars suite à la découverte d’un défaut sur le circuit de pressurisation des réservoirs à l’hélium. Comme il a fallu ramener la fusée dans le hall d’assemblage pour réparer, le lancement a été repoussé au 1er avril au plus tôt.

 

Suite au changement d’une valve défectueuse, la startup allemande ISAR Aerospace a finalement reporté au 19 mars le deuxième vol d'essai de sa fusée Spectrum, depuis le pas de tir d’Andoya en Norvège. Le lanceur de 58 t au décollage, propulsé par 9 moteurs Aquila fonctionnant au propane/oxygène liquide, doit être capable de placer une charge utile de 1000 kg en orbite basse (800 kg en orbite polaire). Pour cet essai, la fusée emmènera cinq Cubesats en passager afin d’effectuer des expériences à but éducatif.

 

Le douzième vol d’essai du vaisseau Starship propulsé par le premier étage Super-Heavy est programmé en fin de mois par SpaceX. L’ensemble est dans une nouvelle version « block 3 » avec des moteurs Raptor 20% plus puissants, des réservoirs plus grands (+300 t de carburant) et une capacité de ravitaillement en orbite, laquelle ne sera pas testée cette fois-ci. Le profil de vol sub-orbital devrait être similaire aux essais précédents, avec un atterrissage contrôlé du vaisseau dans l’Océan Indien.

 

 

 

Le lanceur lourd Blue Origin/New Glenn doit toujours effectuer son troisième vol ce mois-ci, après plusieurs reports depuis janvier. Celui-ci n’emportera pas l’atterrisseur lunaire Blue Moon comme annoncé initialement, mais un satellite de communication (AST Mobile/ BlueBird Block 2) de 6 tonnes qui sera placé en orbite basse. Le premier étage de la fusée, qui avait déjà été utilisé lors du vol précédent en novembre 2025, doit être récupéré en atterrissant à nouveau sur une barge au large des côtes de Floride.

 

L'association française d'astronomie organise la « nuit de l’équinoxe » samedi 21 mars, à laquelle participent de nombreux clubs en accueillant le public dans les observatoires. Plus d’information sur https://www.afastronomie.fr/nuits-equinoxe

 

Ephémérides

 

 

 

Une éclipse totale de Lune se produira le 3 mars mais notre astre nocturne sera aux antipodes de l’Europe pendant tout le phénomène, visible seulement depuis l’Océan Pacifique.

Le 20 mars à 14h46 TU marquera l’équinoxe de printemps dans l’hémisphère nord ; le Soleil est alors sur le point vernal, intersection entre l’équateur céleste et le plan de l’écliptique. Ce jour-là pour tous les observateurs terrestres le Soleil se lève exactement à l’est, se déplace dans le ciel sur l’équateur céleste et se couche plein ouest.

L’écart entre le lever et le coucher du Soleil est alors de douze heures en tout point du globe. En réalité le jour est un peu plus long que la nuit puisque l’obscurité disparaît environ une demi-heure avant le lever du Soleil, et revient seulement une demi-heure après son coucher. D’autre part, grâce à la réfraction atmosphérique, nous gagnons deux minutes de visibilité du Soleil au lever et au coucher.

Un observateur situé au pôle nord ou sud voit notre astre du jour posé sur l’horizon faire un tour complet de ce dernier pendant 24h.

L’article « Quand débute le printemps exactement » explique pourquoi l’équinoxe ne tombe pas tous les ans chaque fois à la même date dans notre calendrier, lequel a dû être ajusté au XVIe siècle pour éviter une dérive trop rapide par rapport aux saisons.

 

Le Soleil connaît un pic d’activité selon un cycle de onze ans, qui correspond à l’inversion régulière de ses pôles magnétiques. Le dernier pic est passé fin 2025 mais la probabilité d’observer des taches solaires et des aurores boréales sur Terre est toujours élevée. Par ailleurs, une étude statistique sur 80 ans a montré que les aurores étaient deux fois plus fréquentes pendant les semaines autour des équinoxes que le reste de l’année, en raison d’une orientation de la ligne des pôles terrestres plus favorable à la pénétration des particules du vent solaire dans la haute atmosphère.

 

La position verticale de l’écliptique le soir quelques semaines autour de l'équinoxe de printemps favorise la perception de la lumière zodiacale à l’Ouest entre 1h et 2h après le coucher du Soleil : il s’agit d’un disque de poussières dans ce plan qui diffuse la lumière de notre astre. Il faut un ciel très pur exempt de pollution lumineuse ; on choisira la période du 5 au 20 mars quand la Lune est absente en début de soirée.

Le 7 mars, Vénus ne sera qu’à 0,1° de Neptune puis à 0,9° de Saturne le lendemain. Si la météo le permet, cette conjonction pourra être observée peu après le coucher du Soleil, très bas sur l’horizon ouest. Mercure réapparaîtra à l’est dans le ciel du matin en fin de mois.

Jupiter sera toujours bien placé, passant le méridien très haut dans le ciel vers 20h. Le 17 mars vers 22h30, les lunes Callisto et Io pourront être observées devant le disque de la planète, ainsi que l’ombre de Io sur la surface de cette dernière.

La planète Jupiter photographiée le 25/02/2026

 

Mars ne sera toujours pas visible ; la planète rouge passera au périhélie le 26 mars à 1,38 UA du Soleil. Uranus dans le Taureau se couchera à l’ouest vers 23h30.

Le 29 mars, la Lune gibbeuse croissante occultera l’étoile brillante Régulus dans le Lion, de 20h21 à 21h36. Les deux astres seront à une hauteur de 45° au-dessus de l’horizon sud-est. C’est une bonne occasion de vérifier que la Lune se déplace vers l’est environ d’un diamètre toutes les heures par rapport au fond de ciel étoilé.

 

La constellation de la Couronne Boréale réapparaît le soir au nord-est ; il faut continuer de surveiller l’étoile variable cataclysmique T Crb  dont la magnitude passe de 10 à 2 tous les 80 ans environ : plus de détails dans l’article « La Couronne Boréale et ses étoiles variables atypiques ».

 

 

La comète C/2024 E1 (Wierzchos) est passée au plus près de la Terre le 17 février dernier, à 1,3 UA (200 millions de km) de notre planète. Découverte en mars 2024 par l’astronome polonais Kacper Wierchos, celle-ci a alors atteint sa luminosité maximum correspondant à une magnitude de 8. Se déplaçant dans la constellation de l’Eridan, et pour tenir compte de la présence de la Lune en début de mois, cette comète ne sera observable qu’à partir du 7 mars depuis l’Europe en début de nuit, assez bas sur l’horizon sud-ouest. La comète montera progressivement dans le ciel chaque nuit, franchissant l’équateur céleste le 14 mars, mais sa magnitude passera de 9 à 11 au cours du mois.

 

Observation / les objets du mois

 

La Grande Ourse est visible toute l’année depuis la France métropolitaine mais c’est entre mars et juin qu’elle apparaît bien haut dans le ciel en début de nuit. Cette constellation très étendue contient un grand nombre de galaxies dont certaines sont très remarquables.

Les galaxies M81 et M82 découvertes en 1774 par l’astronome allemand Johann Elert Bode au dessus du chariot de la Grande Ourse sont faciles à trouver, avec une magnitude de 7. Situées à 12 millions d’AL, elles font partie d’un groupe de 40 galaxies. M82 (à gauche sur la photo) est vue sur la tranche, elle a été déformée par l’interaction avec sa voisine ; le cœur de celle-ci constitue un environnement très dense de haute énergie dans lequel les étoiles se forment à un rythme 10 fois supérieur à celui de notre Voie lactée.

 

Dans la partie inférieure du rectangle de la grande Ourse nous trouvons deux petits objets à moins d’un degré d’écart : la nébuleuse de la chouette M97 et la « galaxie de la planche de surf » M108.

M97 est une nébuleuse planétaire découverte en 1781 par Pierre Méchain. Située à 2400 AL, celle-ci résulte de l’explosion d’une étoile comparable à notre Soleil il y a 6000 ans. Le diamètre du nuage de gaz est de 3 minutes d’arc ; sa forme de sphère aplatie aux pôles engendre deux taches sombres caractéristiques de cet objet.

 

M108 est une galaxie spirale barrée un peu moins étendue que notre voie lactée, à 32 millions d’AL. Elle est vue par la tranche, d’où cet aspect allongé qui lui a valu son surnom. Ses dimensions sont de 8 x 2 minutes d’arc.

