L'astrophoto facile

1 novembre 2026

Le ciel du mois : Novembre 2026

 

Evénements

Les Rencontres du ciel et de l'espace organisées par l'Association française d'astronomie et la Cité des sciences et de l'industrie auront lieu à Paris les 13, 14 et 15 novembre 2026. Cette grande réunion biennale de l’astronomie comprend des conférences, des forums techniques pour les astronomes amateurs, une foire au matériel, des spectacles au planétarium et autres ateliers. Inscriptions sur le site www.afastronomie.fr

 

Le neuvième vol commercial (VA 271) du lanceur Ariane 6, en configuration lourde à 4 boosters, emportera 36 satellites de communication devant intégrer la constellation Amazon/Leo. Il s’agit du cinquième lancement d’Ariane 6 sur les huit prévus en 2026 à partir du CSG de Kourou. Initialement prévu le 7 octobre, le lancement a été reporté au 23 novembre.

 

Le quinzième vol du vaisseau Starship est prévu courant novembre à partir de la base de Boca Chica au Texas. Le vaisseau doit déployer des satellites Starlink fonctionnels en orbite basse et effectuer un transfert interne de carburant puis revenir se poser, attrapé par la tour de lancement pour la première fois. Le booster devrait aussi être récupéré de la même façon.

 

Le 25 novembre, la mission Shenzou (vaisseau divin) 24 doit décoller à bord d’une fusée Longue Marche 2F depuis le cosmodrome de Jiuquan en Mongolie Intérieure. Deux taikonautes chinois et un spécialiste de mission pakistanais s’envoleront vers la station orbitale CSS. La mission précédente avait été lancée le 24 mai dernier, avec une durée prévue de 6 mois. L'un de ses trois membres d'équipage va rester à bord de la station pendant un an, tandis que l'astronaute pakistanais de Shenzhou 24, dont le séjour ne durera qu'une semaine, profitera de la place de retour sur le vaisseau Shenzou 23 avec les deux autres membres de l’équipe. L’atterrissage dans le désert sur le site de Donfeng est prévu début décembre.

 

Ephémérides

 

 

 

Le 3 novembre, la différence entre le temps solaire vrai et le temps moyen atteint son maximum de l’année : depuis les lieux situés sur le méridien de Greenwich de longitude 0°, le Soleil culmine au sud 16 mn 27s avant 12h UTC soit à 11h 43mn 33s. Pour les autres lieux, il faut retrancher approximativement 4 mn par degré de longitude compté positivement vers l’est (-9° x 4 = -36 mn pour la Corse ce qui donne 12h 06mn en heure légale UTC+1, alors que le midi solaire moyen est à 12h 22 mn). Cela est expliqué dans l’article sur l’équation du temps de ce blog.

Vénus réapparaîtra à l’est le matin dès le début du mois, s’éloignant progressivement du Soleil. La phase en croissant de la planète va s’épaissir tandis que le diamètre apparent passera de 60 à 40’’ au cours du mois. L’astre aura une luminosité maximale le 28 novembre (magnitude -4,7, le plus brillant du ciel).

Le 3 novembre vers 1h30 la Lune en dernier croissant se montrera à l’horizon est vers 01h30, à 2° seulement de la planète Jupiter. L’écart entre les deux astres sera de 4° au lever du jour. La Lune rendra ensuite visite à Vénus près de l’étoile Spica le 7 novembre dans les lueurs de l’aube.

Mars se rapprochera de Jupiter dans le ciel du matin et « doublera » la planète géante le 16 novembre, à 1,2°. Son diamètre apparent sera de 7’’ en augmentation. Les deux planètes se trouvent actuellement dans le Lion, elles se déplacent vers l’est sur la ligne de l’écliptique (un peu plus vite pour Mars qui est plus proche de la Terre). Elles seront en quadrature à 90° par rapport au Soleil les 17-18 novembre et n’auront pas encore entamé leur mouvement rétrograde vers l’ouest, lequel annoncera le passage à l’opposition prévu en février 2027 pour les deux planètes.

Saturne franchira le méridien vers 21h30, culminant à 48° au-dessus de l’horizon (fonction de la latitude du lieu) ; elle sera visible jusqu’à 03h environ.

 

Le maximum de l’essaim des Léonides sera atteint le 17 novembre 2025 à l’aube, avec une moyenne de 10 étoiles filantes par heure. Il s’agit du sillage de la comète 55P/Temple-Tuttle dont la période est de 33 ans. La Lune en premier quartier ne gênera pas l’observation après 23h30.

Cet essaim est beaucoup plus actif juste après le passage de la comète, dont le prochain est prévu en 2031.

 

Le 25 novembre, la Lune passera à son périgée, point le plus proche de la Terre sur sa trajectoire elliptique : la pleine Lune du 24-25 sera une super-Lune, d’un diamètre de 34’ à son maximum (contre 29’ à son apogée, soit une variation de 14%). Depuis la Corse, elle passera le méridien à 0h29 à une hauteur de 74°.

La planète Uranus sera aussi à l’opposition par rapport au Soleil le 25 novembre mais comme elle est très éloignée à 19 UA, son diamètre apparent varie peu - autour de 4 secondes d’arc. Elle est facile à trouver au télescope dans la constellation du Taureau, à mi-distance entre l’étoile Aldébaran et l’amas des Pléiades.

Le 30 novembre avant l’aube, nous aurons un beau rapprochement sur l’écliptique : la Lune, Jupiter, Mars et l’étoile Régulus dans un rectangle de 7° x 2°.

 

 

Observation / les objets du mois

 

Située dans le plan galactique à 11 millions d’AL environ, la « galaxie cachée » IC342 est masquée par d’épais nuages de gaz et de poussières présents dans notre propre galaxie. Sans cette atténuation, cette galaxie spirale vue de face dans la constellation de la Girafe serait l’une des plus belle du ciel boréal, avec un diamètre apparent de 20 minutes d’arc. Elle a été découverte par l'astronome américain Edward Barnard en 1890.

Photo ESA/télescope spatial Euclid

 

La nébuleuse de l’empreinte fossile NGC1491 ou SH2-206 est un objet intéressant d’un diamètre de 22’ environ, découvert par William Herschel en 1790. Elle se situe dans la constellation de Persée, à 9800 AL. Le nuage de gaz est éclairé par des étoiles massives très chaudes nées dans la nébuleuse, dont le rayonnement UV intense provoque l’ionisation des atomes d’hydrogène.

 

La nébuleuse Californie NGC1499 est une grande nébuleuse en émission située aussi dans la constellation de Persée. Elle a été nommée ainsi car sa forme ressemble approximativement à celle de l'état de la Californie sur les photographies à longue pose. D'une longueur d'environ 70 années-lumière, NGC1499 s’étire sur près de 3°, à 1500 AL du Système Solaire.

 

8° à l’ouest, la nébuleuse de l’embryon NGC1333 présente une complexité intéressante, avec une belle nébuleuse par réflexion bleue et un amas de jeunes étoiles masqués en partie par un important nuage sombre de poussières : la nébuleuse obscure Barnard 205. L’ensemble est à environ 800 AL et s’étend sur 1° soit deux fois le diamètre de la Lune. NGC1333 a été découverte par l'astronome allemand Eduard Schönfeld en 1855.

 

Dans la constellation du Bélier, la galaxie de la fougère NGC772 a une forme atypique en raison de l’interaction avec plusieurs galaxies naines qui orbitent à « faible » distance. L’objet apparaît assez petit (8’ x 5’) car il est à 100 millions d’AL mais c’est pourtant une galaxie 50% plus grande que notre Voie Lactée. Elle a été découverte par l'astronome britannique William Herschel en 1785.

 

6° à l’ouest de la précédente, la galaxie du fantôme M74 est une belle galaxie spirale située dans la constellation des Poissons, à environ 29 millions d’AL de notre Voie lactée. Bien que peu lumineuse, elle a été découverte par l'astronome français Pierre Méchain en 1780 puis observée par Charles Messier qui l'intégra dans son catalogue quelques semaines plus tard. Son diamètre apparent est de 9 minutes d’arc.

 

L’amas ouvert des Pléiades (M45) est bien visible à l’œil nu, au dessus de la constellation du Taureau dans l’axe Sirius-Orion-Aldebaran. Dans la mythologie grecque les Pléiades sont sept sœurs, filles du titan Atlas et de l’océanide Pléioné ; pourchassées par Orion, elles ont été transformées en colombes par Zeus puis placées dans le ciel. En réalité, l’amas comporte plusieurs milliers d’étoiles qui éclairent un nuage de gaz et de poussières révélé par la photographie. Voir l’article dédié sur ce blog.

