L'astrophoto facile

Mise en station et alignement

 

Mettre en station une monture équatoriale, c’est orienter l’axe principal de la monture vers le pôle céleste afin de compenser exactement la rotation de la Terre. Tout défaut d’alignement entraînera une dérive en déclinaison dans le suivi des étoiles, en particulier lorsqu’elles sont proches de l’équateur.

Il faut commencer par faire une mise à niveau horizontale de la plate-forme sur le trépied qui va recevoir la monture. En mode équatorial, la précision de cette mise à niveau est moins essentielle que sur une monture azimutale. En effet, une erreur sur l’axe nord-sud sera rattrapée par le réglage en élévation de l’axe AD, tandis qu’une petite erreur sur l’axe est-ouest se traduira par un décalage constant de la valeur d’ascension droite. Le pointage goto sera juste un peu moins précis.

Une mise en station sommaire à 3° près peut être réalisée avec une boussole ; il faut tenir compte de la déclinaison magnétique du lieu pour bien orienter l’axe AD vers le pôle géographique. L’élévation est ensuite réglée sur la latitude du lieu, avec un rapporteur et un fil à plomb. C’est parfois la seule méthode disponible, notamment le jour.

Dans l’hémisphère nord, la procédure la plus simple s’appuie sur l’étoile Polaire située en 2024 à 37’ du pôle céleste. Une méthode rapide consiste à utiliser l’instrument lui-même pour effectuer une visée croisée sur la Polaire : on place la barre de contrepoids (l’axe de déclinaison) à l’horizontale et on amène l’étoile au centre de l’oculaire en réglant l’azimut de la monture, puis la barre est replacée dans le plan vertical pour agir sur l’élévation. Il faut éventuellement répéter une ou deux fois ces étapes, en balançant l’instrument sur l’axe DEC. La précision est suffisante pour du visuel et pour la photographie aux courtes focales (< 400 mm).

La plupart des montures sont équipées d’un viseur polaire comme celui proposé par Skywatcher avec un réticule horaire qui permet de placer très précisément l’étoile polaire sur la couronne graduée, selon les indications fournies par la raquette de commande ou par l’application Synscan sur smartphone. Pour bien voir le réticule, je fixe une petite lampe LED avec un velcro devant le trou central qui permet la visée. L'opération s'effectue en agissant sur les molettes de réglage en azimut et en élévation de la monture ; une fois l'étoile polaire amenée sur la bonne graduation, vérifier le serrage des 4 molettes.

 

 

 

Lors du montage, le viseur doit être aligné avec l’axe de la monture. La procédure peut s’effectuer de jour en visant un point éloigné, elle est détaillée ici :

https://www.webastro.net/forums/topic/83011-tuto-en-images-r%C3%A9glage-du-viseur-polaire-eq5-et-eq6/

Ce réglage est effectué une seule fois, il faut juste le vérifier de temps en temps en pointant sur une étoile et en faisant tourner l’axe AD.

Même quand l’autoguidage est utilisé, une bonne mise en station est utile car si l’étoile guide est perdue momentanément, la monture poursuit le suivi en mode de base. En utilisant seulement le viseur polaire sur l’EQ5, on peut espérer faire des poses d’1 mn 30s à une focale de 750 mm.

Il existe des méthodes plus précises pour la mise en station mais elles prennent du temps et de toute façon, l’autoguidage s’impose pour les durées d’exposition longues. Sur une monture à poste fixe, on pourra affiner le réglage avec la méthode de Bigourdan qui consiste à mesurer à l’aide d’un oculaire réticulé sur l’instrument la dérive d’une étoile au voisinage de l’équateur céleste, au méridien puis proche de l’horizon est ou ouest. On effectue des corrections respectivement en azimut puis en élévation sur la monture jusqu’à annuler la dérive de ces deux étoiles, en effectuant plusieurs itérations.

Cette méthode est à employer quand la Polaire est inutilisable, à moins de 10° au-dessus de l’horizon (à cause de la réfraction atmosphérique) ou dans l’hémisphère sud. Il ne faut pas compter sur les étoiles de l'Octant inscrites dans le réticule du viseur polaire, trop faibles pour être identifiées.