Crédit : NOAO/AURA/NSF

 

Quelques degrés au sud du chariot de la Grande Ourse, la galaxie spirale NGC3718 est appréciée des astrophotographes. Vue sur la tranche, elle apparaît coupée en deux par une traînée de poussières colorées ; ses dimensions sont de 8 x 4 minutes d’arc. Elle est en interaction avec la galaxie NGC3729 en arrière-plan à gauche. Les deux galaxies ont été découvertes par William Herschel en 1789 ; leurs distances sont respectivement de 50 et 60 millions d’AL. Le groupe de cinq petites galaxies en-dessous de NGC3718 est catalogué sous le nom de Hickson 56, à 425 millions d'AL.

 

A un demi-degré de l’étoile Phecda (la roue avant du chariot), la galaxie M109 découverte aussi par Pierre Méchain est aussi une belle galaxie spirale barrée, d’un diamètre de 7 minutes d’arc. Son cœur renferme un trou noir supermassif de 20 millions de masses solaires, donc cinq fois plus gros que celui qui occupe le centre de notre voie lactée. Située à 67 millions d’AL, M109 est la plus brillante d'un groupe d’une quarantaine de galaxies qui porte son nom.

 

A mi-chemin entre les étoiles Phecda et Chara (b CVn) dans les chiens de chasse, la belle galaxie spirale M106 est assez brillante (mag 8,4) et de bonne taille (18’ x 7’). Découverte par Méchain en 1781, elle a été ajoutée tardivement au catalogue Messier. On distingue la galaxie irrégulière NGC4248 au-dessus, un peu plus loin à 33 millions d’AL.

 

6° au sud de l’étoile double Cor Caroli, la galaxie de la baleine NGC4631 est une galaxie spirale barrée vue par la tranche, à 17 millions d’AL environ. Elle a été découverte par l'astronome germano-britannique William Herschel en 1787. Les interactions avec la petite galaxie NGC4627 au-dessus et la galaxie du crochet NGC4656 à gauche engendrent l’apparition de nombreuses jeunes étoiles très brillantes. Ses dimensions sont de 16 x 3 minutes d’arc.

 

 

La constellation du Lion, bien visible au printemps, comporte plusieurs objets assez faciles à observer.

 

Régulus (mag. 1,4) est un système multiple composé de deux étoiles doubles spectroscopiques, à 79 AL. La composante principale Régulus A est une étoile de 3,4 masses solaires, très chaude (15000°K) et en rotation rapide sur elle-même (1 tour en 14h), ce qui lui donne une forme aplatie aux pôles. Située quasiment sur l’écliptique, elle est régulièrement occultée par la Lune ou par les planètes.

A 20’ de Régulus, mais beaucoup plus loin à 800 000 AL, la galaxie naine Leo I (UGC 5470) orbite lentement autour de notre voie lactée. Elle apparaît comme une petite tache ovale à côté de l’étoile ; son diamètre est de 9 minutes d’arc.

 

Une autre galaxie naine satellite Leo II (UGC 6253), un peu plus grande, se trouve 1,5° au-dessus de l’étoile Zosma (d leonis). Ces deux galaxies naines du Lion ont été découvertes en 1950 par les astronomes américains Harrington et Wilson.

 

Le triplet du Lion M65, M66 et NGC3628 rassemble trois galaxies spirales de magnitudes 9 environ, dans un champ de 0,5°. Elles font partie d’un même groupe situé à 35 millions d’AL.

 

Un quintuplet de galaxies M95, M96, M104, NGC3384 et NGC3389 se trouve un peu plus à l’ouest, toujours dans la constellation du Lion. M96 est une galaxie de Seyfert, avec un trou noir supermassif en son centre de 30 millions de masses solaires.

Devant la tête du Lion, la galaxie NGC 2903 à 26 millions d’AL est aussi une galaxie spirale barrée avec une forme bien marquée, d’une taille comparable à la voie lactée. Ses dimensions sont de 12 x 6 minutes d’arc.

 

La nébuleuse planétaire NGC 3242 "Fantôme de Jupiter" dans l'Hydre femelle découverte par Herschel en 1785 est située à 1400 AL de notre système. Ce nuage de gaz résulte de la fin de vie d’une géante rouge dont il reste une naine blanche au centre de la nébuleuse. Les deux lobes rouges de part et d'autre ont une origine indéterminée. Le diamètre apparent d'une minute d'arc et la magnitude 7,7 nécessitent un instrument de grande focale.

Crédit NASA / télescope Hubble

 

Enfin n’oublions pas les étoiles doubles remarquables comme Iota du Cancer, Mizar dans la Grande Ourse, Algieba « la crinière du Lion ».

Mizar (magnitude 2,2) est accompagné par Alcor (magnitude 4) à 10 minutes d’arc, ces deux systèmes sont faiblement liés par la gravitation. Galilée a été le premier à signaler une deuxième composante de Mizar à 14 secondes d’arc, de magnitude 3,9. En fait chacune des composantes est une étoile double spectroscopique ce qui en fait un système sextuple.

Algieba présente deux composantes orangées séparées de 4,4 secondes d'arc, de magnitudes respectives 2,6 et 3,8 et situées à 126 AL. Ce sont des géantes de diamètres 23x et 10x celui du Soleil ; elles sont distantes de 170 UA (quatre fois la distance entre Pluton et le Soleil) et présentent une période orbitale de 619 ans.

Bon ciel à tous !

 

Sauf mention contraire, les photos de la rubrique « observation » ont été réalisées par l'auteur. Retrouvez-les dans la galerie, avec les paramètres de prise de vue et un commentaire.

27 février 2026

Revue de presse du 27 février 2026

L’apport du JWST dans la recherche de planètes extrasolaires

En juin 2025 la télescope spatial James Webb découvrait sa première exoplanète, TWA 7b (planète extrasolaire la plus légère observée par imagerie directe). Cette découverte illustre les performances exceptionnelles du JWST et marque une avancée dans la recherche de nouveaux mondes. Retour sur cette découverte avec Anna-Marie Lagrange, directrice de recherche au CNRS au Laboratoire d’Instrumentation et de Recherche (LIRA, Observatoire de Paris) et professeure attachée à l’Université PSL.

https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/espace/comment-le-telescope-spatial-james-webb-a-t-il-decouvert-sa-premiere-exoplanete/?utm_source=brevo&utm_campaign=newsletter195&utm_medium=email&utm_id=127

 

Retour dans le bâtiment d’assemblage pour le Space Launch System (SLS)

Lors de la dernière répétition générale sur le pas de tir, plusieurs anomalies sur le lanceur ont été détectées. Ne pouvant être réparées sur place, le SLS est retourné dans le bâtiment d’assemblage. En plus de résoudre les problèmes techniques, les équipes vont en profiter pour effectuer une opération de maintenance du système d’arrêt de vol. Pour l’instant la NASA n’a pas donné de nouvelle date pour le lancement de la mission Artemis II.

https://reves-d-espace.com/artemis-ii-le-sls-de-retour-au-batiment-dassemblage-lanceur-pour-reparations-et-maintenance/

Le SLS d’Artemis II de retour au bâtiment d’assemblage de véhicules (VAB) du Kennedy Space Center de la NASA en Floride le mercredi 25 février 2026 (crédit : NASA//Cory Huston)

ALMA dévoile le cœur de notre galaxie

Les régions centrales de notre galaxie recèlent de nombreux nuages moléculaires denses, froids et poussiéreux, mais dont l’observation est difficile dans le domaine du visible. La radioastronomie permet de contourner cet obstacle. Le réseau ALMA vient de produire l’image la plus vaste et la plus précise obtenue à ce jour. Pour les scientifiques il s’agit-là du plus vaste laboratoire astrophysique. Les études réalisées vont permettre de mieux appréhender les phénomènes au sein des noyaux actifs de galaxies.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/voie-lactee-cest-plus-grande-image-jamais-produite-alma-coeur-chaotique-voie-lactee-devoile-enfin-131630/

Un trou noir à effondrement direct identifié au sein de M 31

Les étoiles massives finissent en général par exploser en supernova avant de former un trou noir. Cependant, il est théorisé depuis les années 1970 que les étoiles massives peuvent s’effondrer directement en trou noir sans passer par une explosion en supernova. Les preuves observationnelles sont rares à ce jour. Une équipe co-dirigée par l’université de Columbia affirme avoir identifié l’un de ces trous noirs à effondrement direct dans la galaxie d’Andromède.

https://trustmyscience.com/elle-jamais-transformee-supernova-etoile-seffondre-directement-trou-noir/