 

La galaxie du sculpteur NGC253 a été découverte par Caroline Herschel en 1783 ; située 25° sous l'équateur céleste dans la constellation du Sculpteur, elle n'est visible qu'en novembre et décembre sous nos latitudes. Cette galaxie spirale assez proche à 10,5 millions d'AL présente un fort taux de jeunes étoiles. C’est un bel objet du ciel austral, tout comme la galaxie du moulinet du sud NGC300 située 12° en dessous.

 

Un peu au-dessus, dans la constellation de la Baleine, nous trouvons la nébuleuse du crâne NGC246. Agée de 8000 ans, elle paraît petite (4’) et peu lumineuse (magnitude 10) en raison de son éloignement à 1600 AL ; un filtre OIII est conseillé pour l’observer. L’astre central est un système de deux étoiles tournant l’une autour de l’autre en 70 ans, la moins lumineuse étant la naine blanche issue de l’étoile qui a engendré cette nébuleuse planétaire.

 

Deux étoiles multiples remarquables sont à signaler :

Iota trianguli nous est éloignée d’environ 200 AL avec deux composantes, l’une rouge, l’autre jaune de magnitudes +5,4 et +6,5 qui sont séparées de 4 secondes d’arc. Chacune d’elles est une binaire spectroscopique.

Mesarthim (Gamma arietis) dans le Bélier est une étoile binaire dont les composantes sont séparées par 7,7 secondes d’arc. Ces deux composantes sont des étoiles blanches de type A de la séquence principale et ont une magnitude apparente de +4,7 et de +4,8. La période orbitale de la binaire est supérieure à 5000 ans.

Bon ciel à tous !

 

Sauf mention contraire, les photos de la rubrique « observation » ont été réalisées par l'auteur. Retrouvez-les dans la galerie, avec les paramètres de prise de vue et un commentaire.

23 octobre 2026

Revue de presse du 23 octobre 2026

MMX : comprendre le système martien

Le 19 octobre dernier la fusée H3 de la Jaxa s’est élancée avec à son bord la sonde MMX et le rover Idefix, développé par le Cnes et le DLR. Jusqu’ici les missions d’exploration spatiale s’intéressaient essentiellement à la planète Mars plutôt qu'à ses lunes ; pourtant l’origine de ces dernières reste incertaine. L’analyse d’échantillons prélevés sur Phobos devrait contribuer à identifier son origine. 

https://lejournal.cnrs.fr/articles/mmx-ou-comment-ramener-un-peu-de-mars-a-la-maison

Le rover Idefix de la mission MMX, lors des essais de compatibilité électromagnétique (EMC) en chambre anéchoïque, chez Airbus, à Toulouse.

Photo : CNES / Frédéric Lancelot

La technologie européenne pour percer le mystère de l’origine des lunes de Mars

Plusieurs instruments embarqués avec la sonde MMX ont été développés en collaboration avec le Cnes et plusieurs laboratoires Français. Rêves d’Espace détaille ces bijoux de technologie.

https://reves-d-espace.com/mmx-la-tentative-de-retour-echantillons-de-la-lune-phobos-de-mars-par-le-japon/

La Lune se contracte

Depuis sa formation il y a 4.5 milliards d’année la Lune se refroidit progressivement. Ce refroidissement s’accompagne d’une contraction thermique. Le phénomène, déjà remarqué par les astronautes des missions Apollo a été corroboré par des études sismographiques. Plus tard, l’étude de la distribution des failles et l’apparition de nouveaux escarpements par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) a confirmé le phénomène. Une récente étude de l’évolution de ce mouvement de contraction vient affiner notre connaissance de l’histoire de la Lune.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/lune-lune-train-retrecir-plus-10-000-failles-surface-revelent-ce-passe-138660/

De nombreuses failles sont visibles à la surface de la Lune. Elles seraient liées à sa contraction thermique. © Nasa, KARI, ASU, Intuitive Machines, Smithsonian

Fusion nucléaire : vers une stratégie moins énergivore ?

Des chercheurs du Laboratoire des Plasmas de Princeton proposent une nouvelle stratégie moins énergivore pour parvenir plus rapidement à allumer les réacteurs et maintenir stable les plasmas. Leurs travaux publiés dans Physical Review Letters reposent pour l’instant uniquement sur des calculs théoriques. Des travaux expérimentaux seront nécessaires pour les confirmer.

https://trustmyscience.com/fusion-nucleaire-des-physiciens-auraient-trouve-un-raccourci-vers-une-energie-quasi-illimitee/

Illustration artistique d'un tokamak de fusion nucléaire. | Kyle Palmer / Département de communication du PPPL

Ces naines blanches peuvent en fait arborer des couleurs surprenantes

Les naines blanches étaient généralement considérées comme des étoiles en fin de vie dont la couleur dépend principalement de la température. Leur appellation s’explique par le fait que les premières naines blanches détectées étaient très chaudes et brillaient d’une lumière blanche ou bleu pâle. Une récente étude révèle cependant que ces astres peuvent présenter des couleurs plus variées.

https://trustmyscience.com/vertes-roses-violettes-ces-etoiles-mortes-arborent-des-couleurs-surprenantes/

La naine blanche froide WDJ1330+6435 a accumulé dans son atmosphère des matériaux rocheux riches en sodium provenant de son système planétaire. L'immense densité atmosphérique provoque l'absorption de la lumière par le sodium sur un large spectre de longueurs d'onde jaunes, oranges et rouges, conférant à WDJ1330+6435 une apparence verdâtre fantomatique. | Mark A Garlick/Université de Warwick

Le pari du Cern et de Mistral : une IA capable de débusquer l’inconnu

Depuis 50 ans les grandes découvertes du Cern ont nécessité l’usage des ordinateurs, puis des réseaux de neurones que l’on retrouve aujourd’hui dans l’intelligence artificielle. Dans cette continuité le Cern a cosigné avec Mistral Ai une déclaration d’intention visant à promouvoir une « IA au service de la science et à renforcer les capacités scientifiques et technologiques de l’Europe. »

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-ia-capable-debusquer-inconnu-pari-cern-francais-mistral-revolutionner-physique-138643/

Le Cern et Mistral s’unissent pour faire progresser l'IA au service de la science. © Cern, Mistral AI

16 octobre 2026

Revue de presse du 16 octobre 2026

La matière manquante ordinaire retrouvée

Des chercheurs de Caltech et de Harvard-Smithonian Center for Astrophysics rapportent dans la revue Nature Astronomy avoir réussi à cartographier la matière ordinaire manquante de l’Univers. Ils ont eu l’idée d’utiliser les sursauts radio rapides pour « peser » la matière manquante.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/univers-astronomes-retrouvent-enfin-matiere-manquante-univers-w2t8-138237/

 

Un signal inattendu pour comprendre la matière primordiale

Afin de comprendre le comportement de la matière les physiciens cherchent à établir un diagramme de phase, c’est-à-dire une carte qui définit les états de la matière selon les conditions de température et de densité. En faisant s’entrechoquer des noyaux d’or à des vitesses extrêmement élevées, une équipe internationale a tenté de reproduire les conditions extrêmes de la matière primordiale. Dans le cadre de leurs travaux menés avec le collisionneur d’ions lourds relativistes (RHIC) au sein du laboratoire national de Brookhaven, les scientifiques sont peut-être parvenus à identifier un indice de l’existence d’un « point critique » ; c’est-à-dire un seuil où la matière change de comportement.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-big-bang-physiciens-decouvrent-signal-inattendu-pourrait-reveler-secret-matiere-138274/

En faisant s’entrechoquer des noyaux d’or à une vitesse vertigineuse, les physiciens tentent de reconstituer les conditions extrêmes de la matière primordiale. Mais cette fois, leurs détecteurs ont repéré quelque chose d’inattendu. © RHIC, Brookhaven National Laboratory

Vers la fin des secondes intercalaires ?

Pour gagner en précision nos systèmes de mesure du temps ont cessé de s’appuyer sur la rotation terrestre. Nos horloges atomiques sont bien plus régulières que la rotation de la Terre. Cependant pour maintenir en phase les horloges atomiques et la rotation terrestre il est nécessaire d’ajouter de temps à autre des secondes intercalaires. Cet ajout peut parfois provoquer des bugs et pannes informatiques. Cette semaine l’organisation internationale chargée de la mesure du temps pourrait peut-être revoir cette pratique.

https://theconversation.com/les-secondes-intercalaires-synchronisent-nos-horloges-avec-la-rotation-de-la-terre-depuis-des-decennies-mais-elles-pourraient-disparaitre-294266

 

Première conférence de presse pour Sophie Adenot après son retour sur Terre

Avec 237 jours passés dans l’espace Sophie Adenot détient le record du séjour le plus long pour un astronaute de l’ESA. Elle est aussi la première astronaute européenne à avoir effectué des sorties extravéhiculaires (trois) lors de sa première mission.

