L'astrophoto facile

La mise au point sur le capteur

 

Un défaut de mise au point se voit très vite sur l’image (les étoiles ne sont plus ponctuelles, la surface des planètes est floue) et cela est difficile à rattraper en post-traitement. Cette opération est donc essentielle mais présente une vraie difficulté car sur un tube ouvert à F/D=5, la zone de netteté fait moins d’1/10e de mm d’épaisseur ! Il faut donc un système de réglage très précis et très rigide pour positionner le capteur numérique juste sur le foyer de l'instrument. Il existe même des systèmes d’asservissement qui pilotent la mise au point afin de compenser les dérives dues aux flexions et à la dilatation pendant la séance de pose.

 

En effet l'aluminium a un coefficient de dilatation thermique assez élevé, de 23.10-4 % par degré contre 11.10-4 pour l’acier et  0,2.10-4 pour le carbone. Un tube d’aluminium de 1m soumis à un écart de température de 10° voit sa longueur varier de 0,23 mm : il est donc indispensable d’attendre que le tube soit à la température ambiante pour faire la mise au point (cela réduit aussi la turbulence interne). Au cours de la nuit, l’air se refroidit et le tube rétrécit, faisant "sortir" le plan de mise au point : au début d'une longue séquence de poses il est conseillé de régler la mise au point en anticipant ce glissement. Un recalage sur une étoile doit être effectué entre deux séquences. De la même façon, quand on photographie le soleil, il est judicieux de protéger l’instrument de l'échauffement avec un tissu pour éviter les fortes variations de température.

 

Pour régler la mise au point (MAP), j’utilise l’écran arrière de l’APN en mode LiveView (loupe x10, ISO 1600) pointé sur une étoile suffisamment brillante puis je verrouille le crayford avec la vis dédiée. Les branches de l’araignée d’un tube de Newton produisent des aigrettes qui apparaissent dédoublées tant que la mise au point n'est pas parfaite ; on peut aussi utiliser un masque de Bahtinov, plus précis. Dans le cas des planètes, j’ai fabriqué un masque de Hartmann à 3 trous en carton. La MAP est obtenue quand les 3 images coincident ; cependant la turbulence peut empêcher une MAP précise c’est pourquoi il est préférable de réaliser celle-ci sur une étoile.

 

Masque Hartmann

Planète masque Harmann

 

Le problème avec le mode LiveView est qu’en général il n’y pas d’étoile suffisamment lumineuse pour faire la mise au point autour de l’objet considéré, ce qui oblige à dépointer l’instrument vers une étoile suffisamment brillante. Comme on ne peut pas remettre l’oculaire après la mise au point sauf à utiliser un miroir flip/flop, il faut disposer d’un bon chercheur ou d’un deuxième instrument suffisamment ouvert pour refaire le pointage. J’utilise la lunette d’autoguidage à cette fin.

 

En secours, on peut démonter le capteur et mettre un oculaire sur l’instrument principal sans toucher à la mise au point, effectuer le pointage puis remettre le capteur. La précision de la MAP en sera forcément dégradée, il faudra affiner celle-ci sur quelques photos tests.

 

Si l’APN est relié à un PC, l’écran de ce dernier est plus précis pour réaliser la MAP et plus lumineux que l’écran arrière du boitier. Dans le cas d’une caméra cette solution s’impose. En prenant des images tests de quelques secondes à la sensibilité maximale, on peut affiner la mise au point sur des étoiles de faible magnitude présentes dans le champ, ce qui évite d'avoir à dépointer l'instrument. Deux méthodes sont possibles, avec un masque de Bahtinov ou en minimisant la FWHM (full width at half maximum ou largeur à mi-hauteur) du signal d'une étoile calculé par le logiciel.

 

Masque Bahtinov

 Masque Bahtinov focus

 

 

 

FWHM

 

 

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