L'image montre une épaisse enveloppe de gaz et de poussière (en rouge) expulsée des couches externes d'une étoile lors de l'effondrement de son cœur en un trou noir. Les régions internes révèlent une boule de gaz incandescent (en blanc) qui continue de tomber dans le trou noir central. | Keith Miller, Caltech/IPAC – SELab

Le télescope Vera C Rubin : une nouvelle dimension pour l’astronomie

Le ciel nocturne n’est jamais exactement le même. Les phénomènes peuvent être parfois infimes, éphémères ou plus spectaculaires et durables. Leur détection nourrit la recherche astrophysique. Le système d’alerte du nouvel observatoire Vera C Rubin couplé à un système de traitement et d’orchestration des données ouvre de nouvelles perspectives pour l’astronomie.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/observatoire-vera-c-rubin-jamais-telescope-navait-lance-autant-alertes-cosmiques-seule-nuit-cest-rupture-historique-131737/

© Observatoire Vera C. Rubin (NSF-DOE)/NOIRLab/SLAC/AURA/P. Marenfeld/J. Pinto

Champ magnétique de la Lune : ce que révèlent les roches collectées lors des missions Apollo

Les mesures et observations contemporaines montrent que la Lune ne possède pas de magnétosphère globale. Cependant les roches ramenées lors des missions Apollo révèlent qu’entre 3.5 et 3.8 milliards d’années, la Lune a bien possédé un champ magnétique mais ce dernier était d’intensité différente selon les échantillons. Une nouvelle étude parue dans Nature géoscience avance un scénario pour expliquer ces observations.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/espace-on-trompes-champ-magnetique-lune-depuis-apollo-voici-ce-quon-vient-comprendre-131774/

 

Pic d’activité solaire, et après ?

Alors que le cycle 25 d’activité solaire vient de franchir son pic d’activité, le Soleil a présenté ces derniers jours une surface totalement dépourvue de taches, et ce pendant trois jours consécutifs. Une première depuis 4 ans. Comment les physiciens solaires interprètent-ils ce phénomène ?

https://sciencepost.fr/le-soleil-vient-de-seteindre-pendant-72-heures-lanomalie-que-les-astronomes-navaient-pas-vue-depuis-4-ans/

Crédit : NASA/SDO/HMI

22 février 2026

Quand débute le printemps exactement ?

 

Le printemps commence au moment de l’équinoxe de printemps, quand le Soleil franchit le plan de l’équateur vers le nord ou vers le sud en fonction de l’hémisphère concerné. A cette date, pour tous les observateurs terrestres, notre astre se lève exactement à l’est et se couche à l’ouest. Le jour et la nuit durent 12h en tout point du globe, et non seulement sur l’équateur où c’est le cas toute l’année (voir l’article de ce blog sur la durée du jour).

Cependant, nous pouvons constater que les équinoxes ne tombent pas toujours le même jour à la même heure chaque année. Or ces dates sont importantes puisqu’elles déterminent le début des saisons, les travaux agricoles associés, un certain nombre de fêtes religieuses… Pour les astronomes et les navigateurs, la position du Soleil au moment de l’équinoxe de printemps sert de référence aux mesures de position des astres. Enfin La durée entre deux équinoxes de même type définit l’année tropique, sur laquelle les calendriers doivent se caler pour rester en phase avec les saisons. Essayons d’expliquer l’origine de ces variations.

Les mouvements de la Terre autour du Soleil sont décrits en détail dans un article dédié de ce blog. En raison de la précession de l’axe de rotation de la Terre qui décrit un cône tous les 25769 ans, le plan de l’équateur incliné de 23° 26’ sur le plan de révolution autour du Soleil (l’écliptique) pivote à la même vitesse. La droite qui matérialise l’intersection de ces deux plans, appelée ligne des équinoxes, tourne sur l’écliptique dans le sens indirect d’un angle de 1°23’ par siècle : l’équinoxe avance chaque année de 20 mn environ. L’année tropique de 365,242190 jours est donc légèrement plus courte que l’année sidérale qui correspond à un tour complet (360°) autour du Soleil, par rapport aux étoiles lointaines. Cette dernière vaut 365,256363 jours.

La précession des équinoxes a été mise en évidence et mesurée par l'astronome grec Hipparque en 130 avant JC.

 

 

En 46 avant JC, Jules César a unifié le calendrier dans tout l’empire romain en adoptant les douze mois que nous connaissons, avec un début d’année le 1er janvier et un mois de février augmenté d’un jour tous les quatre ans.

Dans le calendrier julien de 365,25 jours par année, il résultait cependant une avance des équinoxes de 12 mn par an en moyenne, soit de 0,78 jour par siècle. Au XVIe siècle, l’avance atteignait dix jours et le calendrier des fêtes religieuses n’était plus en phase avec les saisons. Sur les conseils des astronomes, le pape Grégoire XIII  réforma le calendrier en 1582 de la manière suivante :

  • rattrapage de 10 jours calendaires ; ainsi le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 fut le vendredi 15 octobre,
  • suppression du caractère bissextile des années séculaires sauf quand elles sont divisibles par 400.

Le calendrier grégorien définit en conséquence une durée moyenne de l'année de 365 + 1/4 -3/400 = 365,2425 jours, plus proche de l'année tropique. Il faut noter que ce calendrier a été adopté très progressivement en Europe, et que l’Eglise orthodoxe utilise toujours le calendrier julien pour le calcul de ses fêtes religieuses.

Les erreurs d’arrondis, rattrapées par l’ajout d’un jour les années bissextiles puis par la correction séculaire, sont la principale cause des variations de date des équinoxes dans le calendrier.

Aujourd’hui l'heure de chaque équinoxe dans notre calendrier retarde d'environ 5h 48mn chaque année puis avance de 18h 12mn les années bissextiles (en moyenne). Il reste donc une avance quadriennale de 48 mn environ, compensée par l'absence d'année bissextile les années séculaires. Ainsi, l’équinoxe de printemps tombera le 20 ou le 19 mars jusqu’à la fin du XXIe siècle, avant de revenir au 21 mars en 2102.

 

Notons que la date de Pâques ne suit pas la même variation. En effet, depuis le concile de Nicée en 325 après JC, celle-ci est définie comme « le dimanche qui suit le quatorzième jour de la Lune qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après ». Ce libellé ne fait pas directement référence à l’équinoxe de printemps ; d’autre part l’âge de la Lune est le résultat d’un calcul (comput ecclésiastique). La date de Pâques fixée par le Vatican est toujours comprise entre le 22 mars et le 25 avril inclus.

Nous avons vu que la précession des équinoxes fait tourner la voûte céleste d’un angle de 1°23’ par siècle, et déplace le pôle autour de la perpendiculaire au plan de l’écliptique. Comme le calendrier est calé sur l’année tropique et non sur l'année sidérale, la configuration du ciel à une date donnée change lentement. Ainsi, dans l’Egypte ancienne, le lever héliaque (en même temps que le lever de Soleil) de l’étoile très brillante Sirius se produisait fin juin peu après le solstice, annonçant la crue annuelle du Nil et les fortes chaleurs. Au passage, le mot canicule vient de l’appartenance de Sirius à la constellation du Grand Chien (Canis Major). Aujourd’hui, la crue du Nil arrive toujours fin juin mais ce lever héliaque de Sirius se produit début août.

De même les signes du Zodiaque définis par les Babyloniens à partir de la position du Soleil au cours de l’année dans les constellations sur l’écliptique, ne correspondent plus aux dates du calendrier actuel : à l’anniversaire d’une personne née sous le signe des Poissons (19 février au 20 mars), le Soleil se trouve aujourd’hui dans la constellation du Verseau.

 

La correction du calendrier grégorien n'est pas parfaite : les dates des saisons se décalent encore en avance d'un jour tous les 1/(365,2425 - 365,24219) = 3220 ans environ. Avec la mesure précise que nous avons aujourd’hui de la durée de l’année tropique, il serait plus judicieux de conserver le caractère bissextile des années séculaires divisibles par 500 et non 400 : une correction ne serait alors nécessaire que tous les 5260 ans.

Il faut signaler la précision du calendrier persan défini au XIe siècle sur les instructions du poète-astronome Omar Khayyam, toujours en vigueur aujourd’hui en Iran et en Afghanistan. Ce calendrier prévoit 8 années bissextiles par cycle de 33 ans ce qui le place plus près de l’année tropique que le calendrier grégorien, élaboré 500 ans plus tard ! On peut saluer le niveau de connaissances remarquable des astronomes orientaux de l’époque, héritiers des savants grecs dont les travaux ont été longtemps conservés à la bibliothèque d'Alexandrie.