Lors de cette conférence de presse l’astronaute Française revient sur les sensations ressenties lors du voyage retour ainsi que sur les principaux moments de sa mission.

https://reves-d-espace.com/premiere-conference-de-presse-de-sophie-adenot-apres-son-retour-un-sejour-record-iss/

L’une des premières photos de sa récupération le 11/10/2026 (crédit ESA)

Mission MMX : départ imminent

La semaine prochaine le lanceur H3 de la Jaxa s’élancera depuis le centre spatial Tanegashima avec à son bord la sonde MMX. L’objectif : l’étude détaillée des lunes de Mars, Phobos et Deimos et d’en ramener des échantillons sur Terre. L’insertion dans l’orbite de Mars est prévue en août 2027. La sonde passera ensuite trois ans à étudier le système martien.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-mars-france-embarque-quelques-jours-aventure-spatiale-extraordinaire-explorer-monde-encore-inconnu-138486/

Quelle évolution pour le Système solaire ?

Lorsque le Soleil aura perdu une grande partie de sa masse et sera devenu une naine blanche, des instabilités pourraient apparaître dans l’ensemble du système solaire. Jusqu’ici la durée de vie intrinsèque du système solaire externe était estimée à environ 1018 ans. De récentes simulations, menées par une équipe de Caltech et de l’Université du Michigan, montrent que dans certains scénarios les instabilités pourraient survenir plus tôt.

https://trustmyscience.com/les-planetes-geantes-du-systeme-solaire-pourraient-disparaitre-bien-plus-tot-que-prevu/

 

9 octobre 2026

Revue de presse du 09 octobre 2026

Prix Nobel de physique 2026

Le physicien belge Francis Halzen est lauréat 2026 du prix Nobel de Physique. Cette distinction vient récompenser ses travaux sur les neutrinos à haute énergie d’origine astrophysique et ses contributions décisives à la construction de l’observatoire de neutrinos IceCube.

https://www.cieletespace.fr/article/un-nobel-pour-la-decouverte-des-neutrinos-cosmiques-de-haute-energie

 

 

Prix Nobel de chimie 2026

Ce prix a été décerné au Français Henri Kagan et au Japonais Kenso Soai pour leurs travaux sur les molécules chirales. De nombreuses molécules du vivant sont chirales, comme par exemple les acides aminés qui n’existent naturellement que sous la forme gauche (lévogyre). Cette propriété affecte leur capacité à réagir avec d’autres molécules. Si les travaux des deux chercheurs n'expliquent pas pourquoi les molécules du vivant sont naturellement lévogyres, ils ont permis le développement de techniques pour ne former qu’une seule des deux versions d’une molécule chirale.

https://theconversation.com/de-lautre-cote-du-miroir-le-nobel-de-chimie-2026-recompense-des-travaux-sur-des-molecules-reflets-lune-de-lautre-293967

 

8 octobre 2026 : Retour sur Terre pour Sophie Adenot

Après 237 jours passés dans l’espace l’équipage de Crew 12 est revenu sur Terre. Pour Sophie Adenot ces huit mois de mission ont été intenses avec la réalisation de nombreuses expériences scientifiques européennes dans les domaines de la santé, science des matériaux, biologie, physique des fluides…

Première femme européenne à sortir dans l’espace. Sophie Adenot enregistre trois sorties extra véhiculaires, dont une comme leader.

Retrouvez dans l’article de Rêves d’Espace les moments clés de la mission Epsilon.

https://reves-d-espace.com/retour-sur-terre-pour-sophie-adenot-et-crew-12-apres-237-jours-dans-espace/

 

La Terre et Mars auraient suivis des chemins très différents depuis les débuts du Système solaire

Une équipe de planétologues menée par l’Université de Copenhague a développé une nouvelle modélisation de la formation de la Terre et de Mars en tenant compte des données spécifiques de la croûte et du manteau des deux planètes. Leurs résultats sont publiés dans la revue Nature.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-nouveau-scenario-revele-terre-mars-auraient-suivi-deux-chemins-tres-differents-debuts-systeme-solaire-138220/

Cette image composite de la Terre et de Mars a été créée pour permettre aux observateurs de mieux appréhender la taille relative des deux planètes. L'image de la Terre a été prise par la sonde Galileo vers 6 h 10, heure du Pacifique, le 11 décembre 1990, alors que la sonde se trouvait à environ 2,1 millions de kilomètres de la Planète lors du premier de ses deux survols terrestres durant son voyage vers Jupiter. L'image de Mars a été prise par la sonde Mars Global Surveyor en avril 1999. Échelle approximative : 9,5 km/pixel. © Nasa, JPL

Ce nuage géant sur Mars défie ce que l’on croyait possible

Chaque matin sur Mars le même scénario, révélé par la sonde Mars Express en 2018, se produit : un panache blanc émerge de l’immense volcan Asia Mons. Il peut s’étendre sur 1800 kilomètres, puis disparaît pour réapparaître le lendemain exactement au même endroit. Sur Terre ce type de structure peut se former lorsque le vent rencontre un relief accidenté. Mais les simulations des chercheurs ne parvenaient à reproduire le phénomène, jusqu’au jour où ils ont testé une nouvelle hypothèse.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-mars-nuage-geant-apparait-chaque-matin-son-secret-defie-ce-on-croyait-possible-138371/

© ESA, DLR, FU Berlin

2 octobre 2026

Revue de presse du 02 octobre 2026

Mission SMILE : premières images du champ magnétique terrestre

La mission sino-européenne SMILE vient de diffuser les premières images du champ magnétique terrestre. Prises par la caméra ultra-violette de la sonde ces images révèlent ce bouclier, normalement invisible, qui nous protège des vents solaires. L’orbite fortement elliptique de la sonde permet de suivre pendant plusieurs heures l’intégralité de l’ovale auroral. La finalité des études menées avec SMILE est d’améliorer les modèles de prévision de météo spatiale.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/terre-non-ce-nest-pas-etoile-mort-cette-etrange-sphere-terre-mais-lui-arrive-t-il-cette-aureole-138124/

L’observation des anneaux de Chariklo : une avancée scientifique et technologique

Chariklo est un petit corps céleste en orbite entre Saturne et Uranus autour duquel deux anneaux denses ont été découverts. En 2022 l’institut d’astrophysique d’Andalousie a dirigé une observation réalisée avec le JWST pour étudier ces anneaux à l’aide d’une occultation stellaire. Les anneaux de Chariklo sont si étroits et le corps est si éloigné qu’il est impossible de les photographier directement avec les plus grands télescopes disponibles à ce jour. Les occultations stellaires permettent de les étudier de manière indirecte. Il s’agit de la première occultation stellaire prédite et planifiée spécifiquement pour être observée avec le JWST. Les premiers résultats de l’étude montrent un système dynamiquement actif.

https://lettre-info-lte.obspm.fr/html/newsletter.html#science-article2

 

Se nourrir ou manger dans l’espace

Comment concilier les contraintes de la microgravité, la durée des missions et la logistique avec une alimentation à la fois saine et plaisante ? Entre science, ingénierie et art culinaire l’alimentation spatiale a connu une évolution considérable. De la survie à la gastronomie, l’alimentation spatiale révolutionne l’exploration et la science.

https://theconversation.com/de-la-survie-a-la-gastronomie-comment-lalimentation-spatiale-revolutionne-lexploration-et-la-science-291625

Une recette de saumon au citron, développée par le Cnes dans le cadre des Special Event Meal (repas pour les événements à bord). Le plat a été placé sur une tortilla et assaisonné avec de la sauce piquante et de la crème à l’ail par un des astronautes de la mission. NASA

Honda ambitionne de simplifier la recherche dans les stations spatiales commerciales

Le constructeur japonais Honda développe un bras robotique doté de capteurs de force au niveau des doigts et de la paume. Il permet une détection précise des contacts et une manipulation délicate. Ce dispositif pourrait permettre aux astronautes de manipuler des échantillons de recherche ou de petits objets ainsi que d’utiliser des équipements de laboratoire.

https://www.usine-digitale.fr/intelligence-artificielle/robotique/manipulation-dechantillons-utilisation-dinstruments-avec-sa-main-robotique-honda-veut-simplifier-la-recherche-sur-la-station-spatiale-internationale.DLM3RPLMVNGG3FPZCVD4GI2WII.html

La main robotique de Honda est couplée au bras de l'américain Redwire.

Beta Pictoris d : comment cette exoplanète peu lumineuse a été découverte

Beta Pictoris est située à environ 60 années-lumière dans la constellation du Peintre. Une troisième planète en orbite autour de l’étoile vient d’être découverte. Il s’agit de la planète la moins lumineuse jamais imagée depuis la Terre. Après avoir identifié la planète grâce au VLT de l’ESO, les astronomes se sont rendus-compte qu’elle était restée cachée dans les archives d’observation remontant à plus de dix ans. Retour sur cette découverte fortuite.

https://www.astropublishing.com/5MAC2026/33/#zoom=z

1 octobre 2026

Le ciel du mois : Octobre 2026

 

Evénements

Prévue en septembre, la mission CREW13 vers l’ISS a été reportée au 1er octobre suite à la découverte d’une valve défectueuse sur le vaisseau SpaceX/Crew Dragon. Deux astronautes américains, un canadien et un cosmonaute russe iront relever l’équipage CREW12, dont la française Sophie Adenot, qui reviendra sur Terre quelques jours après. Cette dernière aura passé près de huit mois dans l'Espace et réalisé trois sorties extra-véhiculaires.

