La Couronne Boréale et ses étoiles variables atypiques
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La Couronne Boréale est une petite constellation visible d’avril à novembre sous nos latitudes, facilement reconnaissable par son astérisme en arc de cercle.
L’étoile la plus brillante est Alphecca, de magnitude variant entre 2,21 et 2,32 (période 17,36 jours) car c’est une binaire à éclipses, comme Algol ou Sheliak. Située à 75 AL, sa taille est proche de celle du Soleil.
Cette constellation comporte cependant deux étoiles variables plus étonnantes.
L’étoile variable cataclysmique T CrB est ordinairement faible (magnitude 10) ; c’est pourtant une nova récurrente qui atteint tous les 80 ans la magnitude 2 en quelques heures, devenant la plus brillante de la constellation, puis décroît 5 à 7 jours après. Elle a été remarquée depuis le Moyen-Age.
Les dernières occurrences du phénomène datent de 1787, 1866 et 1946 ; une baisse de luminosité récente annonce une prochaine explosion en 2025.
Seule une dizaine de novae récurrentes sont connues dans notre galaxie. Elles sont formées par un couple comprenant une étoile géante rouge en fin de vie et une naine blanche assez proche pour aspirer de la matière provenant de la précédente. Le mécanisme qui conduit à l’explosion est décrit à la fin de l'article "Etoiles variables extrinsèques" de ce blog.
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T CrB se situant à près de 2 600 AL de notre système, il faut autant d'années pour que l’éclat de chaque explosion nous parvienne. Une trentaine de flashes se suivent donc à la queue leu leu sur la "droite" qui nous relie à T CrB, en supposant que l’étoile n’a pas disparu entre-temps.
Une autre étoile tout proche, R Coronae Borealis, se comporte de façon inverse : de magnitude 6 donc presque visible à l’œil nu, sa luminosité chute très fortement pendant plusieurs mois à intervalles irréguliers. Cela lui confère le surnom de « nova réversible ».
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La variabilité de R CrB fut découverte par l'astronome anglais Edward Pigott en 1795.
Cette étoile de masse légèrement inférieure à celle de notre Soleil est une géante jaune qui a fusionné tout son hydrogène en hélium (à 90%) et en carbone. D’épais nuages de poussières de carbone seraient éjectés de façon irrégulière, provoquant la baisse de luminosité observée. La distance de l’étoile est mal connue, estimée autour de 4500 AL.
L’étoile RY Sagittarii est du même type, avec une magnitude de 7 pouvant chuter jusqu’à 12 pendant plusieurs mois.
Malgré ses éruptions, notre Soleil paraît finalement bien sage et c’est heureux pour la planète Terre !