Plus de détail sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier_persan

Il n’est pas utile de chercher une formule applicable sur plus de quelques milliers d’années car les paramètres du mouvement de la Terre ne sont pas constants. En raison d’une accélération de la précession des équinoxes, la durée de l’année tropique se raccourcit actuellement de 0,0053 s par an. Cela engendre un décalage par rapport à un calendrier fixe d’un jour d’avance au bout de 5710 ans, lequel accentue l’erreur du calendrier grégorien.

En effet, le décalage au bout de n années se cumule et vaut 0,0053 x (1 + 2 + 3 + … + n) = 0,0053 x n.(n+1)/2 secondes. Pour atteindre un décalage d’une journée, il faut que 0,0053 x n.(n+1)/2 = 24 x 3600 ; c’est une équation du 2e degré dont la solution positive est n = (-1 + racine(1+4.2.24.3600/0,0053))/2 = 5709,97.

D’autre part, à cause de la dissipation d’énergie due aux marées, la rotation terrestre ralentit : la durée d’une journée s’allonge de 1,3 ms par siècle en moyenne. Un calcul similaire au cas ci-dessus montre que le retard par rapport aux équinoxes atteint un jour au bout de 6035 ans. Il s’ajoute donc à l’effet précédent.

20 février 2026

Revue de presse du 20 février 2026

Origine de la vie : ces résultats d’analyse bousculent les théories classiques

De nouveaux résultats des analyses d'échantillons de l’astéroïde Bennu bousculent nos idées sur l’environnement et les conditions propices à l’émergence de la vie. Comme l’explique Allison Baczynski, professeure adjoint de recherche en géosciences à l’université de Penn State et coauteure de l’étude : « nos résultats bouleversent notre compréhension de la formation des acides aminés dans les astéroïdes. Il apparaît désormais que ces éléments constitutifs de la vie peuvent se former dans de nombreuses conditions et pas seulement en présence d’eau liquide chaude. »

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/origine-vie-origine-vie-indices-venus-espace-bousculent-theories-classiques-131250/

 © Nasa Goddard, CI Lab, Dan Gallagher

Le débat sur l’origine du système saturnien relancé

Une étude récente menée par l’institut Seti relance le débat sur l’origine de Titan et des anneaux de Saturne. Les travaux, basés sur les observations réalisées par la mission Cassini-Huygens, ont conduit les chercheurs à revoir le modèle de précession de la planète, qu’ils pensaient jusque-là influencé par Neptune.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/saturne-collision-geante-aurait-donne-naissance-titan-change-saturne-toujours-131283/

Photographie prise par la sonde Cassini : la lune Titan vue à travers les anneaux de Saturne. © Nasa, JPL, Space Science Institute

L’évaporation des trous noirs ne serait pas inéluctable

Les travaux d’une équipe internationale viennent préciser le modèle selon lequel le rayonnement de Hawking conduit à l’évaporation des petits trous noirs. Cependant cette théorie reposait sur un objet s’évaporant dans le vide froid. Or l’Univers naissant n’était pas vide mais saturé d’un rayonnement thermique intense. En intégrant ce paramètre les scientifiques découvrent un mécanisme par lequel l’évaporation du trou noir est « gelée ». Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche sur la matière noire ainsi que la détection d’ondes gravitationnelles issues de ces objets.

https://sciencepost.fr/le-casse-du-siecle-a-eu-lieu-pendant-le-big-bang-comment-des-micro-trous-noirs-ont-vole-lenergie-de-lunivers-pour-eviter-lexecution/

Crédit : NASA, ESA, CSA, STScI

La pollution atmosphérique d’une fusée Space X mesurée pour la première fois

En février 2025 la rentrée incontrôlée d’un étage d’une fusée Space X a donné lieu à des mesures directes sur la pollution atmosphérique. Jusqu’ici l’impact des débris spatiaux n’étaient évalués qu’à partir des morceaux retombés au sol. Ces observations donnent un aperçu de la manière dont les lancements spatiaux peuvent impacter la haute atmosphère. Des études supplémentaires associées à davantage de modélisation chimique seront nécessaires pour évaluer les effets à long terme de ces nouveaux polluants.

https://trustmyscience.com/pour-premiere-fois-pollution-atmospherique-fusee-spacex-mesuree/

Photo prise avec un temps de pose de 30 secondes depuis Collm, en Saxe, montrant l'étage supérieur du Falcon 9 rentrant dans l'atmosphère au-dessus de Berlin, en Allemagne, le 19 février 2025. Le corps de la fusée est déjà brisé en plusieurs morceaux. | Gerd Baumgarten

Des tunnels gigantesques sous la surface de Vénus

L’épaisse couche nuageuse d’acide sulfurique rend l’observation de Vénus difficile depuis la Terre. Trente ans après la mission Magellan l’exploitation des données radar avec nos instruments actuels révèlent une anomalie près du volcan Nux Mons.

https://sciencepost.fr/venus-un-tunnel-de-lave-aux-dimensions-titanesques-brise-le-silence-de-trente-ans-de-mystere-spatial/

Crédit : RSLab, Université de Trente - Illustration de la grotte détectée sous la surface de Vénus.

13 février 2026

Revue de presse du 13 février 2026

Le monde quantique a-t-il une limite ?

Les propriétés quantiques s’appliquent en principe au domaine atomique et subatomique. Au-delà de quelques atomes on pensait que les règles classiques de la physique devenaient prépondérantes. Des physiciens sont parvenus à créer la plus grande superposition quantique jamais observée avec 7 000 atomes de sodium. L’expérience décrite dans la revue Nature ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine de la biologie.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mecanique-quantique-monde-quantique-ne-arrete-pas-particules-plus-petites-130534/

© Marek Pavli, Unspalsh

Quel avenir pour l’ISS ?

Alors que la NASA a annoncé la fin des vols habités vers l’ISS en 2030 et qu’un plan de désorbitation est prévu, des voix s’élèvent pour étudier d’autres possibilités. Un comité du Congrès américain a voté un amendement, qui n’a pas encore été complètement approuvé, pour ré-examiner la situation du plus célèbre laboratoire du monde.

https://www.numerama.com/sciences/2176677-et-si-on-gardait-liss-juste-au-cas-ou.html

NASA / Unsplash

Cet échantillon de roches trouvé sur Mars constitue-t-il une biosignature ?

En mars dernier Curiosity a détecté dans le cratère de Gale une roche contenant des composés carbonés en grande quantité, laquelle constitue un des plus grands échantillons contenant de la matière organique. Mais cela en fait-il pour autant une biosignature ? Les capacités d’analyse du rover ne sont pas suffisantes pour trancher la question. Cependant des chercheurs de la NASA ainsi que l’exobiologiste française Caroline Freissinet ont tenté de trouver des réponses. Leurs travaux ont été publiés dans la revue scientifique Astrobiology.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-mars-donnees-ce-rover-nasa-ne-laissent-plus-quune-explication-possible-131090/

Le cratère de Gale. © Nasa, JPL

Grosse planète ou petite étoile ?

La frontière entre planète et étoile peut être fine pour certains astres. Ainsi le système HR 8799, situé à 133 années-lumière de la Terre, se compose de planètes entre cinq et dix fois plus massives que Jupiter. Des planétologues de plusieurs universités américaines ont cherché à comprendre comment se forment ces corps.

https://www.numerama.com/sciences/2177473-ces-planetes-sont-si-grosses-quon-a-cru-quelles-nen-etaient-pas.html

 

Un pas de plus vers la Lune

Dans sa course vers la Lune la Chine franchit les étapes les unes après les autres. Ce 11 février elle a procédé à un test d’évacuation d’urgence de son nouveau vaisseau Mengzhou. Elle a par ailleurs testé la récupération contrôlée du premier étage de son lanceur Long March 10A.

https://reves-d-espace.com/la-chine-valide-ejection-et-amerrissage-vaisseau-mengzhou-et-teste-la-long-march-10a/

La relativité générale s’applique aussi aux exoplanètes !