 

Le 7 octobre, Le neuvième vol commercial (VA 271) du lanceur Ariane 6, en configuration lourde à 4 boosters, emportera 36 satellites de communication devant intégrer la constellation Amazon/Leo. Il s’agit du cinquième lancement d’Ariane 6 sur les huit prévus en 2026 à partir du CSG de Kourou.

 

L'association "Agir pour l'environnement" organise chaque année le "jour de la nuit" en France et au Québec, dans le but de sensibiliser le public à la problématique de la pollution lumineuse. Cela comprend des animations et l'extinction de l'éclairage public sur les communes qui participent à l'événement. Cette année, la 19e édition se déroulera le 10 octobre ; plus d'information sur https://jourdelanuit.fr/.

 

Le 19 octobre, la mission Martian Moons Exploration (MMX) doit décoller à bord d’une fusée Mitsubishi H3-24L, sous maîtrise d’œuvre de l’agence spatiale japonaise JAXA. L'objectif consiste à étudier les deux satellites naturels de Mars, Phobos et Deimos qui mesurent chacun une vingtaine de km, afin d’en comprendre l’origine. Pour cela, après une phase d’observation en orbite pendant trois ans, la sonde devra se poser en douceur sur Phobos en 2030 puis prélever un échantillon du sol afin de le ramener sur Terre en juillet 2031. D’autre part, un rover nommé Idéfix développé par le CNES (français) et le DLR (allemand) sera largué juste avant l’atterrissage puis essaiera de se déplacer sur la surface de la petite lune malgré la gravité très faible. La masse de la sonde MMX complète est de 4200 kg ; elle emporte de nombreux instruments de mesure (caméras, spectromètres, magnétomètre, LIDAR etc.) développés par les instituts japonais et européens.

 

Novaspace, avec le soutien de la Région Occitanie, organisera le deuxième Space Summit for a Resilient Future les 27 et 28 octobre 2026 au Centre de Congrès Pierre Baudis à Toulouse. Ce nouveau rendez-vous international réunira plus de 500 dirigeants, décideurs publics, industriels et utilisateurs finaux issus de l’ensemble de la chaîne de valeur spatiale pour explorer comment l’espace peut contribuer à un avenir plus résilient, durable et innovant.

 

 

Ephémérides

 

 

 

 

De septembre à novembre, le plan de l’écliptique est presque vertical à l’est le matin ce qui permet d’observer la lumière zodiacale diffusée par les poussières en orbite autour du Soleil, deux heures avant le lever de ce dernier. Il est préférable de l’observer cette année après le 9 du mois, pour éviter que la Lune ne soit présente le matin.

 

Pendant la première quinzaine d’octobre, toutes les planètes seront visibles à un moment au cours de la nuit.

Vénus sera de plus en basse le soir sur l’horizon sud-ouest ; elle se couchera avant le Soleil à partir du 12 octobre. Avec un télescope, on pourra observer son diamètre en augmentation (jusqu’à une minute d’arc) et sa forme en croissant de plus en plus fin à mesure qu’elle approche de la conjonction inférieure avec notre astre prévue le 24 octobre. En fait, comme son orbite est inclinée, elle passera 6,5° « sous » le Soleil à cette date puis nous la reverrons début novembre le matin.

 

Mercure sera visible au sud-ouest en début de soirée les trois premières semaines du mois, un peu plus haut que Vénus, avec une élongation maximale de 25° par rapport au Soleil le 12 octobre. La planète présentera une phase « en premier quartier » ; son diamètre augmentera de 6 vers 8 secondes d’arc pendant cette période.

 

 

Saturne sera bien présente toute la nuit, la planète aux anneaux passera à l’opposition le 4 octobre donc avec un diamètre apparent maximum. Elle franchira le méridien à minuit heure solaire du lieu, à une hauteur de 50° sur l’horizon pour les observateurs en Corse. La planète Neptune la précède de 8° sur la ligne de l’écliptique.

Saturne photographiée le 02/08/2026 avec un Dobson 350 mm

 

Uranus se trouvera aisément avec un petit télescope dans la constellation du Taureau, à mi-chemin entre l’étoile orange brillante Aldébaran et l’amas des Pléiades. Sa couleur verte permet de la repérer facilement dans l’oculaire.

Le 5 octobre au matin vers 6h, une heure avant le lever du Soleil, il faudra admirer la Lune décroissante à 1° environ de la planète Mars bien haut dans le ciel au sud-est. La planète rouge a encore un diamètre modeste de 6 secondes d’arc, en augmentation. Le 11 octobre, cette dernière se trouvera au milieu de l’amas de la crèche M44.

 

On pourra en profiter pour retrouver Jupiter qui est bien présent dans le ciel du matin. Le 6 octobre, le croissant de Lune se rapprochera de la planète géante puis l’occultera complètement vers 11h30 UTC pour les observateurs d’Amérique du nord. En Europe, il fera jour donc l’observation sera difficile ; de plus, la parallaxe fait que la planète passera 15’ environ au-dessus du limbe lunaire. De même, la Lune passera très près de l’étoile brillante Régulus le 7 octobre vers 02h UTC mais l’occultation complète ne sera visible qu’en Afrique du sud et par nos amis de la Réunion.

La Lune est assez proche de la Terre (380 000 km en moyenne) ; son diamètre apparent est d’un demi degré. A cause de l’effet de parallaxe, le disque lunaire se trouve décalé par rapport aux étoiles lointaines, avec un écart pouvant atteindre deux degrés pour des observateurs situés de part et d’autre d’un diamètre terrestre. Cela explique pourquoi les éclipses et occultations avec cet astre ne sont pas visibles en tout point du globe.

Le 10 octobre, la Terre se trouvera dans le plan des satellites galiléens car la Jupiter approche de son équinoxe prévu le 16 décembre. Jusqu’en juillet 2027, la Terre sera à moins de 0,5° de ce plan équatorial : c’est l’occasion d’observer le croisement très serré, voire l’occultation, de lunes entre elles. Cette période favorable de quelques mois se produit deux fois par révolution de Jupiter autour du Soleil, soit tous les 6 ans environ.

Les éclipses et occultations mutuelles des lunes de Jupiter contribuent à améliorer la précision de mesure de leurs trajectoires, et à mieux connaître la répartition des masses à l’intérieur de la planète. Avec un télescope de plus de 300 mm d’ouverture, vous pouvez participer à la campagne dirigée par l’observatoire de Paris : https://gemini.obspm.fr/20260613-phemus-2026-2027/

 

Le 12 octobre, l’astéroïde (4) Vesta passera à l’opposition en culminant à 45° environ sur l’horizon, dans la constellation de la Baleine. D’un diamètre de 530 km, c’est le deuxième plus gros objet de la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter, après la planète naine (1) Cérès (940 km) qui est également visible ce mois-ci en deuxième partie de nuit dans les Gémeaux. D’une magnitude 6 à son maximum, Vesta sera presque visible à l’œil nu ; l’objet se déplace de 15 minutes d’arc par jour sur le fond de ciel étoilé, soit 37’’ par heure.

(4) Vesta photographié par la sonde Dawn en 2012 (crédit NASA)

 

Le troisième plus gros astéroïde, (2) Pallas d’un diamètre moyen de 513 km, se trouve actuellement à 12° en-dessous de Vesta. Il orbite un peu plus loin (2,81 UA du Soleil contre 2,47) et présente une surface plus sombre d’où une magnitude de 8,2 à son passage à l’opposition le 6 octobre. Son orbite est inclinée de 35° sur l’écliptique. C'est le second astéroïde découvert ; il le fut fortuitement par Heinrich Olbers en 1802, alors que l'astronome tentait de retrouver Cérès à l'aide des prédictions orbitales de Carl Friedrich Gauss. H. Olbers découvrira aussi Vesta en 1807.

Carte générée par Stellarium le 12/10/2026 à 22h heure légale

 

1 Unité Astronomique (UA) = demi-grand axe de l’orbite elliptique terrestre = 149,6 millions de km

C’est la valeur moyenne de la distance Terre-Soleil.

 

Le maximum de l’essaim des Orionides sera atteint les 20-21 octobre, avec une moyenne de 20 étoiles filantes par heure. La Terre coupe pour la deuxième fois dans l’année le sillage de la comète de Halley, dont les poussières se consument dans la haute atmosphère en laissant une traînée brillante. Les étoiles filantes sont généralement plus nombreuses en deuxième partie de nuit car l'observateur fait alors face à la direction d'avancement de la Terre sur son orbite. La Lune gibbeuse croissante sera gênante jusqu’à son coucher vers 2 h.