Sur les montures GOTO pilotées par un PC ou par une application comme Synscan Pro disposant d’une fonction dédiée, la mise en station peut aussi se faire en pointant l’instrument sur deux étoiles de déclinaison similaire : le logiciel indique les corrections à faire sur les molettes d’azimut et d’élévation, en plusieurs itérations (oculaire réticulé ou caméra indispensable).

 

Après la mise en station, pour les montures motorisées, on effectue l’alignement (ou synchronisation) du système de suivi sur 1, 2 ou 3 étoiles. 1 étoile recale simplement l’axe AD, 2 ou 3 étoiles permettent en théorie de compenser l’erreur de perpendicularité sur l’axe DEC.

Il faut impérativement terminer le pointage vers les étoiles d’alignement par les flèches « droite » et « haut » de la raquette avant de valider, ceci afin d’éviter de fausser la mesure avec l’erreur de backlash (jeu d’inversion) des engrenages.

Sur l’EQ5, la précision du pointage par le système GOTO est assez moyenne, surtout quand on effectue un retournement au méridien*. Quand ce dernier est nécessaire, je refais un alignement du côté de l’objet que je vais observer. Cependant après quelques mouvements de pointage, la précision se dégrade franchement (parfois de plusieurs degrés).

Il existe une fonction d’amélioration locale "PAE" : il faut aller sur une étoile ou un objet ponctuel avec le GOTO, bien centrer celui-ci dans l'oculaire et appuyer deux fois sur ESC (1 appui court puis 1 appui long) pour valider le recalage. Une bonne méthode consiste à repérer une étoile assez visible proche de l’objet souhaité ainsi que son numéro du catalogue SAO, d’effectuer une PAE dessus puis d’aller sur l’objet en GOTO ou en manuel en affichant les coordonnées de pointage sur la raquette. La plupart du temps le pointage se finit en visuel avec une bonne carte du ciel. Sur la monture EQ6, la fonction GOTO est beaucoup plus précise.

 

 

NB : la base de données du système Synscan connaît des milliers d’étoiles (jusqu’à la magnitude 8,0) par leur code SAO à 6 chiffres, d’où l’intérêt d’avoir un tableau Excel qui recense les principales étoiles avec leur code. Ce code est aussi obtenu en cliquant sur l'étoile considérée dans l'application Stellarium. Entrer le code SAO est plus rapide que de faire défiler une liste interminable sur la raquette. Faire précéder éventuellement le code par des 0 pour respecter le format à 6 chiffres dans la saisie.

Après avoir centré l’instrument principal sur la première étoile et validé l’alignement pour le suivi, on ajuste le chercheur, le laser et la lunette guide sur la direction de visée. On peut aussi réaliser la mise au point de l’APN et de la caméra d’autoguidage.

 

* Retournement au méridien : sur les montures équatoriales de type allemand avec contrepoids, pour éviter d'avoir l'instrument "la tête en bas" et des interférences avec le trépied, il est nécessaire d'opérer un 180° sur les axes AD et DEC quand la ligne de visée passe d'un côté à l'autre du méridien Nord-Sud du lieu d'observation. Il faut donc noter l'heure de ce passage obtenue avec l'application Stellarium et prévoir éventuellement d’effectuer cette opération au milieu de la séquence de photos d'un objet. Pour mémoire, la barre de contrepoids doit pointer vers le quadrant (Est ou Ouest) contenant les objets à observer.

Aux latitudes inférieures à 70° les montures équatoriales n'ont pas de problème de suivi au zénith comme les montures azimutales, mais une position verticale de l'instrument peut engendrer des problèmes avec le trépied ou les câblages : la rotation doit être surveillée fréquemment.

 

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  • Dans ce blog je partage mon expérience d'astrophotographe amateur pour aider les néophytes à se lancer : choix du matériel, mise en oeuvre, objets célestes à observer, galerie de photos commentées.
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