Avec plus de 7 000 exoplanètes détectées dans la Voie Lactée, on peut avoir le sentiment que leur présence autour d’étoiles est la règle commune. Mais qu’en est-il dans les systèmes binaires ? Les orbites planétaires peuvent-elles être stables ? Des chercheurs de l’université de Berkeley apportent des éléments de réponse.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-einstein-avait-donne-cle-enigme-exoplanetes-tatooines-star-wars-130931/

Explication détaillée du phénomène par lequel les planètes orbitant autour d'une étoile double finissent par adopter une orbite instable et disparaître du système. © Mohammad Farhat, UC Berkeley

Ce système planétaire ne s’est pas formé comme les autres

Le satellite CHEOPS de l’ESA a découvert un système planétaire autour d’une naine rouge de type M, moins chaude et moins lumineuse que notre Soleil. Son étude révèle « un système à l’envers avec une succession de planètes rocheuses, gazeuses, puis de nouveau rocheuses. »

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exoplanetes-telescope-spatial-decouvert-systeme-planetaire-envers-retourne-nos-theories-131132/

Vue d'artiste du système planétaire autour de l'étoile LHS 1903. © ESA

1er vol réussi pour la version 4 boosters d’Ariane 6 !

Ce 12 février la fusée Ariane 6 équipée de quatre boosters s’est élancée depuis le Centre spatial guyanais. Un décollage et un vol nominal suivis par une mise en orbite réussie pour les 32 satellites de la constellation d’Amazon. Cette configuration à quatre propulseurs double les performances de la fusée.

https://www.esa.int/Newsroom/Press_Releases/Plus_de_propulseurs_plus_de_puissance_Ariane_6_decolle_pour_la_premiere_fois_avec_quatre_boosters

C’est parti pour 30 heures de voyage !

La Falcon 9 de SpaceX s’est élancée ce vendredi 13 février de Cap Canaveral vers l'ISS avec à son bord l’équipage de la mission Crew 12. Sophie Adenot et ses trois autres coéquipiers atteindront la station dans une trentaine d’heures : l'amarrage est prévu pour samedi 14 février à 21 h 15 (heure de Paris).

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/sophie-adenot-decollage-reussi-sophie-adenot-mais-pas-encore-arrivee-ces-30-heures-cruciales-avant-amarrage-131264/

12 février 2026

La Terre autour du Soleil

 

Le mouvement propre de la Terre ainsi que sa trajectoire autour du Soleil ont une influence considérable sur notre quotidien : marées, saisons, calendrier, évolution du climat… Il est utile d’en connaître les caractéristiques pour comprendre ces phénomènes qui sont étudiés par les astronomes depuis l’antiquité. Par ailleurs, nous allons aussi voir comment les variations limitées de ces mouvements ont été favorables à l’apparition de la Vie puis à son développement.

 

La Terre s’est formée il y a 5,4 milliards d’années au sein du disque de gaz et de poussières qui entourait notre jeune Soleil. C’est aujourd’hui approximativement une sphère de rayon moyen égal à 6371 km et d’une masse de 5,97.1024 kg. Sa densité moyenne de 5515 kg/m3 est la plus élevée de toutes les planètes.

La Terre tourne autour du Soleil, sa trajectoire est une ellipse quasiment circulaire dont le barycentre Terre-Soleil occupe un foyer. Comme la masse de la Terre est très faible par rapport à celle du Soleil, on peut considérer que le centre de ce dernier est confondu avec le centre de gravité des deux corps. Cette orbite définit un plan appelé plan de l’écliptique qui contient la Terre et le Soleil.

L’axe de rotation terrestre est incliné de 23° 26’ sur ce plan : cette inclinaison, ou obliquité, est responsable des saisons. Elle a été mesurée par le savant grec Erathostène en 200 avant notre ère ; celui-ci a aussi calculé la circonférence de la Terre avec une remarquable précision.

 

 

 

Position de la Terre le jour du solstice d’été dans l’hémisphère nord : le Soleil est au zénith à midi sur le tropique du Cancer, et ne se couche pas pour les lieux au-delà du cercle polaire arctique.

La durée du jour varie avec les saisons et la latitude du lieu de l’observateur ; le calcul en est explicité dans cet article dédié.

Une valeur d’inclinaison modérée combinée à une vitesse de rotation suffisamment élevée favorise la répartition de la chaleur reçue du Soleil. On pourra comparer les valeurs concernant les différentes planètes avec le tableau mentionné dans l'article sur « le système solaire ».

Sous l’action des autres planètes (notamment Jupiter et Saturne), l’obliquité de l’axe terrestre oscille entre 22° 2′ 33″ et 24° 30′ 16″ avec une période de 41000 ans. La Lune stabilise ces oscillations, elle induit par ailleurs des petits mouvements de nutation en obliquité et en longitude d’amplitude 9 secondes d'arc et de période 18,6 ans. Cette durée est en effet la période de précession de l’orbite lunaire, inclinée de 5° 08’ sur le plan de l’écliptique (voir la page sur les mouvements de la Lune).

Les effets de marée induisent un ralentissement de la rotation terrestre de 1,3 ms par siècle en moyenne. Cela paraît très faible mais à l’époque des dinosaures il y a 200 millions d’années, la Terre tournait un peu plus vite sur elle-même : les journées ne duraient que 23 h et les années en conséquence comptaient 400 jours. Ces valeurs ont été confirmées par l’analyse des végétaux fossilisés.

 

Précession de l’axe terrestre

La Terre n’est pas parfaitement sphérique, elle est un peu enflée à l’équateur sous l’effet de la force centrifuge de rotation sur elle-même.

Les effets de marée de la Lune et du Soleil sur le bourrelet équatorial induisent un couple de forces qui tendent à ramener l’axe de la Terre près de la perpendiculaire à l’écliptique.

 

La Terre se comporte comme un gyroscope : l’application d’un couple se traduit par un mouvement de bascule de son axe de rotation dans un plan perpendiculaire à la direction des forces, avec une vitesse angulaire proportionnelle au couple exercé. En ajoutant les mouvements de révolution de la Lune autour de la Terre et de la Terre autour du Soleil, cela conduit à une précession de l’axe terrestre qui décrit un cône tout en gardant une inclinaison presque constante sur l’écliptique.

 

Position de l’axe terrestre sur la voûte céleste dans l’hémisphère nord au cours des millénaires.

 

Comme celui d’une toupie, cet axe effectue un tour complet dans le sens inverse de la rotation de la Terre autour du Soleil selon une période de 25 769 années. C’est la précession des équinoxes de 1°23’ par siècle, qui avait été mesurée par l'astronome grec Hipparque en 130 avant JC.

Pourquoi ce terme mentionnant les équinoxes ? Parce que la précession de l’axe des pôles fait aussi tourner le plan de l’équateur qui lui est perpendiculaire, et donc la droite qui matérialise l’intersection de ce dernier avec le plan de l’écliptique. Cette droite issue du centre de la Terre passe par le Soleil deux fois par an au moment des équinoxes : elle est appelée ligne des équinoxes. Elle est utilisée pour définir l’origine des longitudes célestes (voir la définition du point vernal sur la page « coordonnées »).

Chaque année l’équinoxe (le moment où, vu de la Terre, le Soleil coupe le plan de l’équateur) avance de 20 mn 14 s par rapport à la durée de l’année sidérale qui correspond à un tour complet (360°) autour du Soleil, en prenant les étoiles lointaines comme référence. L’écart entre deux équinoxes de même type définit l’année tropique, calée sur les saisons, qui est donc un peu plus courte que l’année sidérale.

Le calendrier julien, défini par Jules César avec une année de 365,25 jours, présentait une différence significative avec la durée de l’année tropique (365,242 190 jours). Il en résultait une dérive importante de 0,78 jour par siècle par rapport aux saisons. En supprimant le caractère bissextile des années séculaires, sauf de celles divisibles par 400, le calendrier grégorien adopté en 1582 a fixé la longueur moyenne de l’année calendaire à 365,2425 jours, plus proche de celle de l’année tropique. Un retard d’un jour tous les 3300 ans subsiste cependant ; voir l’article « Quand débute le printemps exactement ? ».

L’obliquité de l’axe terrestre est actuellement en diminution de 0,46 secondes d’arc par siècle en moyenne, et parallèlement l’année tropique se réduit de 0,53 secondes par siècle.

 

Position du Soleil dans le ciel

Pour un observateur terrestre, le Soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest, comme tous les astres. La hauteur de notre étoile dans le ciel dépend de la latitude du lieu, de la saison et de l’heure. Elle est maximale au passage du méridien nord-sud, autour du midi local. La hauteur de culmination du Soleil vers midi en un point donné se calcule facilement avec la formule approchée suivante, qui suppose un mouvement de révolution circulaire uniforme de notre planète :

hc = 90° - I latitude du lieu I + 23,44 x sin(360 x (date courante – équinoxe printemps)/365).