 

Enfin le 27 en fin de soirée, la Lune passera très près de l’amas des Pléiades M45.

 

Observation / les objets du mois

 

NGC7822 est une grande nébuleuse située à environ 3000 AL de la Terre, dans la constellation de Céphée. Son diamètre apparent est de 3°, elle est traversée par de nombreux filaments de poussières sombres et contient plusieurs étoiles très chaudes. La nébuleuse isolée à droite est SH2-170 ou « nébuleuse de la petite rosette ». Avec 18 minutes d’arc, son diamètre est plus petit que sa cousine NGC2237 (1,5°) visible en hiver dans la Licorne mais la structure est similaire.

Centre de NGC7822

 

La nébuleuse de la queue de renard SH2-188 se trouve en-dessous du W de Cassiopée. Contrairement aux apparences, c’est une nébuleuse planétaire dont l’âge d’environ 7500 ans a pu être estimé en mesurant sa vitesse d'expansion. Elle est distante de 700 AL et son diamètre apparent est de 10 minutes d’arc. De faible luminosité, elle n’a été découverte qu’en 1951 ; on a d'abord cru qu'il s'agissait d'un vestige de supernova principalement à cause de sa forme de "croissant". Cette forme provient de l’onde de choc avec le milieu interstellaire, engendrée par le déplacement rapide de l’objet.

 

A 1,5° au-dessus, l’amas ouvert NGC457 dessine un curieux astérisme ressemblant à une libellule ou à un hibou, avec deux étoiles brillantes figurant les deux yeux. Il renferme une centaine d’étoiles très jeunes (20 millions d’années), à 8000 AL de nous. Mesurant 20 minutes d’arc, c’est un objet facile à observer avec une petite lunette.

 

La nébuleuse du cœur IC1805 est une nébuleuse en émission située à 6500 AL entre les constellations de Cassiopée et de Persée. Sa taille de 260 AL couvre un champ d'environ 2,5°. Le centre de la nébuleuse est éclairé par l’amas ouvert Melotte 15 ; la couleur rouge provient de l’hydrogène ionisé très abondant.

 

Elle est accompagnée par la nébuleuse de l’âme IC1848 presqu’aussi grande, 2° en-dessous. Les amas d’étoiles jeunes nées dans la nébuleuse éclairent celle-ci.

 

4° à l’ouest nous trouvons le double amas de Persée NGC884 et NGC869 visible à l’œil nu. Ce sont deux amas récents (120 millions d'années) nés du même nuage interstellaire à une distance de 7200 AL ; la distance entre eux est de 200 AL (25 minutes d’arc apparents).

 

La constellation de Persée contient « l’étoile du diable » Algol. Pour les Romains, Algol représentait l’œil de la gorgone Méduse qui avait le pouvoir de pétrifier ceux qui croisaient son regard. Après avoir coupé la tête de Méduse, Persée s’est servi de cet œil pour triompher du monstre marin Cetus (la baleine) qui ravageait les côtes d’Ethiopie ; chevauchant son cheval ailé Pégase, il a ensuite délivré la belle Andromède, fille du couple royal Céphée et Cassiopée. Ces stars de la mythologie sont à présent rassemblées dans le ciel !

Algol est une étoile variable à éclipses dont la magnitude oscille entre 2,3 et 3,5 tous les 2 jours et 21h. Il s’agit en fait d’un système triple situé à 93 AL, composé de deux étoiles principales qui orbitent très près l’une de l’autre et s’occultent mutuellement. Comme les novae, ce phénomène intrigait beaucoup les Anciens pour lesquels la « sphère des fixes » au-delà de la Lune et des planètes était immuable et éternelle.

 

Almach (Gamma Andromedae) est également une étoile multiple spectaculaire. L’étoile principale est une géante rouge, 90 fois plus grande que notre soleil et très lumineuse (mag 2,1) à 350 AL. La composante secondaire à 10 secondes d’arc est un couple d’étoiles bleues de magnitude 5,2. Ces dernières ne peuvent cependant être séparées avec un instrument d’amateur.

 

 

 

A 3° d’Almach se trouve la galaxie spirale NGC891 que nous voyons par la tranche ; elle a été découverte par l'astronome William Herschel en 1784. Située à 29 millions d’AL, c’est une galaxie comparable à la nôtre en taille ; ses dimensions sont de 12 x 2 minutes d’arc.

 

La galaxie du triangle M33 est une splendide galaxie spirale vue sous un angle de 54°. Située à 2,8 millions d'AL, elle fait partie du groupe de la galaxie d'Andromède M31 et de notre voie lactée. Ses dimensions apparentes sont de 50 x 30 minutes d’arc, elle peut être repérée à l’œil nu sous un très bon ciel. La photographie révèle de nombreuses nébuleuses internes, dont certaines sont répertoriées dans les catalogues NGC et IC.

 

La nébuleuse planétaire M76 « little dumbbell » entre Andromède et Cassiopée est l’un des objets les moins lumineux du catalogue Messier (magnitude 10). Elle a été découverte par Pierre Méchain en 1780 malgré ses dimensions modestes de 3 x 2 minutes d’arc ; sa nature n’a cependant été identifiée qu’en 1891 par le pionnier des mesures spectroscopiques Isaac Roberts. Sa forme et ses couleurs rappellent celles de la nébuleuse de l’haltère M27.

 

Bon ciel à tous !

 

Sauf mention contraire, les photos de cet article ont été réalisées par l'auteur. Retrouvez-les dans la galerie, avec les paramètres de prise de vue et un commentaire.

25 septembre 2026

Revue de presse du 25 septembre 2026

Des usines dans l’espace

La fabrication en condition de micro gravité existe depuis de nombreuses années. Elle permet de concevoir des objets impossibles à réaliser sur Terre. Le vide spatial offre un environnement absolument stérile sans risque de contamination bactérienne et sans interférence ; des conditions idéales pour certains composants qui nécessitent une précision de l’ordre atomique. Aujourd’hui ce sont de véritables usines autonomes qui sont développées. La capsule Starfall de SpaceX embarquera prochainement un exemplaire de la « BentoBox » de Space cargo.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronautique-fabriquer-espace-ce-vieux-reve-devient-realite-va-produire-materiaux-impossibles-terre-137749/

La BentoBox

Pourquoi Vénus n’a-t-elle pas de lune ?

L’absence de lune autour de Vénus fait partie des énigmes de notre Système solaire. De nouvelles recherches, menées notamment par l’Université de Californie à Riverside, montrent que Vénus aurait pu engloutir sa propre lune. Les différentes simulations montrent que pour une planète ayant une rotation lente, le phénomène de migration lunaire s’inverse. Ces travaux ne démontrent cependant pas que Vénus possédait une lune. En revanche ils ont des conséquences pour l’études des exoplanètes.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/venus-venus-aurait-pu-engloutir-propre-lune-simulations-revelent-scenario-spectaculaire-137892/

Vénus photographiée en février 1974 par la sonde Mariner 10. © Nasa, JPL-Caltech

Observation d’une exoplanète encore en formation

Elias 2-24b est la plus jeune exoplanète détectée à ce jour. Cette planète géante encore en cours de formation est située dans la Voie Lactée à 450 années-lumière du Soleil. Cela en fait un véritable laboratoire pour étudier en direct les processus à l’œuvre dans la formation des géantes gazeuses.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exoplanete-elle-moins-million-annees-astronomes-assistent-croissance-plus-jeune-planete-jamais-observee-137845/

Animation d'artiste représentant Elias 2-24 b, l'exoplanète la plus jeune détectée à ce jour, qui continue de croître au sein du disque de gaz et de poussière entourant sa jeune étoile hôte. De la matière issue du disque s'accréte activement sur cette planète de masse jovienne, située dans une lacune bien marquée du disque, ce qui conforte la théorie dominante sur la formation des planètes géantes. © W. M. Keck Observatory, Adam Makarenko

Mesurer avec précision les oscillations de la Terre

Chaque année d’importantes quantités d’eau sont redistribuées à la surface de la Terre au rythme des saisons. Ces mouvements ont une influence sur la position du centre de masse de la planète. Ces oscillations de quelques millimètres ont des conséquences importantes pour les satellites qui orbitent autour du centre de masse de la Terre. Bien connus depuis plusieurs décennies ces déplacements restent difficiles à mesurer avec précision. L’une des principales méthodes de mesure de la position du géocentre repose sur les satellites Lageos-1 et Lageos-2 suivis depuis des stations au sol grâce à des impulsions laser. Mais l’inégale répartition des stations au sol et les légères déformations de la croûte terrestre compliquent la mesure. Pour pallier ce problème des chercheurs ont mis au point une nouvelle méthode de mesure.

