L'astrophoto facile
1 juillet 2026

Le ciel du mois : Juillet 2026

 

Evénements

Le 14 juillet, un vaisseau Soyouz s’élancera depuis le site de Baïkonour vers l’ISS au titre de la mission MS29, avec deux cosmonautes russes et un astronaute américain. L’équipage de la mission MS28 reviendra sur Terre dans les jours suivants, après huit mois passés à bord de la station.

 

SpaceX prévoit au cours de ce mois le treizième vol d’essai du vaisseau Starship propulsé par un premier étage « Super-heavy ». L’ensemble est en configuration block3, comme le dernier vol effectué le 22 mai dernier. L’objectif est de tester les modifications apportées suite aux défaillances de plusieurs moteurs Raptor qui avaient été observées.

 

Ephémérides

 

 

 

 

La Terre sera à son aphélie (point le plus éloigné de son orbite) le 6 juillet à 1,017 UA du Soleil soit 152,1 millions de km. Ainsi, l’hémisphère nord en été reçoit un peu moins d’énergie solaire que l’hémisphère sud ; cela n’a pas de conséquence car le rôle prépondérant des océans dans la régulation du climat gomme cette différence. En revanche, comme la vitesse de révolution de la Terre autour du Soleil est moins élevée qu'au périhélie, l'été dans l'hémisphère nord est actuellement plus long de quatre jours que dans l'hémisphère Sud. En raison des effets conjugués de la rotation du grand axe de l'orbite terrestre et de la précession des équinoxes, la situation s'inverse tous les 10500 ans : cela est expliqué dans l’article sur les mouvements de la Terre.

Saturne et Mars se lèveront respectivement vers 1h et 4h, et seront bien visibles à l’est le matin dès le début du mois. Les anneaux de Saturne sont à présent bien ouverts.

Située 10° à l’ouest de Saturne, Neptune passera le méridien sud à une hauteur de 45° en fin de nuit ; Uranus sera également visible avant l’aube, 6° en-dessous de l’amas des Pléiades.

Le 4 juillet, une conjonction très serrée (8 minutes d’arc) des planètes Mars et Uranus sera observable au télescope vers 4h30, soit une heure et demie avant le lever du Soleil. Si les diamètres apparents seront peu différents (5 et 3 secondes d’arc), Mars apparaîtra nettement plus lumineux (magnitude 1,7 contre 6). Le contraste de couleurs rouge/vert de cette pseudo « planète double » sera intéressant.

Vénus est de plus en plus brillante dans le ciel du soir, jusqu’à son coucher vers 23h. Son diamètre apparent est de 18 secondes d’arc, en augmentation. Le 9 juillet, la planète se trouvera à 1° au-dessus de l’étoile Régulus dans le Lion. C’est l’occasion d’observer son déplacement vers l’est sur l’écliptique de 1,1° par jour.

Le 17 juillet, un fin croissant de Lune passera 3° en-dessous de Vénus avec une belle lumière cendrée. Puis le 24, la Lune gibbeuse sera placée 1,4° sous la géante rouge Antarès dans le Scorpion pendant toute la soirée.

 

Observation / les objets du mois

Bien que les nuits soient courtes, juillet est un mois très favorable à l’observation de nombreuses nébuleuses, favorisé par une météo souvent clémente. Nous allons détailler les objets intéressants en procédant d’est en ouest.

Avec la nébuleuse de l’Iris NGC7023 citée le mois dernier, deux autres belles nébuleuses diffuses encadrent la constellation de Céphée :

IC1396 nébuleuse de la trompe d’éléphant est une grande nébuleuse (3°x2°) d’hydrogène en émission située à 3000 AL ; les nuages de poussières sombres dessinent des formes intéressantes. En périphérie mais au deuxième plan à 5200 AL se trouve Mu Cephei, appelée aussi l’étoile grenat : c’est une supergéante rouge dont le diamètre vaut celui de l’orbite de Jupiter, soit 1000 fois celui de notre Soleil. Elle va probablement exploser en supernova d’ici quelques centaines de milliers d’années.

 

La nébuleuse du sorcier NGC7380 est plus lointaine (8000 AL), les nuages d’hydrogène sont éclairés par les étoiles nées au sein de la nébuleuse.

 

NGC6946 galaxie du feu d’artifice est une belle galaxie spirale vue de face. Située à 22 millions d’AL, son diamètre apparent est de 10 minutes d’arc. Bien que deux fois plus petite que notre galaxie, son taux d’apparition de supernovae est dix fois supérieur d’où son nom.

 

La constellation du Cygne traversée par la voie lactée présente plusieurs nébuleuses très étendues :

La nébuleuse America NGC7000 est une grande nébuleuse (3°x2°) d’hydrogène en émission située à 1900 AL. Elle fait face à la nébuleuse du pélican IC5070. Il s'agit en fait d'un vaste nuage d'hydrogène ionisé, occulté par une bande de poussières très sombre qui dessine les contours des nébuleuses. L’étoile brillante à droite est Deneb, la « queue du cygne ».