NB : cet angle sur le méridien nord-sud au-dessus de l’horizon sud ou nord en fonction de l’hémisphère peut dépasser 90° pour les lieux situés entre les deux tropiques.

Voici le résultat au cours de l’année, en fonction de la latitude (hémisphère nord) :

 

En tout point du globe en dehors des zones polaires, l’écart entre les valeurs aux deux solstices sur le méridien nord-sud vaut deux fois l’obliquité, soit 46,9°.

On note que pour la zone comprise entre les deux tropiques, le maximum de hauteur (zénith à 90°) n’est pas atteint le jour du solstice d’été mais est obtenu deux fois, à un même nombre de jours de part et d’autre de cette date. Sur l’équateur, cela se produit aux équinoxes.

 

Cependant, le Soleil ne culmine pas exactement quand notre montre indique midi, même en corrigeant le décalage constant en longitude de l’observateur par rapport au méridien de Greenwich. Il présente un retard ou une avance qui peuvent atteindre 16 mn, en fonction du jour de l’année. Cet écart est expliqué sur la page « l’équation du temps ».

Si l’on prend une photo de la position du Soleil (ou de l’extrémité de l’ombre d’un bâton planté dans le sol) chaque jour à la même heure, on découvre que notre astre décrit au cours de l’année une figure en forme de huit appelée analemme. Elle est identique en tout point du globe terrestre, éventuellement masquée en partie par l’horizon pour les lieux près des pôles. Ses extrémités correspondent aux solstices d’été et d’hiver ; la figure est inclinée si l’on choisit une autre heure de référence que le midi local.

Photos du ciel prises en surimpression avec un filtre solaire tous les 8 jours à la même heure pendant une année depuis un poste fixe

 

La forme de cette courbe dépend de trois paramètres : l’obliquité de l’axe de rotation de la planète, l’excentricité de l’orbite elliptique autour du Soleil et l’angle entre le grand axe de cette ellipse (la ligne des apsides) et la ligne des solstices (perpendiculaire à la ligne des équinoxes).

 

 

Sur une ellipse, la somme des distances d’un point à chacun des foyers est une constante. C’est ainsi que le jardinier trace cette figure, en faisons courir un bâton le long d’un fil dont les extrémités sont attachées à deux piquets représentant les foyers. Si a et b désignent les longueurs des demis-axes de l’ellipse et c la demie-distance entre les foyers, on démontre facilement avec le théorème de Pythagore que c² = a² - b².

L’excentricité (ou « aplatissement ») de l’ellipse est le rapport e = c/a = racine (1-b²/a²). Il varie de 0 (l’ellipse est un cercle) à 1 (l’ellipse tend vers une parabole).

 

Le centre du Soleil occupe un foyer de l’ellipse ; nous voyons sur la figure que la distance au périhélie vaut a-c = a(1-e) et celle à l’aphélie a+c = a(1+e) où a = 149,6 millions de km.

L’excentricité valant actuellement 0,0167, il en résulte une distance Terre-Soleil de 147 millions de km au périhélie et 152 millions à l’aphélie soit une variation de 3,3%.

En toute rigueur, il faudrait tenir compte de la rotation du centre de la Terre autour du barycentre Terre-Lune ;  ces deux points sont distants de 4620 km environ. Selon la position de la Lune, la distance Terre-Soleil augmente ou diminue environ de cette valeur à chaque lunaison par rapport à l’ellipse de référence, soit +/- 0,003%. D’autre part, la date de passage de la Terre aux apsides peut varier de +/- 2 jours. Pour plus de détails, voir l’article suivant :

https://www.imcce.fr/newsletter/medias/2026/01/docs/Perihelie_2026_plus.pdf

 

Les trois paramètres cités plus haut varient dans le temps. Nous avons vu que l’obliquité oscille entre 22,2° et 24,5° (période 41 000 ans). D’autre part, l’excentricité varie de manière irrégulière entre 0,00005 et 0,068 (pseudo-périodes de 100 000 et 400 000 ans).

Cependant, la variation la plus rapide vient de la dérive du décalage entre la ligne des solstices et celle des apsides. Cette dérive provient de l’addition de deux mouvements :

  • la précession des équinoxes indiquée ci-avant, qui fait tourner la ligne des solstices dans le sens indirect (période 25769 ans) ;
  • une précession de la ligne des apsides dans le sens direct (période 111 600 ans) en raison de l’influence des autres planètes et de l’effet relativiste.

Au final, l’écart angulaire entre les deux lignes varie de 0 à 360° avec une période de 20 800 ans environ. Actuellement, la Terre passe au périgée vers le 3 janvier soit 13 jours après le solstice du 21 décembre ; cette date avance d’un jour tous les 57 ans en moyenne. La configuration périhélie/aphélie se renverse donc par rapport aux solstices tous les 10 400 ans.  

 

Durée des saisons

Il est facile de constater sur un calendrier que les saisons n’ont pas une durée égale. En 2026 dans l’hémisphère nord, le printemps dure 93 jours, l’été 94 jours, l’automne et l’hiver 89 jours. L’été est donc plus long de 5 jours que l’hiver, et inversement dans l’hémisphère sud.

La cause provient justement de la position des solstices par rapport aux passages des apsides. A notre époque, le solstice d’hiver dans l’hémisphère nord est proche du passage au périhélie ; comme la Terre accélère dans cette portion de trajectoire en vertu de la loi des aires énoncée par Kepler, l’hiver est légèrement plus court que l’été lorsque la Terre ralentit près de l’aphélie atteinte en juillet. Comme pour l’analemme, la situation se renverse tous les 10 400 ans.

Sur Mars, avec une obliquité de 25,19° et surtout une excentricité de 0,0934 cinq fois supérieure à celle de la Terre, la différence entre les saisons est plus marquée : l’hiver dans l’hémisphère nord dure actuellement 159 jours terrestres, le printemps 198 jours, l’été 184 jours et l’automne 146 jours.

 

Influence sur le climat de la Terre

Les hivers plus courts dans l’hémisphère nord, associés à une énergie supérieure reçue du Soleil autour du périhélie (x1,033² = 1,067 soit 6,7% de plus qu’à l’aphélie) font que les températures hivernales sont plus douces à notre époque. Par ailleurs, cet hémisphère possède davantage de terres émergées : cette caractéristique amplifie les variations de température à la différence de l’hémisphère sud qui favorise mieux les transferts thermiques grâce à la circulation océanique. 

La variation des paramètres obliquité, excentricité et précession est remarquablement corrélée aux variations de températures moyennes mesurées sur le globe, comme l’avait pressenti le physicien serbe Milutin Milankovitch dans les années 1920. Celui-ci a identifié trois périodes récurrentes caractéristiques de 21 000, 41 000 et 100 000 ans correspondant aux glaciations, indiquées sur la dernière ligne de la figure ci-après.

 

Sur le long terme, seule la variation de l’excentricité module la quantité d’énergie reçue par la Terre avec une différence de [(1+e)/(1-e)]² entre le périhélie et l’aphélie. Cette différence peut atteindre 26% pour les valeurs extrêmes de ce paramètre. Par ailleurs, une obliquité importante accentue les écarts de température entre l’été et l’hiver aux moyennes et hautes latitudes. Heureusement, ces paramètres restent dans des intervalles assez étroits sans quoi le maintien de la vie à la surface de la planète aurait été problématique.

 

Les évolutions naturelles du climat se font sur des dizaines de milliers d’années. Il ne fait aucun doute que le réchauffement de 1,5° en un siècle que nous constatons aujourd’hui, et qui s’accélère, est d’origine humaine. Par ailleurs, les carottages effectués près des pôles ont montré que la fonte des glaces et la libération du méthane enfoui dans le pergélisol augmentent le réchauffement par effet de serre, ce qui conduit à amplifier les variations de température. Les effets sur la biosphère sont catastrophiques quand les espèces n’ont pas le temps de s’adapter ; certaines parties du globe proches des tropiques deviendront simplement inhabitables. Enfin l’élévation du niveau des océans de plusieurs mètres impactera de façon dramatique les installations et activités proches du littoral.

6 février 2026

Revue de presse du 06 février 2026

La Lune attendra encore !

La missions Artemis II qui devait partir en février est retardée. En cause des anomalies détectées lors du « wet dress rehearsal », un test crucial. La prochaine fenêtre de tir débute dans la nuit du 6 au 7 mars et peut se prolonger jusqu’au 11 mars.

https://www.numerama.com/sciences/2172569-mauvaise-nouvelle-pour-artemis-ii-le-lancement-de-fevrier-est-annule.html

Les boosters de la fusée SLS. // Source : NASA/Eric Bordelon

La propulsion autophage : une technologie innovante pour un transport spatial plus durable.

