L'astrophoto facile

Le télescope Dobson

 

Le télescope Dobson porte le nom de son inventeur, l'astronome amateur américain John Dobson (1915-2014). Celui-ci a conçu un télescope le plus simple possible pour pouvoir être acheté ou construit à moindre coût par des amateurs.

 

Il s’agit d’un tube de Newton fixé sur une monture azimutale dont le plateau supportant l’axe de rotation vertical est directement posé au sol ou sur une table. Cela donne une grande stabilité à l’ensemble. Le poids du miroir principal au fond du tube équilibre l’instrument qui pivote autour d’un axe horizontal ; il est possible d’avoir un grand diamètre donc une bonne luminosité indispensable en visuel. Le porte-oculaire est à hauteur d’œil, même avec des tubes assez longs (jusqu’à 1,80 m).

 

Le pointage en azimut et en site est très intuitif, et des structures démontables facilitent le rangement et le transport. La mise en station se résume à une mise à niveau de la base, elle ne nécessite pas la visée de l’étoile Polaire : c’est intéressant quand on observe depuis un balcon. Cette formule est donc très populaire chez les astronomes amateurs.

 

Dobson 1

 

Bien que ce type de monture ne corrige pas la rotation de champ (voir l'article traitant du sujet), l’instrument est tout-à-fait utilisable en astrophotographie avec sa bonne résolution et son rapport F/D peu élevé. La focale est limitée par la longueur du tube mais une lentille de Barlow de bonne qualité permet d’accéder aux grossissements nécessaires pour le planétaire.

 

Si la monture est motorisée, il est possible de photographier les objets du ciel profond à condition de ne pas dépasser 30 s pour les temps de pose unitaires, voire un peu moins à site élevé. Avec la sensibilité des caméras actuelles, cela suffit par bon ciel pour les objets suffisamment lumineux. Cette limite autour de 30s provient de la rotation de champ et de l’imprécision du système de pointage, généralement moins performant que celui d’une monture équatoriale. Ce n’est pas un problème en planétaire car les poses sont très courtes et le logiciel de pré-traitement alignera les images sur le sujet d’intérêt.

 

Si la monture n’est pas motorisée, on peut poser celle-ci sur une table équatoriale qui permettra un suivi suffisant pendant une heure environ. Quelques fabricants spécialisés en proposent (exemple : TS Optics ou https://sud-dobson.fr/accessoires.html) mais on peut en construire une soi-même, de nombreux plans se trouvent sur Internet : http://rmi.free.fr/Astro/table_equatoriale.htm.

 

J’ai acquis un Dobson Skywatcher Flextube 355/1650 mm f:4,6 en complément du setup décrit dans la page configuration avancée, pour faire du visuel et de la vidéo planétaire. Cette formule comporte une version motorisée d’origine qui permet le suivi et la fonction goto sur des milliers d’objets : cela apporte un grand confort d’utilisation. En effet au-dessus d’un grossissement x100, l’objet sort rapidement du champ de l’oculaire ou de la caméra s’il n’y a pas de suivi continu pour compenser la rotation terrestre.

 

Le wifi est intégré afin de piloter la monture avec un smartphone ; cela fonctionne bien mais je préfère la raquette de commande, identique aux autres montures de la marque. De plus, cette dernière permet de pointer une étoile avec son n° SAO.

 

Dobson 1

 

Le socle assez massif soutient un tube en deux parties avec une couronne extensible supportant le miroir secondaire et l’oculaire, fixée à l’extrémité de trois bras coulissants. Ces derniers comportent des butées à billes et sont verrouillés par une vis. C’est très intéressant pour réduire l’encombrement et plus rapide à déployer qu’une structure en treillis de type Serrurier, bien que certainement un peu moins rigide. Le miroir principal est aussi mieux protégé des chocs et de la poussière au fond d’un tube que l’on peut fermer. La construction est de qualité car les retouches sur la collimation restent très légères, même après un déplacement de l’instrument.

 

A signaler : la présence d’un réglage intermédiaire de la longueur des trois bras support qui permet de « sortir » le foyer de +11 cm au niveau du porte-oculaire : c’est utile si l’on manque de backfocus pour insérer des accessoires devant le capteur, ou pour utiliser une binoculaire.