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/terre-6-300-milliards-tonnes-eau-deplacent-chaque-annee-font-osciller-centre-terre-137884/

© Nasa

L’ESA et Mistral renforcent leur coopération dans le domaine de l’IA

L’ESA et Mistral ont signé une lettre d’intention établissant un cadre stratégique pour approfondir leur collaboration dans le domaine de l’intelligence artificielle. Le traitement d’importants flux de données issues de l’observation de la Terre, le soutien à la conception de missions ou encore l’analyse technique sont autant de domaines pour lesquels l’intelligence artificielle peut être un catalyseur. Cette collaboration répond ainsi à une demande croissante de solutions d’IA fiables et souveraines dans l’ensemble du secteur spatial.

https://www.esa.int/Newsroom/Press_Releases/L_ESA_et_Mistral_renforcent_leur_cooperation_dans_le_domaine_de_l_intelligence_artificielle

 

Y a -t-il une anomalie dans la forme de l’Univers ?

Le modèle qui décrit l’univers repose sur un postulat de départ : à grande échelle l’univers serait isotrope, c’est-à-dire identique dans toutes les directions et homogène. L’outil de vérification le plus utilisé est le fond diffus cosmologique. Ce fond n’est pas uniforme. L’infime différence de température observée est communément attribuée à notre propre mouvement. Pour tester la robustesse de cette interprétation deux scientifiques élaborent en 1984 une méthode de test. Resté longtemps inapplicable en raison de catalogues pas suffisamment importants, ce test a récemment été mis en œuvre. Les résultats accumulés convergent mais sont inconfortables.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/univers-univers-si-forme-netait-pas-tout-celle-quon-croyait-k2m6-137838/

 

18 septembre 2026

Revue de presse du 18 septembre 2026

Archéologie galactique

Les groupes et les amas de galaxies font partie des grandes structures formant la toile cosmique. Elles n’ont pas toujours existé sous la forme observée actuellement. Pour comprendre comment les amas sont apparus dans l’Univers les astronomes recherchent les « protos amas ». Une équipe internationale vient de publier les résultats de ses travaux sur deux concentrations particulièrement denses.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/cosmologie-astronomes-observent-geant-cosmique-pleine-construction-5-000-fois-plus-massif-voie-lactee-137670/

Le proto-superamas Cosmos-z3.1-A est le plus ancien et distant découvert à ce jour. © CTIO, NOIRLab, DOE, NSF, AURA. Image Processing : T.A. Rector (University of Alaska Anchorage, NSF NOIRLab), M. Zamani & D. de Martin (NSF NOIRLab)

L’énigme d’un photon qui aurait dû disparaître

Le 9 octobre 2022 les instruments Swift et Fermi-GBM détectent un sursaut gamma particulièrement lumineux. Le détecteur Carpet installé dans le Caucase russe a ensuite identifié un événement photonique de très haute énergie, associé à ce sursaut gamma. Mais selon les modèles actuels un photon gamma de très haute énergie devrait être fortement absorbé au cours de son trajet par interaction avec les photons du fonds diffus cosmologique. Et pourtant le photon détecté par Carpet semble avoir survécu à son trajet cosmologique sans être absorbé. Des chercheurs explorent un scénario théorique capable de décrire de manière cohérente l’observation réalisée sans avoir recours à des corrections arbitraires des équations.

https://trustmyscience.com/le-photon-qui-defie-einstein-il-naurait-jamais-du-atteindre-la-terre/

Illustration artistique d'un faisceau de photons de très haute énergie émis par GRB 221009A se propageant dans l'espace-temps quantique. | INAF / Giorgio Galanti

Acheminement de l’eau sur Terre : ce système planétaire en formation pourrait nous aider à comprendre

A 370 années-lumière ce jeune système stellaire pourrait nous apprendre ce qui s’est joué aux débuts de notre Système solaire et notamment sur l’acheminement de l’eau au travers le système planétaire.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/espace-ces-cometes-autour-jeune-etoile-pourraient-reveler-eau-arrivee-terre-137591/

Schéma du système PDS 70, avec ses deux protoplanètes, PDS 70 b et PDS 70 c (grossies 200 fois), et ses disques interne et externe. De la vapeur d’eau est présente dans les régions les plus internes du disque, jusqu’à 0,05 unité astronomique de l’étoile. Les chercheurs proposent qu’elle provienne de l’évaporation d’exocomètes issues du disque externe. © Perotti et al., 2023, Novais et al., 2026

La NASA découvre le plus grand cratère récent sur la Lune !

Les images de la caméra à grand champ de LRO (Lunar Reconnaissance Orbiter) ont permis de repérer le plus grand cratère d’impact récent identifié jusqu’à présent. Il s’est formé sur le bord oriental de la Lune entre le 11 avril et le 22 mai 2024. Les astronomes confirment cette découverte dans un article dans Sciences Advances.

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/lune-cela-narrive-quune-fois-siecle-nasa-vient-decouvrir-lune-plus-grand-cratere-recent-systeme-solaire-137805/

Cette tache éclatante, repérée par hasard sur une image de la Lune, n’est pas un artefact : elle marque l’endroit exact où un objet de la taille d’un immeuble a frappé la surface lunaire en 2024. © LRO, Nasa

1 septembre 2026

Le ciel du mois : Septembre 2026

 

Evénements

 

La sonde Bepi-Colombo lancée vers la planète Mercure en octobre 2018 arrive enfin à destination. Les deux modules scientifiques MPO (Mercury Planet Orbiter) de l’agence spatiale européenne (ESA) et MIO de l’agence spatiale japonaise (JAXA) doivent se séparer du module de transfert le 3 septembre, à 200 millions de km de la Terre. Chacun rejoindra son orbite de travail en fin d’année avec des domaines d’étude séparés : observation par imagerie pour le premier, mesure de l’environnement et du champ magnétique pour le second.

 

La mission CREW13 composée de deux astronautes américains, un canadien et un cosmonaute russe décollera vers l’ISS à bord d’un vaisseau SpaceX/Crew Dragon le 13 septembre. L’équipage CREW12, dont la française Sophie Adenot, reviendra sur Terre quelques jours après. Cette dernière aura passé près de sept mois dans l'Espace et réalisé trois sorties extra-véhiculaires.

Mise à jour du 18 septembre : le lancement a été reporté au 1er octobre suite à la découverte d’une valve défectueuse sur le système de propulsion du vaisseau.

 

Le 15 septembre, un lanceur Vega-C doit décoller de Kourou pour placer le satellite Sentinel-3C en orbite polaire. Ce satellite de 1250 kg a pour mission d’observer la Terre au titre du programme Copernicus géré par l’ESA. Un deuxième satellite de 400 kg voyagera en tandem : FLEX (FLuorescent EXplorer) comporte un spectromètre d'imagerie appelé Floris pour cartographier la fluorescence de la végétation dans le monde entier et quantifier l'activité photosynthétique des plantes.

 

 

Suite au succès du vol 13 réalisé le 24 juillet dernier, SpaceX prévoit le 28 septembre le quatorzième vol d’essai du vaisseau Starship propulsé par un premier étage « Super-heavy ». L’ensemble est en configuration block3 et le vaisseau doit pour la première fois atteindre l’orbite complète. Il relachera également une vingtaine de satellites Starlink au cours des six révolutions prévues. La FAA n’ayant pas encore autorisé un retour sur terre du vaisseau prévu pour être attrapé par une tour comme le premier étage, celui-ci effectuera un amerrisage contrôlé au large du Chili.

 

Le 29 septembre se tiendra le space forum à la cité de l’Espace de Toulouse, avec des conférences et débats sur des thèmes cruciaux pour l’avenir de l’espace : défense, innovation, réduction des débris, nouveaux lanceurs… https://spaceforum.fr/

 

 

Ephémérides

 

 

 

 

 

Le 1er septembre, l’équation du temps s’annule pour la troisième fois de l’année : le midi solaire vrai coïncide avec le midi solaire moyen sur la Terre (voir l’article dédié sur ce blog).

De septembre à novembre, le plan de l’écliptique est presque vertical à l’est le matin ce qui permet d’observer la lumière zodiacale diffusée par les poussières en orbite autour du Soleil, deux heures avant le lever de ce dernier. Il est préférable de l’observer cette année après le 10 septembre pour éviter que la Lune ne soit présente le matin.

La Nuit Internationale d’Observation de la Lune prévue cette année le 19 septembre est un programme d’engagement public mondial qui encourage la compréhension de notre satellite naturel et son lien avec l’exploration et la science planétaire de la NASA. Tout le monde sur Terre est invité à se joindre à la célébration en accueillant ou en participant à un événement.

Davantage de renseignements sur le site https://science.nasa.gov/moon/observe-the-moon-night/ .