 

IC1318 nébuleuse du papillon se déploie autour de la brillante étoile Sadr (Gamma Cygni) au centre de la croix. La photo qui suit couvre un champ de 7,3° x 5°.

 

La nébuleuse du Croissant NGC6888 est issue des rapides vents stellaires créés par l'étoile Wolf-Rayet V1770 Cyg au centre, qui poussent la matière issue de vents plus lents éjectés par cette même étoile lorsqu'elle était plus jeune et plus petite (de type géante rouge) il y a 400 000 ans. Le front de choc engendre ce que l'on nomme une bulle de Wolf-Rayet. Les étoiles de ce type sont les descendantes d’étoiles très massives (type O ou B) qui finiront par exploser en supernova.

 

La nébuleuse de la Tulipe, référence SH2-101 du catalogue Sharpless, est une nébuleuse brillante de la constellation du Cygne située à environ 6000 AL. Sa taille apparente est de 23 x 13 minutes d’arc.

 

On mentionnera l’étoile variable pulsante X (Chi) Cygni à 600 AL, dont la magnitude présente les plus grands écarts pour une étoile variable de type Mira : entre 3,3 et 14,2 avec une période d’environ 400 jours. Le phénomène est connu depuis 1686 ; le prochain maximum est prévu mi-septembre 2026.

 

En dessous de la croix, les nébuleuses du voile NGC6960 et NGC6992 sont les restes de l’explosion d’une supernova il y a 10 000 ans, à 1400 AL. L’ensemble s’étend sur 4°x3°.

 

La nébuleuse M27 « dumbbell » (haltère) découverte par Charles Messier en 1764 dans la constellation du Petit Renard (Vulpecula) est la première nébuleuse planétaire identifiée. De dimension 8’x6’ et de magnitude 7, celle-ci montre une belle symétrie. Elle a été engendrée il y a 4000 ans par une étoile de masse comparable à notre Soleil qui a éjecté une grande quantité de matière avant de se transformer en naine blanche. Cette dernière est difficile à observer avec une magnitude de 13,5 mais se voit bien sur les photographies ; c'est un objet très prisé des astronomes amateurs.

 

Au sud, La voie lactée tangente la constellation du Sagittaire et contient plusieurs nébuleuses remarquables à cet endroit, toutes situées à environ 5500 AL de notre système et suffisamment brillantes pour être identifiées aux jumelles.

 

La nébuleuse de l’aigle M16 (qui est dans la constellation du Serpent) est connue pour les piliers de gaz spectaculaires dans sa région centrale ; ceux-ci mesurent 3 AL et sont illuminés par les étoiles de l’amas.

 

2° en dessous nous trouvons M17, la nébuleuse oméga. Cette nébuleuse en émission d’hydrogène ionisé HII a un diamètre de 30 AL soit 25 minutes d’arc.

 

La nébuleuse trifide M20 est une nébuleuse en émission traversée par une nébuleuse obscure qui lui donne son aspect caractéristique ; par ailleurs, la nébuleuse est éclairée par plusieurs étoiles brillantes. Elle est entourée par une nébuleuse à réflexion (bleue) dont le diamètre apparent est de 24 minutes d’arc. L’amas ouvert à gauche est M21, composé d’une centaine d’étoiles très jeunes (12 millions d’années).

 

M8, la nébuleuse du lagon est un magnifique objet éclairé par la géante bleue 9-Sgr ; elle contient l'amas ouvert NGC6530. Des nuages sombres se dessinent qui comportent des proto-étoiles en train de s’effondrer sur elles-mêmes. La région centrale contient également de nombreuses jeunes étoiles très chaudes.

 

Quelques amas sont aussi intéressants à observer, notamment quand la luminosité de la Lune est trop forte pour les nébuleuses.

L’amas ouvert du Sagittaire M24 est visible à l’œil nu ; c’est un vaste nuage composé d'étoiles et de gaz interstellaire situé dans le bras spiral intérieur de notre galaxie.

M22, M28 et M54 sont les principaux amas globulaires de la constellation du Sagittaire, qui en compte une douzaine. M22 est l’un des amas les plus proches de la Terre à seulement 10 000 AL. Il couvre une surface angulaire proche de celle de la Lune et contient environ 100 000 étoiles ; sa magnitude est de 5,1 : il est théoriquement visible à l'oeil nu.

 

Nous pouvons enfin citer Omicron1 Cygni, 61 Cygni et Gamma du Dauphin, à retrouver dans la page consacrée aux étoiles doubles.

 

Bon ciel à tous !

Sauf mention contraire, les photos de cet article ont été réalisées par l'auteur. Retrouvez-les dans la galerie, avec les paramètres de prise de vue et un commentaire.

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