 

Les miroirs primaire et secondaire sont en pyrex, un verre à faible coefficient de dilatation, recouvert d’une couche de dioxyde de Titane et de quartz. Sur les modèles 350 et 400, le miroir primaire n’est pas tenu par des brides latérales, susceptibles de le déformer si trop serrées, mais par un pied nervuré fixé au centre du barillet. Ce dernier est fixé au fond du tube par le jeu classique de trois vis à ressort pour la collimation, doublées par des vis calantes pour verrouiller le réglage choisi.

 

Flextube miroir 1

Flextube miroir 2

 

Le poids de l’engin est conséquent : 40 kg pour la base avec les moteurs et 23 kg pour le tube équipé. Cela reste cependant maniable à deux personnes, j’ai par ailleurs monté la base sur un plateau à roulettes. Le tube mesure 97 cm (175 cm déplié), celui-ci dans son emballage tient sur le siège arrière d’une voiture moyenne. La base équipée de vis moletées se démonte facilement sans outils et se range dans le coffre (diamètre 78 cm).

 

La mise en station impose seulement une mise à l’horizontale assez précise avec un jeu de cales en bois à placer sous les pieds de la base. J’utilise un tasseau pour faire levier et soulever facilement chaque pied. Un niveau à bulle rond est nécessaire, il est dommage qu’il ne soit pas monté d’origine sur le plateau.

 

La monture doit être alimentée en 12V par une prise allume-cigare. Après avoir mis sous tension la raquette de commande, il suffit de suivre la procédure d’alignement sur deux étoiles brillantes pour disposer ensuite du suivi et de la fonction goto, très précise sauf à quelques degrés du zénith (cette zone est à éviter avec ce type de monture).

 

Les deux axes sont débrayables et équipés d’encodeurs : ainsi, on peut pointer rapidement « à la main » l’instrument puis serrer les freins à nouveau sans perdre l’alignement ce qui est très pratique car les moteurs ne sont pas très rapides et assez bruyants. Cela économise aussi la consommation de courant quand on travaille sur batterie.

 

L’image en visuel est très lumineuse et d’une grande finesse au centre ; cependant, avec un miroir de grand diamètre, la coma sur la périphérie est très présente : un correcteur de champ s’avère indispensable. Les modèles Baader MPCC Mark III ou Skywatcher fonctionnent bien (je privilégie le second pour la photographie). L’observation de la Lune, des planètes, des amas, des nébuleuses comme M8 ou M42 est un régal. La résolution théorique de 120/D vaut 0,34 secondes d’arc mais il faut une atmosphère très stable avec peu de turbulence pour en profiter.

 

Une collimation précise doit être réalisée au début de chaque séance ; c’est beaucoup plus facile à réaliser sur un Newton que sur un Cassegrain (voir la page dédiée). J’ai remplacé les 3 vis Allen de réglage du miroir secondaire par des vis moletées M4 de 35 mm, plus pratiques.

 

Il est recommandé de sortir l’instrument au moins deux heures avant le début de la séance pour effectuer la mise en température de l’ensemble car le miroir principal est assez massif. Heureusement, la structure ouverte des Newtons facilite les échanges thermiques ; un petit ventilateur monté sur le barillet serait cependant utile pour accélérer le processus. Afin de limiter l’entrée des poussières et des lumières parasites dans le tube, j’ai installé une « chaussette » réalisée avec un tapis de gymnastique pour masquer l’espace entre le tube et la couronne extensible.

 

J’utilise une lentille de Barlow télécentrique x3 Explore Scientific, un ADC TS Optics ainsi qu’une caméra Zwo ASI462 MC (pixels de 2,9 microns) pour réaliser les prises de vue sur les planètes et sur la Lune.

 

 

 

 

En conclusion, ce télescope répond exactement au programme que j’avais défini. C’est un très bon instrument pour le visuel, il est par ailleurs utilisé par de nombreux astrophotographes pour le planétaire. La conception astucieuse, la qualité de fabrication et la rapidité de mise en œuvre sont des atouts certains de ce produit. Un grand diamètre apporte luminosité, contraste et définition des images pour de belles soirées d’observation.

 

L'astrophoto facile
  • Dans ce blog je partage mon expérience d'astrophotographe amateur pour aider les néophytes à se lancer : choix du matériel, mise en oeuvre, objets célestes à observer, galerie de photos commentées.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Newsletter
Archives
Phase de la Lune
La Lune