 

Le 14 septembre, la Lune occultera Vénus pendant une heure en journée ; si le ciel est parfaitement transparent, il sera possible d’observer au télescope l’émersion de Vénus à 12h35 au-dessus du fin croissant lunaire qui se trouvera 8° au-dessus de l’horizon sud-est à Paris (16° depuis Ajaccio). La planète atteindra son éclat maximum le 21 septembre (magnitude -4,6) avec une phase de 23% et un diamètre aparent de 41’’. Sa forme en croissant est facile à voir avec un petit télescope. Elle est toujours bien visible en début de soirée mais étant actuellement placée 5,5° sous l’écliptique, lui-même très incliné le soir en automne sous nos latitudes, elle sera assez basse sur l’horizon jusqu’à son coucher vers 20h20.

 

Le 23 septembre à 0h05 UTC correspond à l’équinoxe d’automne pour l’hémisphère nord : en tout point de la Terre, le Soleil se lève exactement à l’Est et se couche à l’Ouest, à 12h d’intervalle… sauf aux pôles où il se déplace ce jour-là sur la ligne d’horizon. En effet depuis ces deux points les astres lointains font un tour complet en gardant une hauteur constante dans le ciel toute la journée.

Comme le Soleil et approximativement la Lune se déplacent dans le plan de l’équateur aux environs de l’équinoxe, leur effet sur les marées s’en trouve renforcé. Le coefficient de marée le 12 septembre juste après la nouvelle Lune atteindra 102 sur les côtes françaises.

 

Saturne précédé par Neptune 10° à l’ouest seront observables toute la nuit dans de bonnes condidtions. Neptune passera à l’opposition le 26 septembre dans la constellation des Poissons. En raison de son éloignement (30,1 UA), son diamètre apparent de 2,3’’ varie peu au cours de l’année. Par construction, un astre à l’opposition passe le méridien nord-sud à minuit heure solaire du lieu.

Uranus suivi par Mars seront visibles en seconde partie de nuit, tandis que Jupiter fera son apparition à l’est un peu avant l’aube. Les cinq planètes extérieures seront donc visibles simultanément tout le mois en fin de nuit ; une bonne paire de jumelles au minimum sera cependant nécessaire pour identifier Uranus et Neptune.

 

Il faut toujours surveiller l’étoile T Corona Borealis, laquelle paraît bien quelconque avec une magnitude 10. Il s’agit une nova récurrente qui devrait connaître un pic de luminosité (magnitude 2, soit comme l’étoile Alphecca toute proche, ou l’étoile Polaire) dans les prochaines semaines. L’étoile redeviendra invisible à l’œil nu quelques jours après ; le phénomène observé en 1866 puis en 1946 se produit en effet tous les 80 ans. Voir l’article dédié.

 

 

Observation / les objets du mois

 

La voie lactée encore bien verticale au sud le soir est propice à des photos spectaculaires au grand angle, comme ici au-dessus des montagnes de Corse.

 

La constellation de Cassiopée en forme de W est bien visible au nord-est ; elle contient de nombreux objets baignant dans le fond d’étoiles de la Voie Lactée.

 

L’amas ouvert NGC7789 « Amas de la rose de Caroline » a été découvert en 1783 par Caroline Herschel. Il comprend un millier d’étoiles à 6000 AL et présente un diamètre apparent de 16’.

 

IC10 « Galaxie de l’éclat d’étoile » ou « Starburst galaxy » est une galaxie naine irrégulière du Groupe Local, à 2,15 millions d’AL de notre système. Celle-ci est liée à M31 décrite un peu plus loin et présente un taux important de jeunes étoiles ; de dimensions modestes (8 x 7’), elle est entourée par un vaste nuage d’hydrogène visible en infrarouge.

Photo Dietmar Hager et Torsten Grossmann

 

La nébuleuse Pacman NGC281 se trouve à un peu moins de 2° au sud de l’étoile Shedar (Alpha Cassiopea). Découverte par l'astronome américain Edward Barnard en 1881, cette nébuleuse en émission (région HII) est située à 10 000 AL pour un diamètre d'environ 100 AL, soit un angle apparent voisin de la pleine Lune (34’). Elle est traversée par un vaste nuage de poussières sombres.

 

Plus difficile à photographier, les nébuleuses IC59 et 63 entourent l’étoile Navi (Gamma Cassiopea ou Tsih pour les chinois) qui forme le sommet central du W. Situées à 600 AL, ces nébuleuses sont ionisées par le puissant rayonnement UV de la jeune étoile. Cette dernière est une variable irrégulière, dont la magnitude varie entre 2,2 et 3,4.

 

La star du mois est incontestablement M31, la grande galaxie d’Andromède. Celle-ci est visible à l’œil nu et s’étend sur 3° mais les bras en spirale ne peuvent être distingués que sur des photographies en pose longue. C’est l’astronome Edwin Hubble qui a démontré en 1924 que cet objet était beaucoup plus éloigné que les étoiles de notre galaxie. A 2,5 millions d’AL, M31 a un diamètre d’environ 220 000 AL soit le double de notre voie lactée. Elle se rapproche de nous à une vitesse de 120 km/s, la "collision" est prévue dans 4,5 milliards d’années. Les deux autres galaxies visibles sur la photo sont M32 sur le disque et M110 en bas. Ce sont des galaxies elliptiques satellites de M31 ; elles font partie du Groupe Local, qui comprend une soixantaine de galaxies dans un rayon de 5 millions d’AL autour de la nôtre.

M110 est le dernier objet du catalogue Messier, lequel n’avait pas inclus celui-ci bien qu’il figurait sur ses dessins de M31. Il a été rajouté en 1966 sur proposition de l’astronome amateur Kenneth Glyn Jones, auteur d’un important travail sur l’œuvre de Charles Messier.

 

La boule de neige bleue NGC7662 est une nébuleuse planétaire, également dans la constellation d’Andromède. Son diamètre est réduit (30 x 20 secondes d’arc) mais elle est assez lumineuse avec une magnitude de 8,4 ; la naine blanche au centre est bien visible. Située à 3000 AL environ, son taux d’expansion indique que cette nébuleuse est âgée de 3700 ans ; elle a été découverte par William Herschel en 1784.

Photo NASA / télescope Hubble

 

La constellation de Pégase dessine un grand rectangle, à l’opposé de la Grande Ourse par rapport à l’Etoile Polaire. L’étoile Alpheraz qui marque le coin nord-est du rectangle est commune avec la constallation voisine d’Andromède. Comme l’étoile Caph à l’extrémité de Cassiopée, elle est quasiment située sur le méridien origine pour la mesure de l’ascension droite des astres (ce paramètre est l’équivalent d’une longitude sur la sphère céleste).

 

Cette constellation contient plusieurs galaxies intéressantes. Outre le groupe Deer Lick et le quintet de Stephan décrits dans le billet du mois d’août, NGC7479 est une superbe galaxie spirale barrée. Malheureusement, sa distance de 105 millions d’AL en fait un objet assez petit  (4 x 2 minutes d’angle) ; il faut une focale importante et un ciel très pur pour en identifier les détails. Elle est située à 3° au sud-ouest de l’étoile Markab.

Photo NASA / télescope Hubble

 

Un peu au dessus de l’étoile Algenib nous trouvons la galaxie NGC7814, parfois appelée « le petit Sombrero » pour sa ressemblance avec M104. Ce sont deux galaxies spirales de tailles voisines vues par la tranche, avec de vastes halos et un renflement central coupé par un mince disque parsemé de bandes de poussière. NGC 7814 se trouve à environ 40 millions d’AL, un peu plus loin que M104 (31 millions d’AL).

 

Toujours dans la constellation de Pégase, l’amas globulaire M15 est le plus dense de notre galaxie. Son noyau s’est effondré sur lui-même et contient probablement un trou noir. D’un diamètre apparent de 14 minutes d’arc et de magnitude 6, il est facile à trouver avec des jumelles 4° au-dessus de l’étoile Enif. Situé à 33 000 AL, il contient plus de 100 000 étoiles. Cependant, un télescope est nécessaire pour distinguer la structure de l’amas ; Charles Messier avait initalement catalogué celui-ci comme une nébuleuse.

 

NGC7293 nébuleuse de l’hélice est une belle nébuleuse très colorée située dans la constellation du Verseau, à proximité du Poisson austral. Découverte par Karl Ludwig Harding en 1824, elle est l'une des nébuleuses planétaires les plus proches de nous à 650 AL ; son diamètre apparent est de 25 minutes d’arc soit presqu’autant que la pleine Lune. L’étoile centrale a expulsé la majeure partie de ses composants il y a 12000 ans et s’est transformée en naine blanche. C’est le destin de notre Soleil dans 4 milliards d’années.