A l’ère du New Space le secteur de l’accès à l’Espace et de la propulsion spatiale connait une effervescence sans précédent. De nombreuses idées technologies novatrices émergent. Parmi elles, la propulsion autophage développée par la start-up toulousaine Alpha Impulsion. Cette dernière vient de remporter le prix de l’innovation de rupture pour les solutions européennes de lancement, lors de la Conférence spatiale européenne.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/acces-espace-alpha-impulsion-pari-propulsion-autophage-interview-exclusive-130640/

Concept britannique de Merdian Space Command de véhicule de transfert orbital à propulsion autophage fournie par Alpha Impulsion. © Merdian Space Command (UK), Alpha Impulsion

Une modélisation fine de l’atmosphère de Jupiter.

Etablir la composition des planètes est essentiel à la compréhension des mécanismes de leur formation. L’abondance ou pas de certains éléments tels que le carbone et l’oxygène constituerait un indicateur de la région du disque protoplanétaire dans lequel elles se sont formées. La caractérisation de l’atmosphère chimique de Jupiter, et notamment la mesure des molécules oxygénées constitue un axe de recherche majeur. La détermination de la quantité d’oxygène dans son atmosphère profonde est un défi en raison de phénomènes de condensation et de processus hydrodynamiques complexes. Des scientifiques de l’Université de Chicago et du Jet Propulsion Laboratory de la NASA ont développé un modèle fournissant une résolution inédite de l’atmosphère de Jupiter.

https://trustmyscience.com/nouvelle-simulation-revele-exces-oxygene-inattendu-dans-nuages-jupiter/

NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS, traitement d'image par Kevin M. Gill

Sur le chemin des lois unifiées de la physique

Depuis plus d’un siècle la physique repose sur deux modèles très performants, l’un expliquant les mécanismes à l’œuvre au niveau subatomique (la mécanique quantique), et l’autre les effets de la gravité sur l’espace-temps avec la théorie de la relativité générale d’Einstein. L’unification de ces théories constitue l’un des principaux défis de la physique contemporaine. Plusieurs théories reposant sur des mathématiques complexes ont été élaborées mais aucune n’a franchi le cap de la validation par expérimentation. Une nouvelle génération de chercheurs adopte aujourd’hui une démarche différente, basée sur l’expérimentation directe.

https://sciencepost.fr/cest-le-plus-grand-bug-de-lunivers-des-physiciens-pensent-avoir-enfin-trouve-comment-reconcilier-la-gravite-et-linfiniment-petit/

L’expérience GQuEST, qui étudie les oscillations dans la structure de l’espace-temps. Crédit : Lee McCuller, Caltech

Ce neutrino ultra énergétique est peut-être une pierre de Rosette cosmologique !

En 2023 les détecteurs de la collaboration KM3NeT, situés dans les profondeurs de la Méditerranée, ont détecté un neutrino doté d’une énergie colossale. Un signal improbable qu’aucune source astrophysique connue (supernova, pulsar, blazar) ne pouvait expliquer. Une équipe de chercheurs propose aujourd’hui une solution qui pourrait expliquer plusieurs mystères de la physique.

https://sciencepost.fr/avons-nous-assiste-a-lexplosion-dun-trou-noir-les-physiciens-le-pensent-et-cela-pourrait-expliquer-presque-tout/

 

1 février 2026

Le ciel du mois : Février 2026

 

Evénements

 

Le 7 février, la fusée SLS avec quatre astronautes à bord (trois américains et un canadien) doit décoller depuis le centre spatial Kennedy en Floride pour effectuer une boucle autour de la Lune, au titre de la mission Artemis II. Cinquante ans après la fin du programme Apollo, la NASA renoue avec les vols habités vers l’astre sélène (dans la mythologie, Artémis est la sœur d’Apollon).

L’objectif de ce vol est de tester la capsule Orion et son module de service fabriqué par l’ESA ; il n’y aura pas de tentative d’alunissage puisque le module de descente qui sera nécessaire est encore loin d’être prêt. La mission devrait durer une dizaine de jours, puis la capsule reviendra sur Terre pour amerrir sous parachutes dans l’Océan Pacifique. Son bouclier thermique a dû être renforcé suite aux dégradations constatées lors du premier vol, sans équipage, réalisé entre le 16 novembre et le 11 décembre 2022.

Cinq créneaux de lancement sont possibles jusqu’au 11 février 2026, puis cinq nouveaux en mars et en avril. Chaque créneau dure deux heures.

https://www.cite-espace.com/actualites-spatiales/artemis-ii-les-dates-de-decollage-envisagees/

 

Le départ de la mission Crew12 vers l’ISS a été avancé au 11 février, suite au retour anticipé de l’équipage précédent pour des raisons médicales. Parmi les quatre astronautes qui embarqueront à bord du vaisseau SpaceX/Crew Dragon, la française Sophie Adenot effectuera son premier vol dans l’Espace prévu pour durer neuf mois. Celle-ci réalisera de nombreuses expériences scientifiques à bord et participera à des sorties extra-véhiculaires. Un clin d'oeil en passant à mes anciens collègues du Centre d'essais en vol de la DGA !

 

Le cinquième vol du lanceur Ariane 6 est prévu le 12 février à partir du centre spatial guyanais, en configuration lourde à 4 boosters ce qui permet de doubler sa charge utile en orbite basse (20 t au lieu de 10 t). La fusée mettra sur orbite 32 satellites devant intégrer la constellation Amazon/Leo, concurrente des satellites Starlink de SpaceX pour la diffusion d’Internet depuis l’Espace. Huit lancements d’Ariane 6 sont prévus en 2026.

 

 

Suite au changement d’une valve défectueuse, la startup allemande ISAR Aerospace a reporté le deuxième vol d'essai de sa fusée Spectrum en deuxième quinzaine de février, depuis le pas de tir d’Andoya en Norvège. Le lanceur de 58 t au décollage, propulsé par 9 moteurs Aquila fonctionnant au propane/oxygène liquide, doit être capable de placer une charge utile de 1000 kg en orbite basse (800 kg en orbite polaire). Pour cet essai, la fusée emmènera cinq Cubesats en passager afin d’effectuer des expériences à but éducatif. Un premier tir réalisé le 30 mars 2025 avait vu la fusée déstabilisée après 20 s de vol puis retomber et exploser près de l’aire de lancement.

 

Pour son troisième vol, le lanceur lourd Blue Origin/New Glenn n’emportera pas l’atterrisseur lunaire Blue Moon comme annoncé en janvier, en raison d’un retard de plusieurs semaines sur la qualification de ce dernier. En remplacement, c’est un satellite de communication (AST Mobile/ BlueBird Block 2) de 6 tonnes qui sera placé en orbite basse fin février ; on sera loin de la capacité maximale puisque la fusée peut emporter 45 tonnes sur cette orbite. Le premier étage, qui avait déjà été utilisé lors du vol précédent en novembre 2025, doit être récupéré en atterrissant à nouveau sur une barge au large des côtes de Floride.

 

Ephémérides

 

 

 

 

 

Le nouvel an chinois débute le jour de la deuxième nouvelle Lune après le solstice d’hiver, donc cette année le 17 février (année du Cheval). Cet événement peut tomber entre le 21 janvier et le 20 février (inclus) du calendrier grégorien. Le calendrier chinois est luni-solaire : il comporte 12 mois correspondant aux lunaisons (de 29 ou 30 jours) auxquels s’ajoute un treizième mois dit « embolismique » tous les 2 ou 3 ans pour rattraper le déficit de 11 jours sur la durée de l’année sidérale.

 

En février, le plan de l’écliptique est assez vertical à l’ouest peu après le coucher du Soleil : c’est l’occasion d’essayer de voir la lumière zodiacale en début de nuit, sorte de halo provoqué par les poussières en orbite entre le Soleil et la Terre. Il faut un horizon bien dégagé à l’ouest, un ciel transparent sans pollution lumineuse et sans Lune (donc plutôt en milieu de mois). Le phénomène est davantage visible en altitude ; la côte occidentale de la Corse offre de bons sites d’observation.

Photo Luc Perrot

 

Mercure pourra être aperçu à l’ouest peu après le coucher du Soleil autour du 20 février, ainsi que Vénus en fin de mois. Mars ne sera pas visible.