 

Toujours dans la constellation du Verseau, la nébuleuse de Saturne NGC 7009 est assez brillante (mag 7,8) mais d’un diamètre de seulement 0,5 minute d’arc. Comme la planète du même nom, elle présente une forme allongée avec une partie lumineuse au centre. Elle a été découverte par William Herschel en 1782 qui lui a donné le nom de nébuleuse planétaire. Il s’agit d’un nuage de gaz éjecté par une étoile en fin de vie, dont il reste une naine blanche visible au centre.

Photo NASA / télescope Hubble

 

 

A l’extrémité ouest du Capricorne se trouve l’étoile double Algedi. Les deux composantes a1 et a2 séparées de 6 minutes d’arc sont deux géantes jaunes de magnitudes 4,3 et 3,6 que l’on peut distinguer à l’œil nu, comme Mizar et Alcor dans la Grande Ourse. Cependant, leurs distances sont très différentes (respectivement 690 et 110 AL) donc ces étoiles ne sont pas liées par la gravitation : elles forment une double optique. Chaque composante est par ailleurs un système multiple.

 

Bon ciel à tous !

 

Sauf mention contraire, les photos de cet article ont été réalisées par l'auteur. Retrouvez-les dans la galerie, avec les paramètres de prise de vue et un commentaire.

25 août 2026

L’éclipse du 12 août 2026 depuis l’Espagne

 

Depuis 1999, l’Europe continentale n’avait pas connu d’éclipse totale ; aussi la conjonction du 12 août 2026 dont la bande de totalité traversait toute l’Espagne représentait une occasion rare d’observer ce phénomène étonnant de la Nature.

En effet, bien que l’occultation prévue fût importante depuis la France (jusqu’à 99% au Pays Basque), seule une occultation complète permettait d’observer la couronne solaire sans protection, ainsi qu’une spectaculaire baisse de luminosité pendant quelques minutes. Ces éclipses de Soleil sont relativement fréquentes, environ deux par an, mais la zone d’observation sur la Terre est assez limitée contrairement aux éclipses de Lune. Il faut souvent voyager loin pour se trouver sur le passage de l’ombre au bon moment. D’autre part, la moitié des éclipses sont annulaires : la Lune dans la partie éloignée de sa trajectoire elliptique autour de la Terre ne parvient pas à masquer complètement le Soleil car son diamètre apparent est alors plus petit. Il est dangereux de retirer les filtres de protection dans ce cas, tout comme dans les phases partielles.

En août 2026, la proximité de la zone privilégiée nous a permis de rejoindre celle-ci en voiture en emportant davantage de matériel que s’il avait fallu prendre l’avion. D’autre part, le nord de l’Espagne est une région très intéressante à visiter.

Nous avions initialement choisi un site près d’Avilès, sur la côte et à proximité de la ligne de passage du centre de l’ombre de la Lune où l’occultation complète dure le plus longtemps. Cette dernière était prévue de 20h 26mn 55 s à 20h 28mn 48s, avec le Soleil 10° au-dessus de l’horizon dans la direction 280°. Une vue dégagée sur l’horizon ouest était donc impérative.

Malheureusement, une couche de nuages persistante bloquée par la chaîne cantabrique qui borde la côte (la plus haute montagne atteint 2650 m) nous a obligés à choisir un lieu d’observation 100 km plus au sud. Le jour de l’éclipse, nous nous sommes rendus sur un plateau à 1000 m d’altitude un peu au nord de León, que j’avais repéré sur Google Maps. Il est très important de disposer de plusieurs options afin de s’adapter aux aléas météo car les astres n’attendent pas que les nuages se dissipent !

 

Les heures indiquées plus haut étaient seulement décalées d’une minute. J’avais privilégié des photographies de la couronne solaire, sans rechercher un premier plan esthétique car la faible durée de la phase de totalité ne permettait pas de réaliser différents cadrages.

Le matériel se constituait d’un appareil Canon EOS 450D défiltré monté sur une lunette Skywatcher 72/420 ED avec un correcteur/réducteur Altaïr 0,8x. Pendant les phases partielles, un filtre astrosolar OD 5.0 protégeait l’objectif de la lunette. Cette densité prévue normalement pour du visuel était nécessaire car avec un rapport F/D de 4.7, la vitesse d’obturation devait être réglée à 1/3200 s (ISO 100) soit proche du maximum permis par l’appareil.

Afin d’avoir un suivi correct sans rotation de champ, l’ensemble était fixé sur une monture AZ-GTI en mode équatorial mise en station à la boussole ; la déclinaison magnétique de 4’ Est était négligeable. Cette monture très compacte est décrite dans l’article « les montures de voyage ».

 

Avec le filtre en place, j’ai programmé une prise de vue toutes les dix minutes pour enregistrer le recouvrement progressif du disque solaire par la Lune, lequel durait un peu moins d’une heure. Je n’ai pas pu suivre la fin de l’éclipse jusqu’au dernier contact car le Soleil, trop bas sur l’horizon, se trouvait masqué par de la végétation.

Voici l’assemblage de ces vues, selon une disposition classique. On notera la présence de quelques taches solaires.

 

Quand le taux de recouvrement dépasse 95%, la baisse de luminosité devient perceptible mais avec une teinte jaune, sans le rougeoiement habituel des couchers de Soleil. Puis brusquement l’obscurité se fait, les étoiles s’allument et l’on peut alors regarder le Soleil sans les lunettes de protection. Mais c’est un soleil noir, remplacé par le disque très sombre de la Lune entouré d’une couronne flamboyante : l’effet est spectaculaire !

Pendant la phase de totalité, après avoir enlevé le filtre Astrosolar, j’ai pris 11 photos successives avec des temps de pose allant de 1/1000e à 1s en doublant ce temps à chaque fois.

L’image à 1/500e révèle la chromosphère, une fine couche de gaz au-dessus de la surface du Soleil. On observe aussi plusieurs protubérances solaires visibles grâce au masque de la Lune.

 

Pour tenir compte des écarts de luminosité très importants dans la couronne solaire, il faut utiliser la technique du HDR soit l’empilement d’images prises avec des expositions différentes. J’ai utilisé le logiciel EasyHDR qui est très performant, et dont la licence est d’un prix modique.

La difficulté de l’exercice consiste à bien aligner les photos entre elles. Le disque de la Lune ne doit pas être pris comme référence car l’astre se déplace ! L’alignement automatique du logiciel ne peut donner de bons résultats, il faut l’effectuer en manuel avec un outil assez bien conçu fourni par le logiciel. Heureusement, l’absence de rotation de champ restreint les degrés de liberté à un simple décalage de position entre les images.

La couronne solaire apparaît alors avec de fins détails, organisés selon les lignes de champ magnétique de notre étoile.

 

Cette couronne, qui s’étend jusqu’à quatorze fois le rayon du Soleil, est composée de plasma peu dense mais extrêmement chaud : jusqu’à deux millions de degrés contre 6000 à 7000 degrés pour la chromosphère. La physique qui conduit à des températures aussi élevées est encore mal comprise aujourd’hui.

En fin d’éclipse, j’ai pris une photo d’ambiance avec un autre appareil pour essayer de restituer l’éclairage très particulier.

 

Puis la lumière du jour est revenue et nous avons pu assister à un coucher de Soleil presque normal.

Il est facile de comprendre pourquoi ces éclipses fascinent autant depuis l’antiquité ; le mécanisme en a été correctement décrit seulement au IIe siècle après JC par Ptolémée dans son Almageste. Les explications sur la récurrence du phénomène figurent dans l’article de ce blog sur les mouvements de la Lune.

 

Nous avons profité de notre séjour pour visiter la Galice, qui recouvre la pointe nord-ouest de la péninsule ibérique. C’est une belle région, couverte de forêts de chênes, de pins et d’eucalyptus, avec un patrimoine naturel et architectural remarquable.

Les vallées creusées par le Miño et le Sil sont propices à de belles randonnées, au milieu des vignes en terrasse de la Ribeira Sacra.

La vallée du Miño

 

Les côtes sont profondément entaillées par des bras de mer appelés Rías (Altas au nord et Baixas au sud), comportant de nombreuses plages et ports de pêche très pittoresques. Les racines celtes sont très fortes dans la culture, il n’est pas rare d’entendre jouer de la cornemuse dans les rues des villages. L’influence romaine est encore présente, avec des fortifications qui ont souvent été conservées.

Le village de Combarro, dans la ria de Pontevedra

 

Saint-Jacques de Compostelle est la destination du plus grand pèlerinage d’Europe, encore très vivant aujourd’hui. Ce chemin est jalonné par de superbes cathédrales comme à Burgos, León et bien sûr Saint-Jacques.

La cathédrale de St-Jacques de Compostelle

 

Nous avons pu ainsi compléter les observations astronomiques par quelques méditations célestes !

Rendez-vous le 2 août 2027 pour la prochaine éclipse totale, qui sera également visible en Europe (de Gibraltar à l’Egypte).

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