Saturne sera encore observable à l’ouest, une quinzaine de degrés au-dessus de l’horizon en début de nuit ; la planète aux anneaux est proche de Neptune, petit point bleu dans le ciel : 1° de séparation le 19 février, avec un fin croissant de Lune et la lumière cendrée à proximité. Uranus restera visible jusqu’à 01h30, quelques degrés en-dessous de l’amas des Pléiades.

Jupiter sera toujours très bien placé pour l’observation, culminant au sud très haut dans le ciel (70°) vers 23h. Son diamètre sera encore de 44 secondes d’arc. Le 12 février vers 20h30, les lunes Callisto et Europe projetteront simultanément leur ombre sur la planète géante.

Entre le 24 et le 28 février vers 19h, si le ciel est dégagé, toutes les planètes sauf Mars seront visibles simultanément (Vénus et Mercure très bas sur l’horizon ouest).

 

Mi-février, l’étoile géante rouge Mira (omicron Ceti) atteindra son maximum de luminosité. C’est une étoile variable dont la magnitude varie entre 3 et 9 avec une période de 11 mois. Le précédent minimum avait été observé en octobre dernier ; la remontée s’effectue en effet assez rapidement en 4 mois environ. Ce phénomène connu depuis l’antiquité intriguait beaucoup les anciens, d’autant plus que l’étoile n’est plus visible à l’œil nu pendant une bonne partie de son cycle. Il faut la chercher dans la constellation de la Baleine, une dizaine de degrés au sud-ouest de l’étoile Menkar (magnitude 2,5). Pour plus d’information, voir la page sur les étoiles variables remarquables.

 

Le 17 février, la comète C/2024 E1 (Wierzchos) passera au plus près de la Terre, à 1,3 UA (200 millions de km). Découverte en mars 2024 par l’astronome polonais Kacper Wierchos, celle-ci devrait atteindre sa luminosité maximum correspondant à une magnitude de 8 ; elle ne sera donc observable qu’avec un télescope. Se déplaçant dans les constellations de l’hémisphère austral, elle ne sera visible qu’à partir du 20 février depuis l’Europe en début de nuit, très bas sur l’horizon sud-ouest. Malheureusement, la Lune sera de plus en plus présente en fin de mois. La comète montera progressivement dans le ciel chaque nuit, franchissant l’équateur céleste le 14 mars, mais sa luminosité va diminuer.

Il sera toujours possible d’observer la comète 24P/Schaumasse, dont nous avons parlé en janvier. Celle-ci passera le méridien sud le matin vers 06h, assez haut dans le ciel dans la constellation du Bouvier puis du Serpent. Sa magnitude sera comprise entre 10 et 11, en augmentation car l’objet s’éloigne de nous ; il reviendra près de l’orbite terrestre dans 8 ans, en 2034.

 

Observation / les objets du mois

 

La constellation du Cancer renferme deux amas ouverts remarquables : l’amas de la crèche M44 à 600 AL et l’amas du cobra M67 à 2000 AL qui présentent de superbes géantes rouges. M44 est visible à l’œil nu mais c’est encore mieux avec des jumelles.

 

 

Il faut noter l’étoile double remarquable iota du Cancer avec ses deux composantes situées à 300 AL dont l’une est bleutée et l’autre orangée, de magnitudes respectives +4,2 et +6,6. C’est une sorte d’Albireo d’hiver avec une séparation similaire (31 secondes d’arc).

 

 

A signaler également l’étoile carbonée X Cnc sur le plan de l’écliptique, une géante rouge très colorée à 2900 AL dont la magnitude varie entre 5,6 et 7,5 avec une période de 193 jours.

 

13° au nord de M44 dans la constellation du Lynx se trouve la galaxie spirale « OVNI » NGC2683 ; c’est une galaxie active de type Seyfert avec un noyau compact et très brillant, à 32 millions d’AL. Bien que plus petite que notre galaxie, elle compte deux fois plus d’amas globulaires (environ 300) et plusieurs galaxies naines qui orbitent autour. Ses dimensions sont de 8x3 minutes d’arc.

Photo NASA/télescope Hubble

 

Au sud de l’amas M67 nous trouvons SH2-290, l’une des plus grandes nébuleuses planétaires connues avec un diamètre de 8 AL (15 minutes d’arc apparent) soit la distance entre notre Soleil et Sirius ! Située à 2000 AL, cette bulle d’hydrogène et d’oxygène ionisé a été éjectée il y a 130 000 ans par une étoile deux fois plus massive que le Soleil dont il reste une naine blanche très chaude (85000 °K). Le déplacement orienté vers la droite de la photo engendre une onde de choc avec le milieu interstellaire.

 

7° au nord-est de Sirius la nébuleuse de la mouette IC2177 est une grande nébuleuse à émission qui s’étire sur 2° à 3800 AL, soit une taille d’environ 100 AL. C’est une région d’étoiles en formation ; un filtre centré sur la raie Halpha à 656,3 nm est conseillé pour la photographie.

 

Quelques degrés en dessous, la nébuleuse NGC2359 « casque de Thor » est très différente. Celle-ci a la forme caractéristique d'une bulle soufflée par une étoile massive, ici l’étoile Wolf-Rayet WR7 visible au centre. Les structures filamenteuses complexes sont issues de l’interaction avec le nuage de gaz interstellaire environnant, tandis que la couleur vert-émeraude intense provient des atomes d'oxygène présents en grande quantité. Le taux d'expansion de la bulle varie entre 10 km/s et 30 km/s selon l'endroit considéré ; l'âge estimé selon ces vitesses se situe entre 80 000 et 230 000 années. La dimension de la nébuleuse est de 12 x 8 minutes d’arc, pour une distance de 12 000 AL.

 

Un peu plus au sud, dans la constellation de la Poupe, trois amas ouverts paraissent très rapprochés. M46 (à gauche sur la photo) a été découvert par Charles Messier en 1771 ; il contient 600 étoiles à une distance de 4500 AL. 1° à l’ouest (à droite) se trouve M47, amas récent (73 millions d’années) à 1600 AL avec de nombreuses étoiles bleues et quelques géantes rouges. Au-dessus, on distingue NGC2423 (une centaine d’étoiles à 2500 AL) ; trop distants les uns des autres, ces trois amas ne sont pas liés par la gravitation.

 

M46 « contient » la nébuleuse planétaire NGC 2438, reste de l’explosion d’une géante rouge. En réalité celle-ci est à 3000 AL et se superpose à l’amas ; son diamètre est d’une minute d’arc. La géante rouge 140 Puppis à droite est encore plus proche de nous à 300 AL avec une magnitude +5.

 

4° en dessous de Sirius, nous trouvons M41, l’amas du petit rucher. C’est un amas ouvert assez jeune d’une centaine d’étoiles, qui comporte de belles géantes rouges.

 

L’étoile double CMa 145 revendique aussi le titre d’Albireo d’hiver avec des magnitudes de 5 et 5,8, et une séparation de 27’’ ; CMA 145A (rouge) est à 6200 AL, son compagnon (bleu) est beaucoup plus proche à 260 AL : c’est une double optique.

 

Encore plus bas dans la constellation de la Poupe, visible seulement de février à avril sous nos latitudes, se trouve la nébuleuse de la tête de mort NGC2467. Découverte en 1784 par l'astronome William Herschel, la nébuleuse et l’amas associé sont situés à 4400 AL du système solaire pour un diamètre d’environ 30 minutes d’arc. Ces nuages de gaz engendrent la formation de nouvelles étoiles, en particulier dans les zones de compression liées à des ondes de choc issues de l’expansion d’étoiles très massives.

 

Enfin 8° en dessous de Sirius dans la constellation du Grand Chien se dessine une autre bulle de vent stellaire désignée sous le nom de SH2-308 ou « nébuleuse du dauphin ». Cette bulle de 60 AL de diamètre (40 minutes d’arc) âgée de 70 000 ans est centrée sur l’étoile Wolf-Rayet EZ CMa située à environ 5 000 AL de la Terre. C’est l’une des étoiles Wolf Rayet les plus brillantes du ciel : très massive (23 masses solaires) et très chaude (89000 K), sa magnitude varie entre 6,71 et 6,95 en 3,8 jours. Elle est facile à trouver près de l’étoile omicron 1 CMa, une géante rouge variable irrégulière (magnitude 3,8 à 4).

 

Bon ciel à tous !

 

Sauf mention contraire, les photos de la rubrique « observation » ont été réalisées par l'auteur. Retrouvez-les dans la galerie, avec les paramètres de prise de vue et un commentaire.

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